On peut sûrement parler d'accord gagnant-gagnant avec la récente opération Vélib financée par JC Decaux contre l'exclusivité de l'affichage publicitaire de la mairie de Paris. Les fournisseurs sont ils des philanthropes ? Non, pas du tout, ils ont même en projection le doublement de leur chiffre d'affaires, tout simplement parce que les panneaux seront déroulants...Et maintenant, coté vélos, ils sont français, des Lapierre, super qualité, même pas des « made in China », ....mais, pourtant, pas fabriqués en France.

Décryptons ensemble la, ou les méthodes achats utilisées : Un appel d'offres de la ville de Paris avec une quantité de panneaux d'affichage en réduction (1628 contre 2000, voir l'article d'Agpress ) , et une demande de soumission d'un nouveau projet, donc un cahier des charges fonctionnels pour un service gratuit à inclure dans l'offre. Il faut savoir que les abri-bus, et plus généralement le mobilier urbain, sont régulièrement fournis par le biais des annonceurs, puisqu'ils servent maintenant quasiment tous d'affichage publicitaire. Les soumissionnaires ont surenchéris, rappelez vous également l'été dernier, dans les quantités de vélos fournis, 15,000 puis finalement un peu plus de 20600.. Et c'est finalement JC Decaux qui a été retenu.

Et maintenant, les achats coté de l'annonceur. Il doit financer tout le projet et a donc du définir un budget prévisionnel. Appel d'offres ou pas, l'histoire ne nous le dit pas, mais on imagine quand même la pression sur les fabricants de vélos.. C'est Lapierre qui est retenu principalement. Et Lapierre choisi de délocaliser, pourquoi ? Il s'agissait là, on imagine, pour JC Decaux, de conserver le budget prévisionnel, tout en augmentant la quantité de vélos, sans revenir sur les acquis de technologie ou de qualité, une solution ? La conception à coût objectif. Les ingénieurs de notre fabricant de vélo ont du plancher, et puis les directeurs des achats, pour savoir où et comment réduire les coûts, en achetant moins cher les composants, voire tout le vélo, une étude « make versus buy » ou « faire ou faire-faire » pour faire plus simple, a déterminé les choix des lieux de fabrication. Dans ce cas, c'est l'usine du groupe auquel appartient Lapierre, située en Hongrie, qui a réalisé les vélos.

En bref, un dossier achat bien mené à la fois du coté de la mairie, et du coté de JC Decaux, même si l'on ignore beaucoup de détails sur les contenus de toutes les transactions.