Les achats dans tous leurs états...

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mercredi 16 novembre 2011

Achats durables ou achats Responsables ?



De plus en plus de discussion autour de la définition des achats durables, et toujours aussi peu d’actions concrètes dans les entreprises. Le prix reste toujours le moteur de décision des acheteurs.

Dans les communications sur la sémantique (tellement française!), il semble que le responsable l’emporterait sur le durable, mais l’achat solidaire est en embuscade, et l’éthique un peu en retrait. Le vrai risque de trop définir est de perdre l’essence même de l’approche, qui est purement un accès à la traçabilité de chaque produit acheté, en utilisant pour cela des outils qui aujourd’hui manquent ou restent inconnus des acheteurs dans les entreprises. Combien d’acheteur savent, en effet, décrypter les pictogrammes indiqués sur les emballages des feuilles A4 de la photocopieuse? Faites l’expérience, c’est édifiant. Bref, un peu à la française, la dialectique l’emportera sur le pratique. Dans le reste du monde, on parle de Sustainable Sourcing, c’est tout, c’est simple.
C’est bien, l’ensemble des achats qui doit être questionné, et profondément remis en cause. Responsable ? Alors donc le reste serait irresponsable, moins de 17 % des achats sont dits durables ou responsables lorsque les entreprises sont interrogées. Les acheteurs sont donc majoritairement irresponsables ? Difficile à croire, ils appliquent les politiques définies par leurs dirigeants, et donnent ce qu’il leur est demandé, alors ce sont les chefs d’entreprises qui sont irresponsables ? Non, vraiment je ne comprends pas cette notion moralisante. Les achats durables sont plus clairs dans leur lien avec l’homme et l’environnement. Et il y a du travail, nous ne sommes qu’au début de l’histoire, et il serait vraiment dommage de, déjà, transformer cette révolution en simple discussion marketing sur l’étiquetage durable ou responsable. Les directions d’achats restent à distance du changement à venir dans les achats car elles sont toujours dans la réduction des prix, faussement appelée réduction des couts, car si les comptes étaient bien faits dans les entreprises, la réduction des couts passeraient forcement par plus d’écologie.
Lu dans Le Monde il y a peu, «  les voyageurs encore frileux face aux éco-labels », et un article qui détaille les raisons économiques ayant poussé un hôtelier vers le durable : réduction des consommations de savons, déchets divisés par deux, réduction de la consommation d’eau, etc… et pourtant, la journaliste s’étonne de ne pas voir les prix augmenter, pourquoi les prix devraient augmenter ? non, les maintenir c’est bien, c’est même assez justifié vu les économies. L’investissement que constitue une certification est un investissement dans l’entreprise qui sera plus ou moins important selon la taille de l’entreprise et le type de certification choisie. Mais c’est un investissement, un projet d’entreprise qui sera porteur de développement, ce n’est pas un poids. Si les hôteliers réussissent à calculer des économies nettes, pourquoi pas dans les entreprises ? c’est un peu mystérieux, mais finalement pas tant que cela. Les achats sont organisés par catégorie, ou famille de produit. Celui qui achète l’électricité n’est pas celui qui est chargé d’en contrôler sa consommation. Autrement dit, l’acheteur est chargé de négocier les meilleurs conditions pour l’achat de l’électricité, et il le fera au mieux, mais dans le même temps, la production peut laisser des équipements en route en permanence pour gagner du temps de redémarrage le matin ou le lundi, et ceci sans ce demander combien cela coute en consommation. Les économies sont pourtant bien là, dans la consommation. La puissance des achats durables existe dés lors que les acheteurs deviennent comptables des actions menant à la recherche de réduction des consommations. Pourquoi chercher à acheter moins cher, quand il faut acheter mieux ?

jeudi 9 décembre 2010

Sport et développement durable, deux événements, deux modèles.

