Les achats dans tous leurs états...

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Réduction de couts

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vendredi 21 octobre 2011

METAUX, ACHATS ET VOCABULAIRE


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/// J’ai assisté la semaine passée à une journée de conférences de l’Usine Nouvelle sur les métaux. Les conférenciers étaient très inégaux mais la journée était intéressante pour qui souhaitait mieux comprendre les achats de métaux, et notamment les métaux rares comme les terres rares.

Quelques détails sur 3 approches : Offtake, Tolling et Hedging :

Le vocabulaire tout d’abord, toujours très anglais dés qu’il s’agit des achats, avec des notions très spécifiques comme les contrats « OffTake » mentionnés pour les terres rares. Un contrat OffTake, c’est un accord passé entre un producteur de ressource, et un acheteur de cette ressource, d’acheter et de vendre la future production du producteur. Normalement un contrat OffTake est négocié avant les constructions ou l’aménagement des sites d’extraction des matières. Comme dans l’exemple de cette annonce d’accord de la société Avanti pour l’extraction d’oxyde de molybdene (http://www.avantimining.com/s/NewsReleases.asp?ReportID=423863&_Title=Avanti-Mining-Announces-Off-Take-Agreement-Commitment-and-a-Partnership-Let... ). Cet accord décrit clairement une partie de l’accord, le financeur s’engage à acheter 10 à 20% des quantités produites et dans le même temps finance une partie de l’installation, les contrats offtake ont été mentionnés à plusieurs reprises dans durant les interventions, notamment pour les terres rares.

Une autre expression mentionnée : le tolling. Le tolling agreement, serait le traitement d’une matière par un tiers rémunéré pour ce service. La traduction serait le travail à façon, un exemple simple, fournir de l’or à un orfèvre pour faire réaliser un bijou…

Enfin, le Hedging, intéressant à considérer quand on vit des incertitudes des variations de prix des matières comme nous le vivons en ce moment. Il s’agit de neutraliser les risques lors d’une transaction, en transférant le risque à son client. Par exemple, un client confie une commande importante, dont un des composants clés est le cuivre. Sur ce cuivre, le client peut accepter une clause de révision de prix, ou de geler le prix de la matière au niveau exact que paiera le fournisseur le jour de l’accord. Le fournisseur, de fait, peut acheter le cuivre, sans prendre le moindre risque. C’est le hedging, dans les grandes lignes, et cela permet de sortir de spéculation risquée sur des matières sur lesquels nous n’avons pas de visibilité.Voir l'info ici
La journée a débutée sur un constat : seulement 8% des entreprises reporteraient aujourd’hui les hausses matières sur leurs clients. Les acheteurs feraient donc mieux leur travail dans les grandes entreprises en refusant l’évidence des hausses matières ? Quels sont les arguments à mettre en évidence pour transférer le poids de ces hausses ? Les refus de hausse, quelles implications pour les fournisseurs et sous traitant ? Est ce qu’il ne s’agit que de négligence de la part des vendeurs qui oublient de facturer les hausses ? Malheureusement, aucune de ces questions n’a été traitée, mais des points intéressants sont ressortis de cette journée. Tout d’abord, une présentation de François Loos, ancien ministre 2005-2007 et actuel député du Bas Rhin, qui détaille la fin de 3 utopies : la fin de la croissance sans fin, Le libre échange qui est limité par des oligopoles puissants, organisant des pénuries pour mieux augmenter ou préserver leurs marges et par l’accès aux matières premières qui a remis en scène la diplomatie des états pour les matières première, la troisième utopie effondrée est celle de l’intérêt général porté par les états allant libérer d’autres états mais qui souhaitent ensuite rafler tous les marchés…

Intéressante aussi sa lecture des réponses mises en place par les entreprises, j’en ai retenu deux : le bouc émissaire et l’exportation des contraintes, on pourrait même dire l’externalisation ou l’outsourcing des contraintes en langages d’acheteur…

