Bien curieuse question posée par France 2 pendant un reportage qui concernait les producteurs de viande de porc. Le problème posé était l'impossibilité apparente pour les producteurs de répercuter les hausses du blé. Et toujours cette question, à qui profite les hausses ? Nous sommes pourtant dans une économie de marché depuis quelques temps maintenant, et pourtant, vendre du blé avec un prix à la hausse quand l'offre est à la baisse sur le marché semblait représenter un mystère. Ah oui, évidement, ce reportage sur la viande de porc, aurait pu conduire à une rencontre avec un producteur de blé, mais non, trop simple. C'est un producteur de lait (oui...) qui expliquait, que le lait était à la hausse, mais qu'il n'en bénéficiait pas vraiment , car il fallait acheter des céréales pour nourrir les animaux et que les matières étant à la hausse... Bref, je ne vois pas vraiment la malice à générer un profit supplémentaire si les prix sont annexés à un cours officiel. Trop simple, sûrement. Pour ajouter à la complexité, selon les producteurs interrogés par France 2, l'alimentation entre pour 70 % dans le prix de la viande,.......seulement pour 7% selon l'Association des producteurs de bé, qui a décomposé l'impact des céréales dans le prix du pain et du porc. Allez comprendre...

Maintenant, rien n'explique les raisons qui conduisent un acheteur à accepter une hausse de prix. Alors, voilà quelques pistes. Tout d'abord, le contrat d'achats, la commande. Si l'acheteur a indiqué des prix "fermes et non révisables", rien ne peut le contraindre à réviser sa copie. Il ne reste que pour l'acheteur a attendre le renouvellement de sa commande. Sauf s'il a une clause de protection dans ses conditions générales de vente, qui aura été acceptée, ou n'aura pas été contredite par les conditions générales d'achats de l'acheteur (le juridique est très subtil..). Et , au passage, tant pis pour l'acheteur qui aura acheté de l'inox depuis le début de l'année en prix ferme. Les cours se sont effondrés passant de 2000 €/T à moins de 800 €. Je ne suis pas très sûre d'ailleurs de la répercussion de ces baisses pour le consommateur moyen d'un produit final à base d'inox...c'est un autre débat.

Viennent ensuite les indices de prix. Là encore, c'est dans la commande que l'on trouvera la réponse, et dans l'analyse de la décomposition des prix. La part matière est clairement identifiée et liée à un indice clairement référencé. L'acheteur pourra toujours se protéger en se réservant le droit de pouvoir rompre son engagement sous certaines conditions de hausse de prix. Mais là encore, c'est lors de la négociation, avant que la commande ne soit acceptée que la variation du prix va se dessiner.

Le risque de hausse des matières est, évidement, à prendre en compte, et à être anticipé lors d'un achat. L'anticipation consistera en des réflexions stratégiques sur la substitution par d'autres matières, la réduction des quantités utilisées ou des déchets produits, une réflexion de fond sur l'impact de la hausse et sa répercussion possible sur le prix final ou sur sa façon d'acheter.