Nous avons appris la semaine dernière que le Qatar était donc sélectionné pour organiser la coupe de monde de foot en 2022. C’est purement incompréhensible, et ceci à tous les niveaux, y compris au niveau du soutien apporté par Yan Arthus Bertrand à ce projet Qatar 2022. Les dépenses, donc les achats induis par cette coupe du monde peuvent ils être responsables ? difficile à imager, et voici pourquoi :

Pour la construction des infrastructures : Extrait du rapport de Septembre 2009, sur les Droits de l’Homme d’Alkarama (équivalent d’Amnesty pour le Moyen Orient). « Trois quarts de la population du Qatar sont des travailleurs immigrés en provenance du Pakistan, de l'Inde, du Népal, du Bangladesh, des Philippines, de l'Indonésie, mais aussi du Soudan, de l'Egypte et de la Syrie, etc. Le plus grand nombre travaille dans le secteur de la construction. Les conditions de travail sont très difficiles. Les candidats doivent au préalable verser une somme au recruteur pour lequel ils s’engagent à travailler environ un an pour pouvoir rembourser l'emprunt contracté. Ils disposent de contrats de travail de trois ans.(7) Ils sont, de par le système de parrainage instauré, à la merci de leurs employeurs, dont certains les exploitent, les menacent de détention, les sous-paient, leur confisquent leurs documents de voyages, les privent de leur salaire, leur interdisent de démissionner ou de changer de travail et de quitter le pays sans autorisation, etc. Ces travailleurs vivent dans des conditions d’hébergement déplorables et ne bénéficient pas d’une couverture sociale adéquate. »

Pour le développement durable :

-Une consommation d’énergie démesurée ne serait ce que pour réfrigérer tous les stades. C’est juste incroyable.

-Des consommations d'eau qui seront à la démesure de cet évènement, à l'heure où tant d'hommes et de femmes en manque justement,

-Les déplacements des équipes et des supporters qui ne se feront que par avion, et qui ne seront surement pas compensés par la présence rapprochée des stades une fois arrivé.

Pour l'éthique :Les soupçons de corruption dans cette organisation sont importants (relevés par la BBC très récemment) et une rumeur très largement reprise mais invérifiable circule sur le montant que Zidane aurait reçu pour défendre cette candidature : 15 millions de $.... c’est loin de toute éthique, base de la RSE.
Que dire du soutien de Yan Arthus Bertrand ? il défend son point de vue ici mais l’ensemble reste vraiment hors de toute logique.

Heureusement, Londres nous montre un chemin beaucoup plus positif avec l’organisation des JO. Le « Sourcing Code » est juste et complet (il est disponible ici ) et démontre que l’on peut sans rougir aimer le sport et avoir un réel positionnement éthique et environnemental. A lire sans modération.

jeudi 16 septembre 2010

Décisions Durables : Transport et émissions carbonées

Mon dernier article est en parution ce mois ci dans le magazine Décisions Durables. La rubrique achats n'est pas passée inaperçue, voyez plutôt :

Lu sur Cdurable.info : Décisions durables N°4 - SEPTEMBRE 2010 Mobilité, la fin d’une époque.jeudi 16 septembre 2010 - Posté par David Naulin, Cdurable.
"Ce mois-ci, Décisions durables consacre un dossier spécial aux véhicules électriques. Propre, silencieuse, économe, autonome et rapide juste ce qu’il faut… la voiture électrique, encore très discrète il y a à peine 5 ans, retient aujourd’hui l’attention des grands constructeurs automobiles. Suivez le guide ! Le magazine du management durable propose également une grande enquête à Strasbourg. La capitale alsacienne, pionnière des transports alternatifs et de l’« intermodalité », peine à réduire le trafic automobile et la pollution atmosphérique. Les pouvoirs publics persévèrent dans leur recherche de nouvelles solutions. Lisez aussi l’interview de Geneviève Ferone. La directrice du développement durable de Veolia environnement évoque la création d’une 3e voie entrepreneuriale, entre business conventionnel et non-profit. Enfin la rubrique "achats" revient sur l’acheminement des produits, et la prise en compte d’un troisième critère devant s’ajouter à ceux de la rapidité et du coût : les émissions de carbone.

