Les achats dans tous leurs états...

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Tag - achats durables

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mercredi 28 décembre 2011

Produire en France, l’influence nécessaire des politiques achats des grands groupes et des marques



Il n’existe aucun chiffres publics sur l’influence des politiques d’achats des entreprises sur la création ou la délocalisation d’entreprise dans notre pays, ni d’ailleurs en Europe. Il n’existe d’ailleurs tout simplement aucun chiffre sur les politiques d’achats en France. Les seules informations qui concernent les achats sous leur forme la plus connue de consommateurs, vous et moi, mais rien sur les acheteurs d’entreprises, qui décident pourtant quotidiennement de l’attribution de marchés. La croissance est basée sur la consommation, donc sur les achats, et le drame est que les politiques d’achats ne comptent pas dans la croissance. Les achats sont pourtant désormais au cœur de la plupart des modèles économiques de notre pays.

Les acheteurs n’intéressent pas les médias, la fonction est mal traitée, subie pourrait on dire d’ailleurs, il n’y a qu’à s’intéresser un peu au monde des achats pour en constater l’autarcie. Il y a des fonctions comme celle là qui pourtant devrait mobiliser un plus grand intérêt de la part du grand public.

Quelques chiffres pourtant, les dépenses des entreprises représentent plus de 60 à70 % de leur chiffre d’affaires. On est loin, des 40 à 50 % qu’ils représentaient il y a encore 30 ans. Entre temps, un monde nouveau est apparu, le monde élargie, globalisé, et on s’est mis à acheter moins cher de plus en plus loin, sans aucune préoccupation des impacts de ces décisions sur le social ou l’environnemental. Et puis on s’est dit que finalement « faire faire » était moins cher que « faire », et l’externalisation a commencé.

Il n’y a pourtant aucune fatalité à cet état de fait, il suffirait de rendre public les politiques et stratégies d’achats des grands groupes dans les rapports annuels au même titre que, désormais, les stratégies environnementales. En rendant public ses informations, la prise de conscience des impacts seraient alors bien plus simple à comprendre et à consolider. Les aides à la relocalisation existent, mais c’est la relocalisation des dépenses des entreprises qui conduira à la relocalisation naturelle des entreprises en France et en Europe.

L’automobile a été, et reste un fort marqueur de l’entreprise en France, mais que sait on vraiment des politiques d’achats des fabricants, d’où viennent les véhicules ? les composants ?

La Chine et son influence sur le reste du monde n’est que le résultat de nos décisions, et notre acceptation.

Le commerce joue une carte importante aussi. Nous sommes un pays de tourisme, mais les dépenses profitent surtout aux grossistes qui achètent massivement, par exemple, des « souvenirs français » en Chine. J’ai été frappé à New York d’avoir pu acheter une statue de la liberté, un petit souvenir « made in USA », en revanche, à Paris, les souvenirs sont « made in China », quel intérêt d’acheter un objet a été produit aussi loin ? Est ce que l’on ne devrait accepter de payer un peu plus cher (peut être, ce n’est même pas sur…) pour produire localement et redonner un sens à la consommation justement.

Les opportunités de production sont pourtant tout autour de nous, dans le rayon des marques qui fonctionnent bien à l’étranger, « Pylônes », ces drôles d’objets très colorés et beaux, les boutiques ouvrent partout même très loin, et patatras, ils sont tous faits en Chine, quel dommage, et les prix n’ont rien à voir avec du bas de gamme… juste une opportunité de faire loin et pas cher, pour vendre à bon prix et sécuriser des profits confortables. L’ours offert par Mme Merkel lors de la naissance est une marque qui marche en Allemagne, mais aussi partout en Europe, il s’agit de Steiff, ah oui, c’est « made in Germany »…

Il semble que certains candidats à l’élection veulent punir les licenciements boursiers, je vois bien pour Fralib/Lipton, mais un peu plus difficilement pour les sous traitants obligés de suivre les donneurs d’ordres là où ils le souhaitent. Regardons de plus prés les achats des grands groupes et des marques, il y a là des gisements importants de relocalisation d’emplois!

mercredi 16 novembre 2011

Achats durables ou achats Responsables ?



De plus en plus de discussion autour de la définition des achats durables, et toujours aussi peu d’actions concrètes dans les entreprises. Le prix reste toujours le moteur de décision des acheteurs.

