Alors que toutes les dépenses des grandes entreprises sont passées au crible des services achats, une grande partie des PME françaises peine à hisser les leurs au sommet de leurs préoccupations quotidiennes. Les achats stratégiques restent pour la plupart la chasse gardée du dirigeant et le reste s’éparpille auprès des nombreux acheteurs improvisés de l’entreprise et donc auprès des nombreux, voire souvent, trop nombreux fournisseurs. La course au développement du chiffre d’affaires reste très logiquement une préoccupation majeure, mais la rationalisation des dépenses est souvent ignorée. Sauf bien sur, quand il n’y a plus du tout de trésorerie et que les robinets se ferment totalement.

Et pourtant, la rationalisation des dépenses est la portée de toutes les PME et s’avère être un gisement important d’économies que ce soit des économies d’argent, de stock, ou de temps.

1ère piste : l’acheteur. Les acheteurs ne sont pas les grands amis des employés de l’entreprise, car toujours vus comme les empêcheurs de tourner en rond : Ils veulent des cahiers des charges ou des demandes d’achats bien rédigés et détaillant les besoins, alors que bien souvent cette étape préalable à une bonne intervention achats est vécue comme une perte de temps par le technicien, le chef d’atelier ou l’ingénieur… Comment assurer une bonne mise en concurrence si le besoin n’est pas défini correctement ? C’est souvent là que le bât blesse. Et pourtant, l’arrivée d’un acheteur dans une entreprise, c’est l’occasion de remettre un peu d’ordre dans des achats souvent dispersés et les économies sont au rendez vous…

2ème piste : le conseil. Un œil professionnel identifiera rapidement les potentiels et les points à modifier. Les personnels extérieurs sont efficaces car ils n’ont aucun « parasitage » de la vie quotidienne dans leurs actions, et les dirigeants peuvent accepter/écouter un diagnostic qu’ils n’auraient pas forcement écouté venant de leur personnel. Là encore, les économies sont au rendez vous d'une action bien ciblée.

Ce matin encore, Adidas annonce un bénéfice net en hausse de 32 % grâce à la politique de réduction de coûts menés avec les fournisseurs, pendant que Lafarge indique que son objectif de réduction de coût de 340 m€ a été dépassé et devrait atteindre 400 m€… Dans La Tribune ce matin un autre angle « le business vert : vendre plus et dépenser moins » : les achats sont partout alors les PME, trop riches pour l'ignorer ?