Etre acheteur quand les prix s'emballent
Par Sandrine Grumberg le mardi 19 février 2008, 09:23 - Bonnes Pratiques - Lien permanent
Alors bien sur, ce n’est encore qu’un murmure, mais tout indique que cette année sera une année difficile, voire une année de récession aux Etats Unis, et surement dans le monde également, par contagion. La génération d’acheteurs qui a commencé à travailler dans les année 90 , début du grand boom de la fonction, n’ont connu qu’un marché de baisses de prix. Les effets de levier, la mondialisation, tout a fonctionné pour que les prix baissent d’années en années, jusqu’à associer l’image d’un bon acheteur aux seules économies qu’il produit. Mais voilà que les prix ont commencé à augmenter depuis 1 an ou 2, doucement, des tentatives, mais désormais c’est clair le marché se transforme. Bien sûr, le pétrole augmente, les matières se font rares depuis que la Chine en consomme beaucoup, mais aussi, les effets « d’aubaine » se multiplient pour augmenter les prix, et il est vraiment très compliqué de trier et de comprendre toutes les hausses actuelles. Alors comment faire son travail quand on est acheteur et que le marché change ?
Il faut commencer à reprendre quelques fondamentaux de notre
métier :
Les fournisseurs : les connait on vraiment ? depuis
quand date notre dernière visite ? Vous seriez étonné par les opportunités
développées lorsque l'on quitte son bureau pour aller rencontrer nos
fournisseurs. Il faut savoir solliciter la créativité des fournisseurs, et pas
seulement à travers des appels d'offres. Le développement des fournisseurs est
une partie essentielle du métier de l'acheteur, et ce développement commence
par l'intérêt porté à ses installations, investissements, recherches,
idées...
Le prix : il se détaille, s’étudie, se compare, se
décortique. La part matière, la part de la main d’œuvre, l’emballage, la
logistique, en y ajoutant le traitement des déchet, et les coûts de non qualité
rencontrés au cours de la vie du produit. L’introduction du coût complet
d’acquisition est une bonne façon de pouvoir envisager une négociation même
lorsque les conditions du marché sont difficiles.
Le besoin : de même que pour le prix, un besoin d’achat
s’analyse, et l’acheteur a aussi son mot à dire, c’est le questionnement des
cahiers des charges, et la remise en cause des habitudes d’achats. Les matières
évoluent, les technologies aussi, l’automobile l’a bien compris, et les
équipements remettent en permanence en question les plans, cela peut s’appeler
du « re-engineering »(on remet les plans à plat) « design to cost
»(conception à coût objectif) « re-design to cost » (on remet un
produit à plat avec un cout objectif) etc… et cela peut aussi s’appeler
l’eco-conception bien sur. J’ai déjà évoqué ce sujet, et les exemples de
réussite de ce modèle se multiplient, il suffit de lire les très nombreux
articles sur le net qui circulent.
Acheter devient plus difficile, mais c’est sûrement maintenant que le métier d’acheteur devient passionnant et peut vraiment acquérir toutes ses lettres de noblesse…