Les cartes achats intéressent de plus en plus de sociétés et les collectivités locales. Elles sont là pour simplifier l'administratif qui gravite autour des commandes à petits montants et pourtant lorsque j'ai appelé ma banque pour en savoir plus, j'ai eu droit à la proposition d'une simple carte bleue. Pour en savoir plus, j'ai appelé Mme Ligeret, secrétaire générale de l’APECA (Association des Professionnels Européens de la Carte d’Achat), qui a eu la gentillesse de se prêter au jeu des questions/réponses :

Sandrine Grumberg : Tout le monde en parle, et les achats publics s’approprient cet outil pour leurs achats récurrents de faible enjeu, mais quels sont les avantages d’une carte achat dans une entreprise ?

Madame Ligeret : En quelques mots, la délégation de responsabilité, un meilleur contrôle des dépenses, et la possibilité de dématérialiser les échanges. Il ne s’agit pas d’une simple carte de paiement, cette carte permet de s’attaquer à toutes ces dépenses de faibles valeurs qui monopolisent beaucoup trop d’attention dans notamment le traitement des factures. Après avoir cartographié ces achats, les acheteurs peuvent sélectionner les fournisseurs récurrents et les solliciter pour la mise en place de ce programme. Les dépenses seront encadrées par des accords préalables, et les utilisateurs de la carte auront la liberté d’acheter les produits dont ils ont besoin sans avoir à subir certaines lourdeurs administratives comme les circuits d’approbation interne.

SG : Est ce une solution coûteuse, et est ce plutôt réservé aux grandes entreprises ?

Madame Ligeret : Non, et c’est bien l’intérêt de cette solution. Les TPE et PME sont aussi concernées. Ces coûts sont dépendants de la demande faite au fournisseur : de la simple « facturette » (niveau 1) au rapport détaillé des dépenses (Niveau 3). Il pourra donc y avoir une mise à niveau technique nécessaire pour le fournisseur Concernant le taux des commissions qui sont appliquées par les établissements financiers, aux acheteurs et aux fournisseurs, il est , en moyenne de 1.5 %. Ces coûts sont appelés à évoluer également en fonction du déploiement de ces nouvelles solutions en France et donc du volume des transactions. Et,il est, bien entendu, important de les corréler aux économies générées pour apprécier le retour sur investissement.

SG : Un lien possible avec les systèmes informatiques type compta ou ERP ?

Madame Ligeret : Oui c’est possible, mais cela sera vu avec la banque au cas pas cas.

SG : Quelles sont vos recommandations pour garantir le succès du déploiement d’un tel programme ?

Madame Ligeret : Comme tout projet, la constitution d’une équipe et la définition d’une application pilote dans un temps précis, pas trop long pour que le projet rebondisse tant en interne qu’auprès des fournisseurs. L’accompagnement par un expert achat peut s’avérer également utile pour encadrer et garantir le bon suivi du projet.

SG : Les fournisseurs justement, sont ils difficiles à convaincre ? Le traiteur ou le fleuriste ?

Madame Ligeret : Non, c’est un moyen de paiement qui est de plus en plus utilisé par les marchés publics, et qui ne change pas l’organisation des fournisseurs tout en leur permettant d’être réglé à 5 jours en moyenne (le gain de trésorerie est un avantage majeur). Si les projets sont clairement présentés, les réticences seront faciles à vaincre.
De nombreuses informations sont disponibles surle site internet http://www.association-apeca.org.