Dans les communications sur la sémantique (tellement française!), il semble que le responsable l’emporterait sur le durable, mais l’achat solidaire est en embuscade, et l’éthique un peu en retrait. Le vrai risque de trop définir est de perdre l’essence même de l’approche, qui est purement un accès à la traçabilité de chaque produit acheté, en utilisant pour cela des outils qui aujourd’hui manquent ou restent inconnus des acheteurs dans les entreprises. Combien d’acheteur savent, en effet, décrypter les pictogrammes indiqués sur les emballages des feuilles A4 de la photocopieuse? Faites l’expérience, c’est édifiant. Bref, un peu à la française, la dialectique l’emportera sur le pratique. Dans le reste du monde, on parle de Sustainable Sourcing, c’est tout, c’est simple.
C’est bien, l’ensemble des achats qui doit être questionné, et profondément remis en cause. Responsable ? Alors donc le reste serait irresponsable, moins de 17 % des achats sont dits durables ou responsables lorsque les entreprises sont interrogées. Les acheteurs sont donc majoritairement irresponsables ? Difficile à croire, ils appliquent les politiques définies par leurs dirigeants, et donnent ce qu’il leur est demandé, alors ce sont les chefs d’entreprises qui sont irresponsables ? Non, vraiment je ne comprends pas cette notion moralisante. Les achats durables sont plus clairs dans leur lien avec l’homme et l’environnement. Et il y a du travail, nous ne sommes qu’au début de l’histoire, et il serait vraiment dommage de, déjà, transformer cette révolution en simple discussion marketing sur l’étiquetage durable ou responsable. Les directions d’achats restent à distance du changement à venir dans les achats car elles sont toujours dans la réduction des prix, faussement appelée réduction des couts, car si les comptes étaient bien faits dans les entreprises, la réduction des couts passeraient forcement par plus d’écologie.
Lu dans Le Monde il y a peu, «  les voyageurs encore frileux face aux éco-labels », et un article qui détaille les raisons économiques ayant poussé un hôtelier vers le durable : réduction des consommations de savons, déchets divisés par deux, réduction de la consommation d’eau, etc… et pourtant, la journaliste s’étonne de ne pas voir les prix augmenter, pourquoi les prix devraient augmenter ? non, les maintenir c’est bien, c’est même assez justifié vu les économies. L’investissement que constitue une certification est un investissement dans l’entreprise qui sera plus ou moins important selon la taille de l’entreprise et le type de certification choisie. Mais c’est un investissement, un projet d’entreprise qui sera porteur de développement, ce n’est pas un poids. Si les hôteliers réussissent à calculer des économies nettes, pourquoi pas dans les entreprises ? c’est un peu mystérieux, mais finalement pas tant que cela. Les achats sont organisés par catégorie, ou famille de produit. Celui qui achète l’électricité n’est pas celui qui est chargé d’en contrôler sa consommation. Autrement dit, l’acheteur est chargé de négocier les meilleurs conditions pour l’achat de l’électricité, et il le fera au mieux, mais dans le même temps, la production peut laisser des équipements en route en permanence pour gagner du temps de redémarrage le matin ou le lundi, et ceci sans ce demander combien cela coute en consommation. Les économies sont pourtant bien là, dans la consommation. La puissance des achats durables existe dés lors que les acheteurs deviennent comptables des actions menant à la recherche de réduction des consommations. Pourquoi chercher à acheter moins cher, quand il faut acheter mieux ?

lundi 29 août 2011

Achats de meubles, ce que personne ne voit derriére les prix bas

Prenez le temps de regarder ce site wewantfurniture , et n’hésitez pas à passer commande, c'est comme toujours avec WWF, les campagnes sont belles et fortes.

Les prix les plus bas cachent toujours quelque chose, la déforestation est invisible ici, mais elle coute cher, très cher dans d'autres pays, comme la Malaisie, le Brésil, d'où proviennent le Teck, et autres bois précieux qui ont tellement envahis notre décoration intérieure. Une génération avant nous, et les meubles étaient encore en Chêne et en Merisier, qu'est ce qui nous a pris de nous mettre à aimer les bois exotiques, et comment a t on pu fermer les yeux si longtemps sur ce qui était en train d'arriver dans les forets les plus lointaines? et non, ce n'est pas du déjà vu, non, ce n'est pas du rabâché. Cette folie collective, nous n'en paierons jamais le prix, ce sont bien les populations locales, que nous ne rencontrerons jamais, et la faune et la flore dans laquelle nous ne vivons pas qui en paye le prix.
Comment faire à notre échelle ?

