La fermeture du site de Gandrange aura des répercussions importantes chez les sous traitants nombreux à travailler très régulièrement sur ce site. De très nombreuses activités de maintenance, de chaudronnerie ont été externalisées au fil du temps auprès de fournisseurs de la région, qui ont pu s’équiper et embaucher. Les médias n’ont pas parlé de ces sociétés toutes petites et moyennes qui vont vivre des temps très difficiles dans les semaines et mois à venir. Pour être sous traitant et travailler dans ce type de grand groupe il faut pouvoir accepter, entre autre :
Les conditions de paiement pénalisantes (90 jours) alors que la plupart des PME n’ont pas les moyens d’imposer les mêmes conditions à leurs fournisseurs et règlent souvent leurs dépenses à 60 jours. On voit immédiatement les impacts sur le Besoin en Fonds de Roulement des sociétés.
Les certifications sécurités spécifiques qui selon que l’on travaille pour Arcelor ou PSA ne seront pas les mêmes et qui sont des coûts supplémentaires à charge des sous traitants.
Il faut souhaiter que les acheteurs de ce groupe se soient attachés à ne pas représenter plus de 20 % du chiffre d’affaires de leurs sous traitants, mais j’en doute. La tentation est toujours grande de donner plus d’affaires pour obtenir des économies d’échelles… Et pourtant, charger un fournisseur au delà de 20% du CA, c’est le mettre en danger, tout acheteur le sait. La loi Jacob/Dutreil 2006 tente de clarifier les relations acheteurs/vendeurs, et proscrit, entre autre, l’arrêt brusque de relations commerciales, mais rien ne peut contractualiser le cas de fermeture de site. Et le donneur d’ordre n’est pas obligé de compenser le manque à gagner dans ce cas.