Acheter à l'étranger en se posant les bonnes questions
Par Sandrine Grumberg le lundi 10 décembre 2007, 10:20 - Décryptage - Lien permanent
Airbus a demandé mi novembre, à tous ses sous traitants une baisse de 20% de leurs prix, en les engageant , notamment, à développer leurs achats dans les pays à bas coûts, et depuis quelques jours, on décode.. Et désormais, la stratégie est affichée : vendre en dollar, et acheter en dollar plutôt qu’en euros, et de préférence dans les pays à bas coûts ...Alors pour réduire les coûts, de nombreuses stratégies peuvent être étudiées en interne, y compris l’achat dans les pays à bas coûts. Mais pour celui qui se lance pour la première fois dans l'achat international, les frais financiers seront loin d’être à négliger, et le choix de la monnaie d’échange sera essentielle, sans compter les déplacements sur place et les risques à savoir anticiper Un produit acheté 100 $ en janvier de cette année valait 193 €, il vaut désormais 220 €.
Et si personne ne peut prédire l’évolution d’une monnaie, cela vaut
également pour les matières : le cuivre a flirté avec 8000 $ la tonne,
pour redescendre autour de 6600 $/T, ce qui en euros donne le vertige tout de
même avec la fluctuation de la monnaie en plus...Alors si vous devez acheter
hors de nos frontières, posez vous les bonnes questions
:
- La monnaie. Un acheteur peut avoir le privilège du choix
de la monnaie, alors, si la facturation d’une société est principalement en
euros, mieux vaut essayer d’acheter en euro, les frais financiers seront moins
importants puisque la couverture des taux de change ne sera pas à être suivie
par la banque de l’acheteur. Si vous devez payer en devise étrangère en dollar
par exemple, essayez de fixer un cours au moment de l’achat.
- Les délais de livraison et les frais
d’immobilisation
- Les conditions de paiement. Dans les pays dits
"émergents", les vendeurs chercheront la sécurité de paiement, alors toujours
dans le même esprit, attention aux frais bancaires.
- Le choix de l’incoterm, et les frais assurances. Préférez
le DDP (tous frais payés sauf emballage et déchargement final) , et parlez avec
votre client du choix du transitaire, il vaut mieux payer plus cher, et être
sur de recevoir le matériel dans de bonnes conditions (sans blocage en douane,
ou endommagement pendant le transport).
L’achat international ne s’improvise pas, il peut être une
bonne solution, mais si vous n’en avez jamais fait, cherchez des conseils
auprès de professionnels des achats. Les coûts s’additionnent vite, et la note
être salée. Il faut aussi donner une chance à vos fournisseurs actuels autour
de chez vous . Ils auront peut être des solutions à vous proposer qui peuvent
réduire vos prix : une réorganisation de la production, un changement de
plan, un chantier Kaizen, etc..Comparer les coûts complets et pas seulement les
prix est un vrai début. Les questions sont à soulever avant l’achat, quand on
se les pose après, cela s’appelle un litige et plus une question…