Edito : Bougez plus, pensez mieux ! Par Alain Grumberg, rédacteur en chef de Décisions durables
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"La mobilité est un des enjeux majeurs du développement durable parce que la vie ne saurait s’en passer. Tout bouge sur cette planète où les lieux de fabrication des marchandises, les lieux de vacances, les lieux de travail sont souvent éloignés (tout est question d’échelle) des lieux de consommation et de résidence. Se déplacer, transporter, acheminer, voyager... tout ceci n’est évidemment pas anodin à l’heure où le réchauffement climatique nous menace. Chacun de nous par ses activités professionnelles et personnelles laisse une empreinte et, à sa façon, contribue à produire des gaz à effets de serre. Bien loin de nous la volonté de culpabiliser. Dans ce 4ème numéro, nous avons voulu sensibiliser nos lecteurs au fait que chaque moment de l’entreprise, de la collectivité territoriale ou de toute autre organisation a une incidence sur notre environnement : moyens de transports utilisés pour parvenir et partir de son lieu de travail, achats, production, consommation d’eau et sources d’énergies, emballages. La prise en compte de tous ces éléments est complexe mais le développement durable, qui impose une approche transversale - voire circulaire - de nos activités est à ce prix. Lisez donc l’interview de Geneviève Ferone, directrice du développement durable de Veolia. En filigrane, elle dit :
que la construction d’une troisième voie, fondée en partie sur des valeurs plus durables, sera laborieuse (au sens d’efforts à produire) et se fera lentement. Le temps est une donnée incontournable. les crises ne sont que le reflet de sociétés qui n’ont pas su évoluer harmonieusement.
que l’innovation, tant prônée par le géant de l’environnement, repose sur une autre forme de mobilité... intelligente et créative.
Bougez plus vos cellules ! Pensez mieux. une des marques de l’intelligence est, à mes yeux, la capacité de porter un regard décentré sur l’existant pour le transformer, l’améliorer et ainsi contribuer à un meilleur toujours en chantier."
Numéro disponible en kiosque depuis le 16 septembre au prix de 5,90 € ou par abonnement sur le site du magazine en cliquant ici

mercredi 23 juin 2010

Achats Durables, le nouveau frisson

Nous assistons à une révolution dans les services achats de toutes les grandes entreprises depuis quelques temps. Cette révolution reste discrète mais va transformer les achats, et les acheteurs en profondeurs. Avant d’être austère et sérieuse, la fonction achat a connu une période de grands frissons, dans les années 80, années fastes. Les réductions de prix, les avantages, cadeaux, et autres étaient toujours au rendez vous d’une négociation. Mais le grand frisson a progressivement disparu et les réductions s’arrachent au prix d’échanges de plus en plus douloureux avec les fournisseurs : la réduction du sacro saint panel, les achats lointains plus connu sous l’acronyme des LCC*, une qualité douteuse parfois, des marchés vendus au prix de la seul matière parfois. Nous avons de bons acheteur-soldats, qui sont, pour certains, de plus en plus déchirés entre les exigences de leur poste, leur sensibilité, et la réalité des difficultés rencontrés par les fournisseurs. Il y a une déconnexion complète entre les décisions, leur résultat et leurs effets directs ou secondaires…Impossible de ne pas trouver de corrélation entre les politiques d’achats des entreprises et la désindustrialisation de nos pays dits HCC, High Cost Country, trop cher quoi.

Ces nouvelles démarches pionnières d’achats responsables vont faire bouger les lignes des négociations classiques. Il n’est plus question de répéter à l’envi à tous ces fournisseurs qu’ils sont « trop chers », mais de réfléchir sereinement à ses propres attentes d’une relation avec le fournisseur. Ils sont précieux pour l’entreprise et sources de développement de performances.

Si vous devez acheter du bois exotique, une approche simple consiste à rechercher des bois exotiques sans plus de questions. Près de 40 % des bois exotiques en France sont d’origines illégales (source WWF), alors acheter sans plus se poser de question c’est prendre le risque d’acheter un produit précieux, coupé illégalement, dans des conditions humaines difficiles, etc…

Une deuxième approche est de rechercher des bois exotiques certifiés (FSC par exemple), qui ne proviennent pas de coupes illégales. Mais ce bois va tout de même parcourir la moitié du globe pour parvenir à bon port. Le positionnement écologique a le mérite d’être plus clair (au transport prés).

Une troisième approche plus durable, ou responsable, pour ce même bois, va plutôt consister à se pencher, avec les utilisateurs, sur l’utilisation finale du produit. L’acheteur pourra alors chercher, et proposer des alternatives locales, crédibles et rentables qui ne manquent plus, comme les bois d’acacia par exemple. Car pourquoi acheter du bois exotique quand le besoin consiste en un bois imputrescible seulement ? Toutefois, ces nouvelles filières se « méritent », il faut apprendre le développement durable, il faut questionner, chercher, persévérer. Et, le nouveau frisson est là. La connaissance aiguise toujours l’appétit de mieux faire. Alors subir ou entreprendre ?