Se remettre à aimer les bois locaux, et arrêter d'acheter les bois exotiques. et si vraiment, les bois exotiques sont une nécessité vitale, choisissez les certifiés FSC. Nous pourrons les choisir PEFC dans quelques temps, lorsque PEFC aura mis en œuvre et prouvé que son système de certification pouvait vraiment rivaliser de transparence avec FSC. Pour tout ceux qui souhaitent en savoir plus sur PEFC, lisez ce document du WWF wwf pefc parce que tous les labels ne se valent pas.
Le teck n'est pas le seul bois à résister aux intempéries, le robinier (faux accacia) est l'équivalent du teck sauf que c'est local. C'est le seul bois classe 4 naturellement sans traitement, sans étuvage, sans rectification.

jeudi 18 août 2011

Acheter du textile plus responsable

C’est la lecture d’un article de l'excellent magazine Terra Eco « 80 % des textiles polyester français sont recyclés… au Japon », qui m’a donné envie d’en savoir plus sur le recyclage des textiles. Et j’ai découvert un label vraiment intéressant : Altertex. Lancé il y a un an et demi, ce label est le fruit d’une réflexion pragmatique de son créateur Eric Boel: pourquoi les ventes de textiles éthiques ne décollent elles pas ? En effet, si 35 % des ménages souhaitent acheter des vêtements plus vertueux, ce créneau de marché ne représente que 1.5 % des ventes, autant dire rien ou presque. Les freins les plus importants : un design laissant à désirer, peu d’offres, et trop cher. C’est dur ce dernier freins qu’Altertex a démarré, pourquoi le bio, ou les produits recyclés devraient toujours couter cher ? les empilements de marges de tous les intermédiaires tuent le marché, et un des engagements pris par les signataires de la charte (actuellement autour de 50 entreprises) est d’indiquer les surcouts « durables » (coton Bio par exemple) sera isolé en pied de facture et ne sera pas margé.

Un travail est en cours au sein de cette structure pour organiser la garantie de traçabilité des engagements pris, car il s’agit aujourd’hui d’une autodéclaration non verifiée par un tiers indépendant. Le dirigeant est clair sur ce point, il a délibérément choisi d’agir en mettant ce label en action avant de sécuriser la vérification, car il n’y a pas de temps à perdre sur le sujet…

Le textile, c’est aussi la communication extérieure sur bâche, ou les stands parapluies, une société, Capoverdé a choisi d’adhérer à cette charte pour justement offrir à ses clients une communication plus responsable. Pour en savoir plus sur le label : http://www.altertex.fr/ De façon plus générale, on peut faire autrement qu’acheter les vêtements de travail en provenance de Chine (le made in China est maintenant remplacer par made in PRC : Popular Republic of China), il reste peu de fabricant en France et en Europe, mais il en reste. Ils permettent une approche plus proche des véritables besoins des entreprises, et permettent l’achat de vêtements plus résistant, plus confortables aussi. Aucune fatalité dans la baisse de qualité que nous constatons tous dans les vêtements, elle ne reflète que nos demandes de prix les moins chers et qu’une volonté d’accroissement des marges grâce à des couts toujours plus faibles. La tendance sur ce dernier point devrait pourtant s’inverser, car les pays à bas couts sont aussi en train de découvrir l’inflation et les hausses de salaires…

mardi 5 avril 2011

Sortie : Les achats durables en 100 questions, chez Afnor Editions

Ils ne sont pas encore très nombreux les livres traitant des achats durables, et je suis assez heureuse d’avoir eu la possibilité de pouvoir publier sur ce sujet précisément.
L’idée initiale était de pouvoir donner une aide pratique à tous ceux qui souhaitaient mieux comprendre, ou mettre en œuvre des changements pratiques au sein de leurs organisations. Il faut réussir à briser les approches actuelles qui ont des répercussions importantes dans l’économie réelle, dans la création ou la destruction d’emplois, dans les investissements. Il n’y a rien d’inéluctable en matière d’achats, il suffit seulement de vouloir assumer la responsabilité de ses décisions d’achats sans fermer les yeux sur des aspects qui dérangent, et de mettre en place des outils permettant aux acheteurs de travailler sans contraintes. Les études montrent que les objectifs contradictoires entre les économies court terme et les achats durables sont une difficulté réelle pour les acheteurs.

