Les achats dans tous leurs états...

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Tag - cost killing

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jeudi 24 mars 2011

QUICK SAVING ET AUTOFACTURATION, LES ACHATS SE FONT LACHER PAR LA PRESSE


Les achats font peu parler d’eux dans la presse de façon générale, illustration du manque de connaissance pratique de l’opinion publique, et des journalistes, sur l’importance qu’ont pris les acheteurs dans les entreprises. L’Usine Nouvelle a publié 5 pages à leur propos dans son numéro 3231 du 17 au 21 mars dernier. 5 pages, assez peu réjouissantes, à dire vrai sur les pratiques les plus sombres de cette fonction clé de l’entreprise. Deux "nouveautés" sont particulièrement pointées du doigt, le quick saving et l’autofacturation.
Rappelons juste que 65 % du chiffres d'affaires des entreprises passent dans les mains des acheteurs, pour 1 millions de chiffres d'affaires, 650,000 € sont dépensés... ce chiffre est une moyenne bien sur, mais très proche de la réalité des entreprises. Comment est dépensé cet argent ? c'est la toute la question...La lecture du rapport Volot liste 35 mauvaises pratiques, 35 !

Le quick saving, c’est le ticket d’entrée, ce n’est pas une nouveauté, ça ce pratique depuis très longtemps, l’autre nom dans l’automobile : « blood money » autrement dit, une sorte de rançon à payer par les fournisseurs pour gagner ou garder du business avec leurs clients. Les pratiques étaient souvent de faire une remise sur les affaires en cours pour garder toutes les chances de gagner de nouveaux contrats. Rappelez-vous le scandale de corruption massive des acheteurs de VW, Audi, et BMW en 2006 qui ont conduit au départ du PDG de Faurécia. Jusqu’où aller pour « sécuriser » son entreprise….Nous sommes au cœur du sujet, si Faurecia a pu se permettre de payer pour son « développement commercial », est ce le cas de l’ensemble des sous traitants déjà soumis à rude épreuve aujourd’hui ?
Du cost killing qui ne dit pas son nom, et c'est tellement plus joli en anglais...

L’autofacturation a été une découverte pour moi, j’ignorai cette pratique qui me semble totalement à l’opposé de tout ce qui semble raisonnable pour une entreprise, en quelques mots, un client facture au nom de son fournisseur. En gros, je travaille pour un client, qui va établir à ma place la facture pour ma prestation, avec tous les risques que cela représente, et avec en plus une facturation de ce « service ».

Ce qui choque le plus, c’est l’hypocrisie des directions des entreprises citées dans l’article : Faurecia, Johnson Control, PSA.

La lecture de leur code d’éthique est intéressante, les cadeaux reviennent toujours et sont toujours interdit, mais en l’occurrence, le quick saving n’est il pas un cadeau ? bien sur pas à l’acheteur (quoique…), mais à l’entreprise. Pourquoi tolérer au collectif ce qui est interdit à l’individu ? Rappelons que tous les fournisseurs cités sont signataire du pacte mondial. Le pacte mondial interdit toute pratique liée de prés ou de loin à la corruption.

Les directions doivent aller regarder de plus prés à quel prix, souvent très élevés pour leur sous traitants sont obtenues les économies qu’elles imposent à leur service achats. Nous sommes encore très loin des achats durables, il ne s’agit pas de mettre un code éthique en place pour résoudre le problème de fond de la gouvernance des achats, et de la mesure de la performance des acheteurs. Il faut ouvrir les yeux d'urgence sur les dépenses des entreprises !

mercredi 26 janvier 2011

Acheteurs : les bons soldats des entreprises

"L’acheteur serait donc plus un « Cost-killer » qu’un trader. Il génère du bénéfice pour son entreprise mais en retire peu de bénéfices personnellement.(...) Achat, Fournisseurs et Responsabilité Sociale et Environnementale : Du vent ! Pour 2011, seuls 39 % des Services Achats ont des objectifs en terme de Responsabilité Sociale et Environnementale et seulement 10% (contre 8% en 2010) auront des primes liées à ces objectifs. Des chiffres en décalage avec l’engagement affiché par la généralité des entreprises. Dans les secteurs Automobile-Aéronautique, les objectifs sont encore beaucoup plus bas (16%). Le champion est le secteur de la Construction avec 91% de ses services Achats qui ont des objectifs sur le sujet." c'est un extrait de l'étude HEC Agile Buyer "Les Priorités des Services Achats en 2011 ou la manière dont seront gérés les sous-traitants en 2011" à lire ici