Nous avons pu voir un reportage** il y a quelques semaine, sur les ravages de la déforestation sur l’ile de Sumatra par les papetiers était assez éloquente à ce titre. L’acheteur de Carrefour Asie interviewé semblait bien connaitre la situation de l’île, et notamment de la disparition de la jungle et des tigres. Remet-il en question son positionnement ou son sourcing ? Non, pas au moment du reportage, car pour lui, cette déforestation et la disparition des tigres étaient inéluctables. Un des papetiers mis en cause dans ce reportage : Asia Pulp & Paper (APP) est un fournisseur important de l’enseigne Carrefour en Asie. Après ce reportage, j’ai voulu en savoir plus sur APP, et une simple recherche a abouti sur l’enseigne Staples, le géant des fournitures de bureau américain, qui a stoppé toute relation depuis 2008 avec APP, à cause de ses possibles implications dans cette déforestation massive. 2 organisations achats, et 2 positionnements. L’une sur un mode d’achat traditionnel pensant devoir subir les impacts environnementaux directs sans pouvoir influencer, et l’autre déjà sur un nouveau mode : en connexion avec les enjeux environnementaux, et conscient des impacts désastreux sur leur image.

Entreprendre dans le domaine des achats responsables, positionne les organisations sur un mode volontaire, et positif face à tous ses nouveaux enjeux. Les hommes et les femmes qui composent les rangs de plus en plus nombreux des acheteurs, vont pouvoir cesser cette schizophrénie si particulière qui consiste à cacher ses sensibilités propres de citoyen et d’humain conscient de ses impacts, pour mener à bien, contre ses mêmes principes, cette fonction clé de l’entreprise : acheteur. Il est permis de mieux faire, alors allons y !

  • LCC Low Cost Country
    • La vengeance du tigre. Un reportage de Guillaume Martin et Cyril Payen agence Keepshooting.

Article rédigé par Sandrine Grumberg et publié dans Décisions Durables N°3.

jeudi 27 mai 2010

Un monde parfait : 80% des entreprises choisissent des fournisseurs sur des critères RSE !

Cette information est reprise sur le site du Medef (lien ici ) et concerne bien évidemment les entreprises du CAC 40.
La référence est une étude menée par Orse en 2009, (lien de l’étude ici ).
A lire le compte rendu de l’étude, le monde parfait qui nous entoure, et les grandes entreprises qui le remplissent indiquent que « 80 % des entreprises déclarent juger leurs fournisseurs sur des critères RSE, le plus souvent à l’aide d’un questionnaire d’auto évaluation. 85 % des entreprises ont introduit des clauses RSE dans leurs contrats et certaines entreprises industrielles exigent également une certification. 60 % des entreprises ont engagé un programme d’audits fournisseurs. Plus de la moitié des entreprises publient un indicateur chiffré de mesure de la performance de leurs politiques d’achats et 60 % s’engagent sur des objectifs annuels ou pluriannuels ».
planet_paper.jpg J’aimerai y croire, mais au-delà des chiffres, les achats responsables sont encore très loin d’être une réalité pour l’ensemble des entreprises.
Quelques mots sur la réalisation de l’étude pour bien comprendre l’origine de ces chiffres : elle a été réalisée sur la base des publications environnementales de ces grandes sociétés. Les données datent de 2008, car la plupart des rapports 2009 ne sont pas encore accessibles. Cette étude s’est entièrement basée sur la lecture des communications et non sur un audit, ce qui explique évidemment les excellents chiffres mentionnés au début de cet article.

Ces publications sont le fruit d’une obligation de la loi NRE qui oblige, depuis 2004, les sociétés cotées à publier leurs actions en matière de RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise).Les sociétés ont peiné à publier leurs rapports les premières années, mais elles ont rapidement compris l’importance et la puissance de cette communication auprès du grand public, et des investisseurs. La lecture des rapports est importante car ils démontrent tout de même l’intérêt porté à la RSE, ou au moins à sa partie environnementale, et les initiatives sont variées et vraiment pleine d'intérêts.
Les critères servant à sélectionner les offres, et les fournisseurs se limitent très souvent leur engagement dans la certification ISO 14001, et dans la lutte contre le travail des enfants dans les pays à bas coûts. Les achats durables, ou responsables, n’en sont qu’à leur enfance, ils grandiront vite, car l’éthique et l’environnement sont les prochaines vraies révolutions à venir.

