Comment trouver le juste prix, et d'ailleurs existe t il ? la course au prix le plus bas a t elle une fin ? A ces questions une émission a tenté de trouver des réponses, c'était sur France Inter, et vous pouvez l'écouter grâce au Podcast sur leur Site web et comme pour leur venir en écho, l'émission Capital M6 menait une enquête sur les plats cuisinés à prix cassés. Avec pour cette dernière un vrai paradoxe, alors que les prix des matières sont à la hausse les prix des plats préparés n’ont jamais été aussi bas. Là encore, de nombreuses questions sur ce qui ce cache derrière les prix cassés. Il y a de nombreuses passerelles entre les acheteurs/consommateurs que nous sommes tous les jours et les acheteurs professionnels dans les entreprises. Et les 2 émissions étaient passionnantes à suivre de ce point de vue. Nous avons perdu nos repères, et il est vraiment difficile de s’y retrouver, le gratuit a désormais une valeur, et le prix cher n’est plus synonyme de qualité.
Le « low cost » existe aussi dans les assiettes, et nous avions l’exemple, dans l'émission d'M6, d’une fabrication de crêpes (d’ailleurs très peu d’entreprises assument le bas coût et beaucoup ont refusé la caméra…), avec d’un coté une crêpe fabriquée « comme à la maison » avec œuf, gruyère râpé, crème, jambon supérieur etc… et une crêpe « bas coût » avec des produits de moindre qualité (un jambon 40 ou 50 % moins cher que l’autre, moins de produit (la crème a disparue) et des dosages différents (une crêpe plus épaisse donc moins de produit à l’intérieur…). Le résultat une crêpe a 0,4 € pour la première contre 0,15 € pour la dernière. J’avais déjà abordé le sujet dans le papier "Acheter… un prix", et il vrai qu’apprendre à lire une étiquette serait déjà un grand pas.

Exiger un prix avant tout est risqué, et les plats cuisinés sont un bon exemple d’une externalisation (les repas) contrôlées par les prix au détriment de la qualité, même si d’un point de vue d’hygiène, tous ces produits sont irréprochables. J’ai du mal à comprendre la logique d’exigence de prix en baisse permanente, nous faisons en permanence des arbitrages dans nos dépenses, et il est clair que plus les produits achetés ont de la valeur ajoutée (un plat préparé par exemple) et plus ils seront chers, il faut l'accepter.

Le juste prix c’est surement la logique du commerce équitable, sortir de la logique d’un prix de marché pour entrer dans une logique permettant au producteur de pouvoir vivre de son travail, l’exemple du café est le plus connu, les producteurs dans les filières équitables vendent leurs produits plus cher que dans les filières classiques, et peuvent vivre de leur travail.

Le juste prix n’est pas le prix de marché, on l’a compris, le marché spécule. Le juste prix ne sera pas forcement déterminé lors d’un appel d’offres si l’on se contente de solliciter un prix, mais il sera déterminé lorsque les décompositions de prix seront construites et comprises par l’acheteur sur la base des connaissances acquises lors d’une étude détaillée des processus de conception des produits et de leur fabrication, lors des visites fournisseurs notamment.

Le juste prix c’est également accepter que le fournisseur puisse faire un profit,et le développement du gratuit ou des lowcost est vraiment inquiétant de ce point de vue, car pour pouvoir maintenir un profit le fabricant réduit et/ou délocalise. Savez vous que la Chine a commencé à délocaliser pour maintenir sa compétitivité ?Pour vous un téléphone a t il une valeur que vous êtes prêt à payer ou seulement le gratuit donné par un opérateur ?et pourtant, il a été fabriqué par des vrais gens, avec de vrais matériaux.

Pour comprendre la logique du juste prix il faut savoir ce que l’on attend de ses achats. L’éco-efficacité est une logique à développer, l’éco sera économique mais aussi écologique. Le coût total fait partie entièrement de la démarche. L’expertise dans vos achats clés sera à développer. Mettre vos fournisseurs en concurrence est un aiguillon qui permet de toujours garder un oeil sur le monde extérieur. Comme j’ai déjà pu le dire, acheter est à la portée de tous, mais bien acheter est un métier. L’acheteur n’est pas un coût pour l’entreprise mais une véritable valeur ajoutée.