les acheteurs sont donc de bons soldats dans les entreprises, la protection des sous traitants, et des impacts sociaux liés : emplois, développement du territoire, sécurisation de l'avenir, ne font pas partie du périmètre de leurs actions, et seule compte la recherche des économies à court terme. Les français s'extasient souvent sur le modèle allemand qui fait qu'il n'est pas rare de rencontrer de grosses PME en rase campagne, mais les achats sont fait d'une autre manière, et les sous traitants sont clairement vus comme de véritables ressources pour l'entreprise, les délocalisations provoquées par les politiques achats sont moins fréquentes qu'en France.

En professionnalisant la fonction achats,avons nous assisté sans bouger à la création d'un monstre guidé par une logique insensée de réduction de coût que nous payons et paierons tous au prix fort ?

mardi 21 août 2007

Les sous traitants en question ...

Nous avons tous suivi, cet été, les campagnes de rappels de jouets américain. Le fournisseur de ce fabricant qui a sous traité à un autre la réalisation d'opérations qui se sont avérées hors du cahier des charges, et potentiellement dangereuses...Et pourtant, le fabricant de jouet est certifié, et son fournisseur aussi, alors, que c'est il passé ? De même, ce manège qui tue, et dont la réalisation d'une pièce par un sous-traitant serait la cause. Dans ce cas là aussi, le cahier des charges n'aurait pas été respecté. On le voit, sous-traiter n'est pas simple, et sans contrôle, ou à contrôle minima, tout va bien ... jusqu'à l'incident, ou pire. Et à partir de là tout s'enchaîne. Les sous traitants ne sont pas les seuls en cause, les acheteurs le sont aussi. Et il est un peu facile de sombrer dans l'anti-"made in china"..

Trop souvent, les contrats de sous-traitance se limitent à définir les prix, les quantités à produire, la qualité des pièces ( mais pas forcément leur contrôle, ou seulement, un contrôle de départ..), les délais, etc...mais couvrent mal ou à peine les risques potentiels : les pertes d'exploitation, les retards de livraison, le financement des campagnes de rappel, la destruction des produits incriminés...

Tout ce joue pourtant dans la définition des risques et dans leur prévention. Et là encore, tout se négocie. Parler des coûts d'une campagne de rappel des produits avant de placer les commandes, incitera sûrement à la prudence de la part du sous traitant.. Il faut aussi aller régulièrement lui rendre visite, pour savoir si rien ne se dérègle. La sous-traitance, de même que l'externalisation, n'est pas simple et requiert de l'attention, des moyens humains et une bonne connaissance juridique. Acheter loin ou près de chez soi ne change rien aux enjeux. La différence est, peut-être, une méconnaissance de la langue et de la culture du pays choisi qui fera que nous ne ressentirons pas si notre interlocuteur a réellement compris notre demande... A lire, l'article du magazine Capital du mois d'août sur la fabrication chinoise.

vendredi 4 mai 2007

Cost killer ou Cost Manager ?

Littéralement, un "cost killer" est un tueur de coût, et le "cost killing" est la démarche associée. Agressif ? surement. Cout terme ? également. On ne trouve pas l'association du terme Cost Killing à des démarches de réduction de coût à long terme. Alors c'est mal ? pas toujours, mais risqués si le Cost Killer agit comme Attila et ne développe que des recherches de gains immédiats. L'emblème en est surement l'enchère inversée, un outil plutôt interessant mais totalement perverti par son unique focalisation sur le prix ! Alors, plutôt que de "tuer" vos coûts, réduisez les ! Il faudra chercher à les aprivoiser, à les analyser, à les comprendre pour les réduire durablement. Au delà de la simple économie, la réduction des couts permet de développer la compétitivité de l'entreprise, et donc sa rentabilité. Alors, partant pour le management des coûts?