Nouvelle clause dans les CGA : la clause de médiation
Par Sandrine Grumberg le mardi 24 mai 2011, 10:15 - Bonnes Pratiques - Lien permanent
Ayant encore à l’esprit le rapport très sombre du médiateur de la sous
traitance, je suis allée à une table ronde sur la médiation à Metz, à laquelle
participait le médiateur régional de la Direccte, le délégué général de la
CDAF, le responsable des achats est du groupe Eiffage, et le médiateur de la
CMIM (Centre de Médiation Interentreprises de la Moselle).
Le principe de la médiation est simple : éviter les tribunaux et trouver
des solutions satisfaisantes pour les deux parties à moindre frais. Leurs
approches confirment, tout d’abord, la tendance de recours de plus en plus
fréquents de la part des sous traitants envers leurs donneurs d’ordre devant
des situations tendues liées à des retards de paiement, des ruptures de
contrats, des litiges liés aux transferts de propriété, clauses abusives, mais
aussi refus de livraison…
Le médiateur de la Direccte, Jean Claude Robert, est en place depuis juin 2010,
et à l’origine pour les conflits de sous traitance automobile. Il traite
néanmoins des litiges dans tous les domaines de l’industrie, et des services…
Les approches de médiation sont vraiment dépendante des hommes ou des femmes en
place, ils doivent avoir été formé à la médiation, car la gestion des conflits
ne s’improvisent pas, et d’une région à l’autre, le recours à la médiation est
donc très divers. L’approche du médiateur de Lorraine est vraiment séduisante,
car il revient à des fondamentaux qui font du bien : le contact
téléphonique pour remettre du lien vivant dans les échanges, et le secret
donnant confiance dans les relations. Au passage, le compte rendu qu’il écrit à
l’issue de la procédure à valeur de contrat…sur 43 saisies depuis juin, 1 seul
échec.
Il a dressé un constat assez amer sur les conditions générales d’achats, qui, à
force d’avoir été lues, écrites, et réécrites par les juristes, sont devenues
incompréhensibles pour le commun des employés. Sa recommandation, revenir à des
choses simples dans l’écriture des CGA. L’ajout d’une clause de médiation est
vraiment à recommander, d’une part car elle encourage une résolution
intelligente et sans violence d’une différent commercial, et d'autre part, car
elle place l’acheteur dans une position plutôt positive vis-à-vis des ses
fournisseurs ou sous traitants. Je lui ai demandé si la centralisation des
services achats posait un problème dans le traitement du litige, il m’a dit
qu’effectivement, l’identification des acteurs, et leur disponibilité, au moins
au téléphone, pouvait être un problème. Les médiations sont menées la plupart
du temps avec le directeur des achats et le chef d’entreprise, il semble que
les directions des achats, ou les chefs d’entreprise, découvrent à cette
occasion les pratiques de leurs acheteurs. Ce dernier point est très
intéressant, cela revient à dire que les directions ne soutiendront pas
toujours leur acheteur en cas de conflit, et que donc, les initiatives
personnelles pour atteindre les objectifs à tous prix sont peu recommandées.
Cela veut également dire, que les directions sont souvent ignorantes des vraies
pratiques dans leurs entreprises, plus proche d’une position d’autruche
d’ailleurs, car imposer des objectifs durs nécessite le recours à des pratiques
dures. Durant cette table ronde, j’ai d’ailleurs entendu que le « bras
gauche ignorait parfois ce que faisant le bras droit » dés qu’il s’agit de
grandes entreprises et donc de diffusion de pratiques. une relecture des CGA
s’impose, et l’ajout d’une clause de médiation aussi…la formation des acheteurs
n'est pas un luxe non plus.


Commentaires
Bonjour,
Il me semble que, en cas de conflit, les CGV priment toujours sur les CGA, sauf si le fournisseur a formellement accepté les CGA de son client, et donc renoncé à ses CGV. De ce fait, il vaut mieux toujours établir un contrat, qui rend caduque les CGV et CGA...