Le bouc émissaire ? La Chine bien sur, monstre inventé par les mêmes entreprises qui n’hésitent pas, pour réduire les prix à le faire croitre, et à qui, par les transferts de technologies, brillamment imposés par le gouvernement chinois, de très nombreux savoir ont été donnés. La Chine a été dans toutes les présentations qui ont ponctuées la journée. Le cas le plus éloquent a été les terres rares évoquées par Rhodia. Les terres rares sont dans tous les produits électroniques, la production mondiale n’excède pas 250 tonnes par an, et les quantités utilisés dans un téléphone ou une télé sont infinitésimales. Mais c’est une guerre désormais qui est déclarée ; la Chine livre au monde 97 % de ses besoins en terre rare, et ce n’est pas parce que son sol est plus riche qu’ailleurs, non, c’est seulement le fruit de décision de sourcing qui se sont concentrées en Chine parce que les terres rares y étaient vendues moins chères… sauf que la Chine a mis en place des quotas, et qu’elle a divisé par deux sa volonté de vendre ces composés. La traduction immédiate, des hausses de prix atteignant 100 %... mais les quotas, n’ont pas simplement été mis pour plus de revenus, non, la moitié des terres rares provenaient de mines artisanales, ou illégales exploitées hors de toute volonté de protection environnementales, et oui, en Chine aussi, l’environnement peut être protégé. Comment tous ses acheteurs de terre rare pouvaient ils cautionner cette mise en danger ? Apparemment, c’était bien le cadet de leur soucis. Avec la hausse des prix, rassurons nous, il va devenir moins cher de les produire ailleurs…

L’exportation des contraintes ? Tout simple, le mur vert mis en place en Europe (Reach, ROHS, Taxe carbone, recyclage) ça coute plus cher que de ne pas le payer du tout, c’est pourtant exactement les stratégies suivies par de très nombreux acheteurs, sans en être forcément conscient ? peut être, mais évidemment, tous les investissements de mise au norme, de traitement des déchets, des effluents, etc… ne sont supportés que dans les pays qui les imposent, or quand une PME française est brutalement mise en concurrence avec son équivalent Chinois, la différence des prix a une raison qui n’est jamais chiffrée par les acheteurs, qui cautionnent donc les conditions de travail inacceptables pour nous, ou les pollutions que nous ne voulons plus chez nous. NIMBY, c’est l’acronyme qui devrait accrocher le plus notre attention : « pas dans mon jardin », ailleurs la pollution, ailleurs l’exploitation, ailleurs, mais surtout, toujours moins cher….

Eclairage intéressant sur les besoins actuels et à venir en Chine, le taux actuel d’urbanisation est d’environ 50 %, il devrait à terme atteindre 80 a 90 %. Les mètres carrés par habitant sont actuellement de 12 à 13 m2, ils passeront progressivement aux standards occidentaux de 35 m2, c’est donc en grande partie, l’urbanisation qui pèse sur les cours de l’acier, et pour longtemps. La plupart du minerai part en Chine (60 % du minerai de base Seaborne). A souligner également le manque d’ambition quant au recyclage des ferrailles, partant pour les plus gros volumes en Turquie, plus gros recycleur de matière ferreuse dans le monde !

mardi 27 mai 2008

La réduction des coûts, la formule 1 du moment !