Les 100 questions traitent toutes de points pratiques sur les questions à se poser, mais aussi sur les liens à découvrir entre un engagement « pacte mondial » et la politique d’achats, ou encore les impacts des réglementations européennes comme REACH par exemple.
Bref, une approche pratique « boite à outils » pour tous ceux qui souhaitent pouvoir mettre en œuvre une politique d’achats durables efficace… Plus d’infos sur le site pour passer commande : Viasourcing.

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vendredi 21 janvier 2011

LES CONFLITS D’INTERETS DANS LES ACHATS

C’est une tarte à la crème, mais les intérêts croisés n’ont jamais favorisés la transparence, l’impartialité et la liberté d’actions dans les achats comme dans toute autre activité. Un conflit d’intérêt c’est quoi ? Voilà la définition de Transparency International : « Un conflit d'intérêts naît d'une situation dans laquelle une personne employée par un organisme public ou privé possède, à titre privé, des intérêts qui pourraient influer ou paraître influer sur la manière dont elle s'acquitte de ses fonctions et des responsabilités qui lui ont été confiées par cet organisme ». (Service central de prévention de la corruption, Rapport 2004).

Les conflits d’intérêt sont traqués par les entreprises, notamment anglo-saxonnes, qui font souvent signer des engagements écrits de déclaration de conflit d’intérêt : un époux travaillant chez un client ou un sous traitant par exemple. C’est une base importante de l’éthique dans la réalisation de son travail. Le scandale actuel des médicaments a illustré un mal français ( ?) de manque de transparence dans les relations entre laboratoires et médecins. La loi obligeant les médecins à déclarer leurs conflits date de 2002, le décret d’application date lui de 2007… Pour mieux comprendre les implications des conflits d’intérêts je vous invite à regarder une présentation des « Rencontres Prescrire » datant de 2008 sur cette loi justement lien ici

Le médecin est un prescripteur, combien de prescripteurs vous entourent dans votre entourage d’acheteur : chef d’atelier, ingénieur, utilisateurs des produits,….tout autant de sources à ne pas négliger lorsque son travail est en jeu. J’ai récemment échangé avec un fournisseur désarmé qui après avoir été retenu dans le cadre d’un appel d’offres, se trouvait rejeté par les utilisateurs du produit dans les ateliers. Il ne comprenait pas et, pourtant, tout avait été mis en œuvre par l’acheteur (tout aussi désarmé) au préalable : des essais notamment, qui avaient été concluant. Les conflits d’intérêts peuvent être à l’origine de ses problèmes, les petites habitudes, ou les cadeaux, les conflits d’intérêts sont très difficiles à mettre à jour, si la direction de l’entreprise n’impose pas une attitude claire. On peut toujours critiquer la naïveté qui se cache dans la signature d’une déclaration écrite, mais n’est il pas plus naïf encore que de compter sur l’éthique personnelle ?

Martin Hirsch a brisé un tabou en écrivant son ouvrage, et en mettant sur la place publique ce sujet si important des conflits d’intérêts dans la sphère politique. C’est bien la transparence qui transforme les démocraties en grande démocratie. Travailler le sujet des conflits d’intérêts dans les entreprises est rarement entrepris et pourtant, il donnerait toute sa place et son sens à l’importance de l’éthique dans son travail.

jeudi 9 décembre 2010

Sport et développement durable, deux événements, deux modèles.

Nous avons appris la semaine dernière que le Qatar était donc sélectionné pour organiser la coupe de monde de foot en 2022. C’est purement incompréhensible, et ceci à tous les niveaux, y compris au niveau du soutien apporté par Yan Arthus Bertrand à ce projet Qatar 2022. Les dépenses, donc les achats induis par cette coupe du monde peuvent ils être responsables ? difficile à imager, et voici pourquoi :