lundi 26 avril 2010

Les achats sortent de leur tour d'ivoire

Lorsque "les achats" communiquent c'est souvent dans les magazines plutôt spécialisés comme La Lettre des achats ou Decisions Achats. Et lorsque la rédaction du nouveau magazine Décisions Durables (lien ici) m'a proposé d'écrire sur les achats responsables dans un magazine BtoB j'ai dit oui évidemment. L'échange transverse avec un public non forcément acheteur m'a passionné. Je souhaite décloisonner les achats, les mettre en lumière pour révéler les bonnes et les mauvaises pratiques. Les conséquences des décisions prises par les directions des achats ont des impacts importants dans les entreprises, les fournisseurs, qui pourront décider ou non d'investir, d'embaucher, de délocaliser ...
Déjà 2 numéros, les thèmes doivent être précis, la vocation du mag est de donner des outils à leurs lecteurs.Les premiers sujets traités parlent d'Emas, du papier, de l'écologie au bureau, mode d'emploi des achats responsables, les labels des mobiliers de bureaux...
En plus des achats, ce magazine traite de très nombreux autres sujets, tous liés au développement durable. Découvrez le, le prochain numéro : en Mai....

lundi 7 décembre 2009

Enquête relation client-fournisseur et RSE

Une enquête intéressante menée par l’ACFCI, permet de mettre en lumière divers aspects des relations acheteurs-clients. Si les sociétés constatent plus d’exigences de système de certifications environnementales (pour 36 % d’entre elles), seulement 8 % de leurs clients se sont intéressés au respect du droit du travail ou des droits de l’homme chez leurs fournisseurs. Pire, seulement 46 % de leurs clients appliquent les mêmes mesures de procédures de sécurité ou avantages lorsque le sous traitant travaille sur le même site !

Concernant l’aspect plus traditionnel des achats, les clients n’accompagnent pas leurs sous traitants à rechercher de meilleures performances de coûts (pour 70% des sociétés ayant répondues), ou à passer le cap de fluctuation de volumes de commande (65 %), mais ils sont 72 % à estimer être payés dans « un délai raisonnable » .Cliquez sur l'image pour télécharger l’étude : CCI

mardi 25 août 2009

Intoxication au plomb en Chine

Nous avons appris la semaine dernière l’intoxication au plomb de plus de 2000 enfants en Chine (info du 25 aout ), bon c’est vrai, cela n’a pas vraiment fait la une des journaux... Il y a eu en France assez peu d’écho sauf pour indiquer, à juste titre, la nouveauté qu’a représentée la couverture médiatique chinoise (voir article de l’agence Chine Nouvelle ). Ce nouveau drame humain et environnemental, ouvre beaucoup de grilles de lecture, qui sont toutes très intéressantes à explorer :

1. Qui sont les sociétés mises en causes ? trouver leurs noms n’a pas été compliqué puisqu’elles étaient toutes deux mises en causes dans les différents articles de Chinadaily, Le Monde, The Times, etc… mais trouver des informations sur ces sociétés (taille, produits, clients) s’est avéré beaucoup plus compliqué. Au fil des articles (essentiellement sur des sites anglo-saxons), on parle de sociétés de taille moyenne, or un des groupes fait partie des 500 premières sociétés chinoises, donc loin d’une taille moyenne. En revanche, je n’ai pu trouver aucune information sur leurs clients. J’aurais aimé trouvé qui étaient les acheteurs de ces produits ayant intoxiqués des enfants, et leurs parents bien évidemment, mais acheter en Chine, même si c'est un évidence, reste un vrai tabou…

2. ROHS limite, voire interdit la présence de plomb dans de nombreux produits (peinture, soudure…) alors où est il encore utilisé ? Dans les batteries, bien sûr, et de façon générale dans les accumulateurs divers et variés. Et les capacités de production dans le monde n’ont cessé d’augmenter (+24% depuis 2004), les demandes ont augmenté aussi (+20% depuis 2004, voir les statistiques publiées par International Lead and Zinc Study Group). Car même si les batteries durent bien plus longtemps qu’avant, le marché automobile est toujours en développement, et encore plus dans les pays comme la Chine.

3. Alors le plomb est une consommation locale dans les pays « en développement » ? Oui et non, car si les marchés asiatiques se développent très fort, et les importations de batteries en provenance de Chine évoluent très fortement également. Les batteries plomb sont encore prédominantes sur le marché automobile, même si des substituts sont déjà très présent sur d’autres marchés (portables, piles, etc…). L'annonce de la fermeture de la très belle usine de fabrication de batterie à Sarreguemines le mois dernier, indique clairement que les batteries « made in France » ne doivent plus être bien nombreuses. Si le sujet vous intéresse, il existe des études de marché probablement très bien faites, mais aussi très couteuses (entre 2500 et 3000 €). Je n’en ai pas fait l’acquisition et vous laisserais sur votre faim coté chiffres..