la réduction des coûts est de toutes les communications, même là où personne n'irait la chercher (lire l'article de Libération ). Mystérieuse chez EADS la politique de réduction des coûts s'affiche, et est directement à l'origine de l'amélioration de la rentabilité de multiples entreprises en 2007, Schneider, Adidas, Air France, etc... par de multiples approches, pas toujours liées à des réductions d'effectifs d'ailleurs, mais aussi à des remises en cause des politiques d'achats dans les entreprises, pour le meilleur ou pour le pire..
Un indicateur intéressant : la cote des métiers en "or" (à lire dans cet article de Challenge ) où le métier de directeur des achats figure en bonne place. La réduction des coûts s'assume donc, décomplexée, en cessant de se cacher derrière cette formule agressive et parfois floue,de Cost Killing, bien au delà donc, de la simple sémantique.
C'est plutôt rassurant, car une société qui est rentable est une société qui saura investir dans la recherche, dans des moyens de production moderne, dans des formations de qualité. Un des clichés du monde des achats est de penser qu'un acheteur fuit les sociétés gagnant de l'argent, bien au contraire ! Une négociation sera forcement plus riche de sens, même si moins facile aussi, avec des sociétés soucieuses de leur rentabilité, qu'avec une société exsangue et prête à tout pour prendre une affaire. Une politique de réduction de coûts bien menée ne se fera pas au détriment ni des fournisseurs (un peu quand même...) ni de la qualité des produits, je vous renvoie pour cela à la lecture d'un article vraiment intéressant (voir ici). Encore un cliché à faire tomber : qu'on ne peut réduire les coûts qu'en pensant forcément "pauvre" produit, produit "low cost". Même si dans ce domaine de réduction des coûts, la gigantesque "panne" du trafic aérien le mois dernier aux Etats-Unis, qui a cloué au sol des centaines d'avions aprés que certaines compagnies aient tellement tiré sur la corde des économies que des fissures assez graves sur les avions ont été constatées (ces compagnies ont due payer de fortes amendes et remettre au norme tout leur parc en quelques semaines), conduisent à penser que comme dit plus haut, ces approches sont pour le pire quand elles sont vues à court terme, mais aussi pour le meilleurs quand elles sont réfléchies et construites à long terme, dans un vrai projet d'entreprise.

mardi 13 mai 2008

Les PME sont elles trop riches ?

Alors que toutes les dépenses des grandes entreprises sont passées au crible des services achats, une grande partie des PME françaises peine à hisser les leurs au sommet de leurs préoccupations quotidiennes. Les achats stratégiques restent pour la plupart la chasse gardée du dirigeant et le reste s’éparpille auprès des nombreux acheteurs improvisés de l’entreprise et donc auprès des nombreux, voire souvent, trop nombreux fournisseurs. La course au développement du chiffre d’affaires reste très logiquement une préoccupation majeure, mais la rationalisation des dépenses est souvent ignorée. Sauf bien sur, quand il n’y a plus du tout de trésorerie et que les robinets se ferment totalement.

Et pourtant, la rationalisation des dépenses est la portée de toutes les PME et s’avère être un gisement important d’économies que ce soit des économies d’argent, de stock, ou de temps.

1ère piste : l’acheteur. Les acheteurs ne sont pas les grands amis des employés de l’entreprise, car toujours vus comme les empêcheurs de tourner en rond : Ils veulent des cahiers des charges ou des demandes d’achats bien rédigés et détaillant les besoins, alors que bien souvent cette étape préalable à une bonne intervention achats est vécue comme une perte de temps par le technicien, le chef d’atelier ou l’ingénieur… Comment assurer une bonne mise en concurrence si le besoin n’est pas défini correctement ? C’est souvent là que le bât blesse. Et pourtant, l’arrivée d’un acheteur dans une entreprise, c’est l’occasion de remettre un peu d’ordre dans des achats souvent dispersés et les économies sont au rendez vous…

2ème piste : le conseil. Un œil professionnel identifiera rapidement les potentiels et les points à modifier. Les personnels extérieurs sont efficaces car ils n’ont aucun « parasitage » de la vie quotidienne dans leurs actions, et les dirigeants peuvent accepter/écouter un diagnostic qu’ils n’auraient pas forcement écouté venant de leur personnel. Là encore, les économies sont au rendez vous d'une action bien ciblée.

Ce matin encore, Adidas annonce un bénéfice net en hausse de 32 % grâce à la politique de réduction de coûts menés avec les fournisseurs, pendant que Lafarge indique que son objectif de réduction de coût de 340 m€ a été dépassé et devrait atteindre 400 m€… Dans La Tribune ce matin un autre angle « le business vert : vendre plus et dépenser moins » : les achats sont partout alors les PME, trop riches pour l'ignorer ?

jeudi 13 septembre 2007

Les pays à "bas coûts" ont toujours la cote !