Pour la construction des infrastructures : Extrait du rapport de Septembre 2009, sur les Droits de l’Homme d’Alkarama (équivalent d’Amnesty pour le Moyen Orient). « Trois quarts de la population du Qatar sont des travailleurs immigrés en provenance du Pakistan, de l'Inde, du Népal, du Bangladesh, des Philippines, de l'Indonésie, mais aussi du Soudan, de l'Egypte et de la Syrie, etc. Le plus grand nombre travaille dans le secteur de la construction. Les conditions de travail sont très difficiles. Les candidats doivent au préalable verser une somme au recruteur pour lequel ils s’engagent à travailler environ un an pour pouvoir rembourser l'emprunt contracté. Ils disposent de contrats de travail de trois ans.(7) Ils sont, de par le système de parrainage instauré, à la merci de leurs employeurs, dont certains les exploitent, les menacent de détention, les sous-paient, leur confisquent leurs documents de voyages, les privent de leur salaire, leur interdisent de démissionner ou de changer de travail et de quitter le pays sans autorisation, etc. Ces travailleurs vivent dans des conditions d’hébergement déplorables et ne bénéficient pas d’une couverture sociale adéquate. »

Pour le développement durable :

-Une consommation d’énergie démesurée ne serait ce que pour réfrigérer tous les stades. C’est juste incroyable.

-Des consommations d'eau qui seront à la démesure de cet évènement, à l'heure où tant d'hommes et de femmes en manque justement,

-Les déplacements des équipes et des supporters qui ne se feront que par avion, et qui ne seront surement pas compensés par la présence rapprochée des stades une fois arrivé.

Pour l'éthique :Les soupçons de corruption dans cette organisation sont importants (relevés par la BBC très récemment) et une rumeur très largement reprise mais invérifiable circule sur le montant que Zidane aurait reçu pour défendre cette candidature : 15 millions de $.... c’est loin de toute éthique, base de la RSE.
Que dire du soutien de Yan Arthus Bertrand ? il défend son point de vue ici mais l’ensemble reste vraiment hors de toute logique.

Heureusement, Londres nous montre un chemin beaucoup plus positif avec l’organisation des JO. Le « Sourcing Code » est juste et complet (il est disponible ici ) et démontre que l’on peut sans rougir aimer le sport et avoir un réel positionnement éthique et environnemental. A lire sans modération.

jeudi 16 septembre 2010

Décisions Durables : Transport et émissions carbonées

Mon dernier article est en parution ce mois ci dans le magazine Décisions Durables. La rubrique achats n'est pas passée inaperçue, voyez plutôt :

Lu sur Cdurable.info : Décisions durables N°4 - SEPTEMBRE 2010 Mobilité, la fin d’une époque.jeudi 16 septembre 2010 - Posté par David Naulin, Cdurable.
"Ce mois-ci, Décisions durables consacre un dossier spécial aux véhicules électriques. Propre, silencieuse, économe, autonome et rapide juste ce qu’il faut… la voiture électrique, encore très discrète il y a à peine 5 ans, retient aujourd’hui l’attention des grands constructeurs automobiles. Suivez le guide ! Le magazine du management durable propose également une grande enquête à Strasbourg. La capitale alsacienne, pionnière des transports alternatifs et de l’« intermodalité », peine à réduire le trafic automobile et la pollution atmosphérique. Les pouvoirs publics persévèrent dans leur recherche de nouvelles solutions. Lisez aussi l’interview de Geneviève Ferone. La directrice du développement durable de Veolia environnement évoque la création d’une 3e voie entrepreneuriale, entre business conventionnel et non-profit. Enfin la rubrique "achats" revient sur l’acheminement des produits, et la prise en compte d’un troisième critère devant s’ajouter à ceux de la rapidité et du coût : les émissions de carbone.

Edito : Bougez plus, pensez mieux ! Par Alain Grumberg, rédacteur en chef de Décisions durables
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"La mobilité est un des enjeux majeurs du développement durable parce que la vie ne saurait s’en passer. Tout bouge sur cette planète où les lieux de fabrication des marchandises, les lieux de vacances, les lieux de travail sont souvent éloignés (tout est question d’échelle) des lieux de consommation et de résidence. Se déplacer, transporter, acheminer, voyager... tout ceci n’est évidemment pas anodin à l’heure où le réchauffement climatique nous menace. Chacun de nous par ses activités professionnelles et personnelles laisse une empreinte et, à sa façon, contribue à produire des gaz à effets de serre. Bien loin de nous la volonté de culpabiliser. Dans ce 4ème numéro, nous avons voulu sensibiliser nos lecteurs au fait que chaque moment de l’entreprise, de la collectivité territoriale ou de toute autre organisation a une incidence sur notre environnement : moyens de transports utilisés pour parvenir et partir de son lieu de travail, achats, production, consommation d’eau et sources d’énergies, emballages. La prise en compte de tous ces éléments est complexe mais le développement durable, qui impose une approche transversale - voire circulaire - de nos activités est à ce prix. Lisez donc l’interview de Geneviève Ferone, directrice du développement durable de Veolia. En filigrane, elle dit :
que la construction d’une troisième voie, fondée en partie sur des valeurs plus durables, sera laborieuse (au sens d’efforts à produire) et se fera lentement. Le temps est une donnée incontournable. les crises ne sont que le reflet de sociétés qui n’ont pas su évoluer harmonieusement.
que l’innovation, tant prônée par le géant de l’environnement, repose sur une autre forme de mobilité... intelligente et créative.
Bougez plus vos cellules ! Pensez mieux. une des marques de l’intelligence est, à mes yeux, la capacité de porter un regard décentré sur l’existant pour le transformer, l’améliorer et ainsi contribuer à un meilleur toujours en chantier."
Numéro disponible en kiosque depuis le 16 septembre au prix de 5,90 € ou par abonnement sur le site du magazine en cliquant ici