4. Les tolérances de rejet sont elles les même dans tous les pays ? non, et c’est bien là tout le problème, car si les tolérances sont très faibles en Europe (qui est à l’initiative de la directive ROHS), elles différent dans tous les pays du monde, alors même que la toxicité du plomb est connue depuis toujours. Acheter en se contentant de respecter les législations locales ne suffit donc pas à garantir une politique d'achat "durable" et logique au sein d'une même société. Car comment dés lors, comparer les prix d'un même produit si les législations des pays producteurs sont plus ou moins tolérantes, donc les coûts de revient différents ?

Depuis les premiers articles paruts depuis environ le 15 aout, les usines chinoises ferment (provisoirement ?) pour que les installations soient modifiées ou que la pression médiatique se calme un peu. Mais encore une fois, les achats de produits bruts ou transformés ne se font pas sans risque, et derrière chaque prix bas se cache des coûts qui peuvent être dramatiquement élevés pour les populations locales et pour notre planète. Mais ces coûts ne se paient pas directement, ni par les acheteurs, ni pas les consommateurs, et c’est bien tout le problème…

vendredi 29 juin 2007

Achats écologiques, une véritable attente

Un article très intéressant dans Newzy décrit les attentes de tout un chacun en matière d'achats "verts" dans nos vies professionnelles. Et au delà du phénomène de verdissement de la société, qui va bien sûr voir le succès de toutes les entreprises "visionnaires" comme Steelcase citée dans l'article, c'est aussi une autre façon de gérer l'entreprise. Les achats durables sont un véritable levier d'amélioration de performances parce qu'ils signifient d'une part la réduction intelligente des dépenses et d'autre part une meilleure valorisation des produits. Ce n'est pas encore une vague déferlante en Europe, et dans certains cas, il ne s'agit que de stratégie marketing sans vraie stratégie interne ( On ne peut que prendre pour exemple toutes les publicités qui se sont faites épingler récemment pour tromperie). La déferlante viendra sûrement de l'autre coté de l'atlantique, là où toutes les sociétés réalisent que l'écologie va représenter un marché, un grand marché !

Est-ce que les sociétés de services en sont exclues ? Non, et c'est là tout l'enjeu, toutes les sociétés sont concernées. Une société de services proposant des prestations de nettoyage de bureau pourra utiliser des produits écologiques. Une société de livraison pourra travailler à la réduction de ses émissions de CO2 en optant pour des carburants bio, ou des véhicules hybrides. Une société de communication pourra opter pour la réduction des imprimés au profit d'une communication dématérialisée, ou le remplacement d'imprimés classiques, par de l'impression sur support recyclés à base d'encres végétales. La plupart des solutions existent déjà, il faut simplement les chercher. Car il ne faut pas être dupe, et croire que tous les fournisseurs actuels ont des produits de substitution "verts", les solutions existent chez des fournisseurs plus spécialisés, il faut donc envisager le changement. Le changement pour le meilleur !

vendredi 25 mai 2007

Réduction des emballages

De bonnes nouvelles sur le front de la réduction d'emballage et par là, de politique de réduction des coûts... Dell vient d'annoncer la possibilité de livraison dans des emballages contenant plusieurs serveurs. En plus de réduire les emballages cartons, ils proposent aussi la livraison d'un seul manuel d'utilisation par livraison, c'est ce qu'ils appellent les fournitures collatérales (oui, on est aux Etats Unis...), mais annualisées, les économies estimées sont impressionnantes : 2000 tonnes de cartons, 1000 tonnes de palettes, 300 tonnes de papiers .... Et enfin pour soigner l'emballage, les publications marketing "papiers" sont éditées sur plus de 50% de papier recyclés, et pour les publications normales, jusqu'à 90 %. Les esprits chagrins pourront toujours dire que ces annonces sont aussi du marketing, mais on retiendra le pas en avant, de même que nous avons tous retenus le nom de E. Leclerc pour la suppression des sacs plastiques.

C'est en tout cas une belle illustration du lien entre la réduction des coûts et le Developpement Durable !!!

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