Les PME sont elles trop riches ?
Par Sandrine Grumberg le mardi 13 mai 2008, 18:02 - Réduction de couts - Lien permanent
Alors que toutes les dépenses des grandes entreprises sont passées au crible
des services achats, une grande partie des PME françaises peine à hisser les
leurs au sommet de leurs préoccupations quotidiennes. Les achats stratégiques
restent pour la plupart la chasse gardée du dirigeant et le reste s’éparpille
auprès des nombreux acheteurs improvisés de l’entreprise et donc auprès des
nombreux, voire souvent, trop nombreux fournisseurs. La course au développement
du chiffre d’affaires reste très logiquement une préoccupation majeure, mais la
rationalisation des dépenses est souvent ignorée. Sauf bien sur, quand il n’y a
plus du tout de trésorerie et que les robinets se ferment totalement.
Et pourtant, la rationalisation des dépenses est la portée de toutes les PME
et s’avère être un gisement important d’économies que ce soit des économies
d’argent, de stock, ou de temps.
1ère piste : l’acheteur. Les acheteurs ne sont pas les grands amis des
employés de l’entreprise, car toujours vus comme les empêcheurs de tourner en
rond : Ils veulent des cahiers des charges ou des demandes d’achats bien
rédigés et détaillant les besoins, alors que bien souvent cette étape préalable
à une bonne intervention achats est vécue comme une perte de temps par le
technicien, le chef d’atelier ou l’ingénieur… Comment assurer une bonne mise en
concurrence si le besoin n’est pas défini correctement ? C’est souvent là
que le bât blesse. Et pourtant, l’arrivée d’un acheteur dans une entreprise,
c’est l’occasion de remettre un peu d’ordre dans des achats souvent dispersés
et les économies sont au rendez vous…
2ème piste : le conseil. Un œil professionnel identifiera rapidement
les potentiels et les points à modifier. Les personnels extérieurs sont
efficaces car ils n’ont aucun « parasitage » de la vie quotidienne
dans leurs actions, et les dirigeants peuvent accepter/écouter un diagnostic
qu’ils n’auraient pas forcement écouté venant de leur personnel. Là encore, les
économies sont au rendez vous d'une action bien ciblée.
Ce matin encore, Adidas annonce un bénéfice net en hausse de 32 % grâce à la politique de réduction de coûts menés avec les fournisseurs, pendant que Lafarge indique que son objectif de réduction de coût de 340 m€ a été dépassé et devrait atteindre 400 m€… Dans La Tribune ce matin un autre angle « le business vert : vendre plus et dépenser moins » : les achats sont partout alors les PME, trop riches pour l'ignorer ?