Psa vient d'annoncer un plan de réduction des coûts, en annonçant, en autre, le doublement en valeur des achats dans les pays à bas coûts, qui passerait de 22 % à 47 % ! Les sous-traitants français et européens de PSA vont certainement encore souffrir. Et pourtant, les meilleurs gisement sont sûrement chez leurs fournisseurs, et les clés autour des sites existants... La stabilité des relations, et le développement des fournisseurs sont les piliers du succès. Mais pour cela il faut accepter que du temps s'écoule entre l'idée et le résultat, sortir de la notion de "Quick Wins" (gains immédiats) qui anime encore beaucoup trop de politique achats ! et qui est largement influencé par les publications de rapports annuels. Les acheteurs ont décidément bien du mal à se sortir du paradigme acheteur=réduction des prix!!!

Avec tous ces fournisseurs loin des sites de production de voitures, il sera sûrement délicat de réussir ce que GM a annoncé il y a peu avec sa 8eme usine n'émettant pas de déchet ! 97 % des déchets, 7,300 tonnes, seront recyclés ou réutilisés, les 3 % restant étant convertis en énergie sur un site dédié. En 2006, l'usine de Baltimore a recyclé, réutilisé ou convertis 99% de ses déchets...

vendredi 18 mai 2007

Le luxe du moment : l'encre !!

Eh oui, l'encre, les cartouches d'encre plus précisement (source Le Monde ) Le prix au litre avoisine tranquillement 1500 € le litre, de quoi donner le vertige, surtout quand on pense aux critères souvent choisis pour acheter son imprimante couleur : la rapidité d'impression ? le prix ? les couleurs ? Faire ses photos ? mais au fait, à combien reviennent elles vraiment ses photos quand on met bout à bout le prix des cartouches d'encre et du papier.. et sans oublier les impressions ratées qui vont directement à la poubelle. Peut on changer le scanner s'il tombe en panne ? et la tête d'impression ??

Eh bien, vous venez de débuter une réflexion de Cout Total d'Acquision ou Cout Total de Possession plus connu sous le doux diminutif de TCO de l'anglais Total Cost of Ownership. Pas trop compliqué et pourtant tellement important avant d'investir dans un équipement qui finalement vous reviendra à bien plus en fin d'année. Se livrer à cet exercice permet de bien réflechir au besoin réel d'investissement, et de choisir en toute connaissance de cause l'équipement, le produit ou le service qui répondra le mieux à vos attentes.

Revenons à nos cartouches d'encre, pour nous poser la question de la transparence de la communication : ont elles toutes clairement affichée la quantité contenue ? non, et la différence des prix s'explique aussi là, et acheter 5ml ou 15 ml ne conduira pas à la quantité d'impression !! qui dit encre dit pigment, pour produire la couleur, ont elles toutes leur formulation indiquée ? non, et là, même opacité pour les cartouches d'origine comme pour les produits "génériques".

Dans l'industrie, on cherche toujours à bien définir le produit acheté en établissant une spécification technique, mais bien souvent en matière d'achat "non stratégique", on néglige souvent la spécification, et c'est dommage, car même dans ces achats, les gisements de réduction de couts intelligents existent....

vendredi 4 mai 2007

Cost killer ou Cost Manager ?

Littéralement, un "cost killer" est un tueur de coût, et le "cost killing" est la démarche associée. Agressif ? surement. Cout terme ? également. On ne trouve pas l'association du terme Cost Killing à des démarches de réduction de coût à long terme. Alors c'est mal ? pas toujours, mais risqués si le Cost Killer agit comme Attila et ne développe que des recherches de gains immédiats. L'emblème en est surement l'enchère inversée, un outil plutôt interessant mais totalement perverti par son unique focalisation sur le prix ! Alors, plutôt que de "tuer" vos coûts, réduisez les ! Il faudra chercher à les aprivoiser, à les analyser, à les comprendre pour les réduire durablement. Au delà de la simple économie, la réduction des couts permet de développer la compétitivité de l'entreprise, et donc sa rentabilité. Alors, partant pour le management des coûts?