mercredi 18 août 2010

L'éthique au coeur des achats

Une affaire de corruption chez Apple, au sein même des achats : Extrait de l'article de latribune.fr : "Un cadre d'Apple a été inculpé pour avoir reçu des pots-de-vin de six fabricants asiatiques. Paul Shin Devine, un des responsables des achats (global supply manager) d'Apple, a été inculpé et incarcéré en Californie pour avoir reçu des pots-de-vin de six fabricants asiatiques (...).
Ce cadre de 37 ans, qui travaillait depuis 2005 chez Apple, est accusé d'avoir donné aux fournisseurs des informations confidentielles afin de les aider à décrocher des contrats dans des conditions favorables. En retour, il recevait des pots-de-vin qu'il touchait en liquide lors de ses voyages, ou qui étaient envoyés sur plusieurs comptes ouverts en Asie, notamment au nom de sa femme, en sommes suffisamment faibles pour ne pas attirer l'attention. Il partageait l'argent avec Andrew Ang, employé de Jin Li, qui est aussi cité dans l'inculpation.(...) Apple a ensuite enquêté sur lui, et découvert le pot aux roses en examinant les courriers électroniques échangés avec les fournisseurs depuis les boîtes aux lettres personnelles de Paul Shin Devine sur Hotmail et Gmail. Il utilisait des noms de code, comme par exemple "échantillon" pour désigner les pots-de-vin.Paul Shin Devine est poursuivi au pénal notamment pour "fraude" et "blanchiment" suite à une enquête du fisc américain et du FBI, mais aussi au civil par Apple, qui l'accuse d'avoir reçu plus de 1 million de dollars de pots-de-vin sur plusieurs années."

Il ne suffit pas, on le voit, de mettre en place et de faire signer des engagements de bonnes conduites, il faut également se donner les moyens de pouvoir veiller à leur application comme ici précisément. Le "code of conduct" d'Apple est en ligne ici mais ne semble pas avoir dissuadé les fournisseurs de le violer au risque de tout perdre. ll sera intéressant de suivre les conséquences que vivront les fournisseurs concernés, qui ont licencié le personnel concerné immédiatement semble t il.
Sans aller très loin, n'oublions pas que la corruption est autour de nous, et qu'elle est quasiment impossible à débusquer car elle est souvent discrète et intégrée à de trop nombreuses approches commerciales. L'intérêt privé peut alors prendre le pas sur l'intérêt général de l'entreprise. Réduire les tentations, c'est bien sûr instaurer la "peur du gendarme", avec des engagements signés par exemple, mais c'est aussi, et surtout, un positionnement éthique d'entreprise au plus haut niveau, avec un principe d'exemplarité parfait, et des employés bien dans leur poste, respectés et reconnus dans leurs engagements et leurs efforts.
L’éthique est un sujet difficile, et passionnant, car il renvoi à notre propre histoire, nos valeurs et nos croyances, ainsi qu'à notre capacité à appliquer une ligne de conduite constante en toute circonstance.

