Acheter du textile plus responsable
Par Sandrine Grumberg le jeudi 18 août 2011, 16:51 - Achats Durables - Lien permanent
C’est la lecture d’un article de l'excellent magazine Terra Eco « 80 %
des textiles polyester français sont recyclés… au Japon », qui m’a donné envie
d’en savoir plus sur le recyclage des textiles. Et j’ai découvert un label
vraiment intéressant : Altertex. Lancé il y a un an et demi, ce label est
le fruit d’une réflexion pragmatique de son créateur Eric Boel: pourquoi les
ventes de textiles éthiques ne décollent elles pas ? En effet, si 35 % des
ménages souhaitent acheter des vêtements plus vertueux, ce créneau de marché ne
représente que 1.5 % des ventes, autant dire rien ou presque. Les freins les
plus importants : un design laissant à désirer, peu d’offres, et trop
cher. C’est dur ce dernier freins qu’Altertex a démarré, pourquoi le bio, ou
les produits recyclés devraient toujours couter cher ? les empilements de
marges de tous les intermédiaires tuent le marché, et un des engagements pris
par les signataires de la charte (actuellement autour de 50 entreprises) est
d’indiquer les surcouts « durables » (coton Bio par exemple) sera
isolé en pied de facture et ne sera pas margé.
Un travail est en cours au sein de cette structure pour organiser la
garantie de traçabilité des engagements pris, car il s’agit aujourd’hui d’une
autodéclaration non verifiée par un tiers indépendant. Le dirigeant est clair
sur ce point, il a délibérément choisi d’agir en mettant ce label en action
avant de sécuriser la vérification, car il n’y a pas de temps à perdre sur le
sujet…
Le textile, c’est aussi la communication extérieure sur bâche, ou les stands parapluies, une société, Capoverdé a choisi d’adhérer à cette charte pour justement offrir à ses clients une communication plus responsable. Pour en savoir plus sur le label : http://www.altertex.fr/ De façon plus générale, on peut faire autrement qu’acheter les vêtements de travail en provenance de Chine (le made in China est maintenant remplacer par made in PRC : Popular Republic of China), il reste peu de fabricant en France et en Europe, mais il en reste. Ils permettent une approche plus proche des véritables besoins des entreprises, et permettent l’achat de vêtements plus résistant, plus confortables aussi. Aucune fatalité dans la baisse de qualité que nous constatons tous dans les vêtements, elle ne reflète que nos demandes de prix les moins chers et qu’une volonté d’accroissement des marges grâce à des couts toujours plus faibles. La tendance sur ce dernier point devrait pourtant s’inverser, car les pays à bas couts sont aussi en train de découvrir l’inflation et les hausses de salaires…