mercredi 23 juin 2010

Achats Durables, le nouveau frisson

Nous assistons à une révolution dans les services achats de toutes les grandes entreprises depuis quelques temps. Cette révolution reste discrète mais va transformer les achats, et les acheteurs en profondeurs. Avant d’être austère et sérieuse, la fonction achat a connu une période de grands frissons, dans les années 80, années fastes. Les réductions de prix, les avantages, cadeaux, et autres étaient toujours au rendez vous d’une négociation. Mais le grand frisson a progressivement disparu et les réductions s’arrachent au prix d’échanges de plus en plus douloureux avec les fournisseurs : la réduction du sacro saint panel, les achats lointains plus connu sous l’acronyme des LCC*, une qualité douteuse parfois, des marchés vendus au prix de la seul matière parfois. Nous avons de bons acheteur-soldats, qui sont, pour certains, de plus en plus déchirés entre les exigences de leur poste, leur sensibilité, et la réalité des difficultés rencontrés par les fournisseurs. Il y a une déconnexion complète entre les décisions, leur résultat et leurs effets directs ou secondaires…Impossible de ne pas trouver de corrélation entre les politiques d’achats des entreprises et la désindustrialisation de nos pays dits HCC, High Cost Country, trop cher quoi.

Ces nouvelles démarches pionnières d’achats responsables vont faire bouger les lignes des négociations classiques. Il n’est plus question de répéter à l’envi à tous ces fournisseurs qu’ils sont « trop chers », mais de réfléchir sereinement à ses propres attentes d’une relation avec le fournisseur. Ils sont précieux pour l’entreprise et sources de développement de performances.

Si vous devez acheter du bois exotique, une approche simple consiste à rechercher des bois exotiques sans plus de questions. Près de 40 % des bois exotiques en France sont d’origines illégales (source WWF), alors acheter sans plus se poser de question c’est prendre le risque d’acheter un produit précieux, coupé illégalement, dans des conditions humaines difficiles, etc…

Une deuxième approche est de rechercher des bois exotiques certifiés (FSC par exemple), qui ne proviennent pas de coupes illégales. Mais ce bois va tout de même parcourir la moitié du globe pour parvenir à bon port. Le positionnement écologique a le mérite d’être plus clair (au transport prés).

Une troisième approche plus durable, ou responsable, pour ce même bois, va plutôt consister à se pencher, avec les utilisateurs, sur l’utilisation finale du produit. L’acheteur pourra alors chercher, et proposer des alternatives locales, crédibles et rentables qui ne manquent plus, comme les bois d’acacia par exemple. Car pourquoi acheter du bois exotique quand le besoin consiste en un bois imputrescible seulement ? Toutefois, ces nouvelles filières se « méritent », il faut apprendre le développement durable, il faut questionner, chercher, persévérer. Et, le nouveau frisson est là. La connaissance aiguise toujours l’appétit de mieux faire. Alors subir ou entreprendre ?

Nous avons pu voir un reportage** il y a quelques semaine, sur les ravages de la déforestation sur l’ile de Sumatra par les papetiers était assez éloquente à ce titre. L’acheteur de Carrefour Asie interviewé semblait bien connaitre la situation de l’île, et notamment de la disparition de la jungle et des tigres. Remet-il en question son positionnement ou son sourcing ? Non, pas au moment du reportage, car pour lui, cette déforestation et la disparition des tigres étaient inéluctables. Un des papetiers mis en cause dans ce reportage : Asia Pulp & Paper (APP) est un fournisseur important de l’enseigne Carrefour en Asie. Après ce reportage, j’ai voulu en savoir plus sur APP, et une simple recherche a abouti sur l’enseigne Staples, le géant des fournitures de bureau américain, qui a stoppé toute relation depuis 2008 avec APP, à cause de ses possibles implications dans cette déforestation massive. 2 organisations achats, et 2 positionnements. L’une sur un mode d’achat traditionnel pensant devoir subir les impacts environnementaux directs sans pouvoir influencer, et l’autre déjà sur un nouveau mode : en connexion avec les enjeux environnementaux, et conscient des impacts désastreux sur leur image.

Entreprendre dans le domaine des achats responsables, positionne les organisations sur un mode volontaire, et positif face à tous ses nouveaux enjeux. Les hommes et les femmes qui composent les rangs de plus en plus nombreux des acheteurs, vont pouvoir cesser cette schizophrénie si particulière qui consiste à cacher ses sensibilités propres de citoyen et d’humain conscient de ses impacts, pour mener à bien, contre ses mêmes principes, cette fonction clé de l’entreprise : acheteur. Il est permis de mieux faire, alors allons y !

  • LCC Low Cost Country
    • La vengeance du tigre. Un reportage de Guillaume Martin et Cyril Payen agence Keepshooting.

Article rédigé par Sandrine Grumberg et publié dans Décisions Durables N°3.

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