La fermeture du site de Gandrange aura des répercussions importantes chez
les sous traitants nombreux à travailler très régulièrement sur ce site. De
très nombreuses activités de maintenance, de chaudronnerie ont été
externalisées au fil du temps auprès de fournisseurs de la région, qui ont pu
s’équiper et embaucher. Les médias n’ont pas parlé de ces sociétés toutes
petites et moyennes qui vont vivre des temps très difficiles dans les semaines
et mois à venir. Pour être sous traitant et travailler dans ce type de grand
groupe il faut pouvoir accepter, entre autre :
Les conditions de paiement pénalisantes (90 jours) alors que la plupart des PME
n’ont pas les moyens d’imposer les mêmes conditions à leurs fournisseurs et
règlent souvent leurs dépenses à 60 jours. On voit immédiatement les impacts
sur le Besoin en Fonds de Roulement des sociétés.
Les certifications sécurités spécifiques qui selon que l’on travaille pour
Arcelor ou PSA ne seront pas les mêmes et qui sont des coûts supplémentaires à
charge des sous traitants.
Il faut souhaiter que les acheteurs de ce groupe se soient attachés à ne pas
représenter plus de 20 % du chiffre d’affaires de leurs sous traitants, mais
j’en doute. La tentation est toujours grande de donner plus d’affaires pour
obtenir des économies d’échelles… Et pourtant, charger un fournisseur au delà
de 20% du CA, c’est le mettre en danger, tout acheteur le sait. La loi
Jacob/Dutreil 2006 tente de clarifier les relations acheteurs/vendeurs, et
proscrit, entre autre, l’arrêt brusque de relations commerciales, mais rien ne
peut contractualiser le cas de fermeture de site. Et le donneur d’ordre n’est
pas obligé de compenser le manque à gagner dans ce cas.
Pratiques douteuses...
lundi 4 février 2008
Fermeture de site, les sous traitants sont concernés
Par Sandrine Grumberg le lundi 4 février 2008, 21:10
mardi 21 août 2007
Les sous traitants en question ...
Par Sandrine Grumberg le mardi 21 août 2007, 11:03
Nous avons tous suivi, cet été, les campagnes de rappels de jouets américain. Le fournisseur de ce fabricant qui a sous traité à un autre la réalisation d'opérations qui se sont avérées hors du cahier des charges, et potentiellement dangereuses...Et pourtant, le fabricant de jouet est certifié, et son fournisseur aussi, alors, que c'est il passé ? De même, ce manège qui tue, et dont la réalisation d'une pièce par un sous-traitant serait la cause. Dans ce cas là aussi, le cahier des charges n'aurait pas été respecté. On le voit, sous-traiter n'est pas simple, et sans contrôle, ou à contrôle minima, tout va bien ... jusqu'à l'incident, ou pire. Et à partir de là tout s'enchaîne. Les sous traitants ne sont pas les seuls en cause, les acheteurs le sont aussi. Et il est un peu facile de sombrer dans l'anti-"made in china"..
Trop souvent, les contrats de sous-traitance se limitent à définir les prix, les quantités à produire, la qualité des pièces ( mais pas forcément leur contrôle, ou seulement, un contrôle de départ..), les délais, etc...mais couvrent mal ou à peine les risques potentiels : les pertes d'exploitation, les retards de livraison, le financement des campagnes de rappel, la destruction des produits incriminés...
Tout ce joue pourtant dans la définition des risques et dans leur prévention. Et là encore, tout se négocie. Parler des coûts d'une campagne de rappel des produits avant de placer les commandes, incitera sûrement à la prudence de la part du sous traitant.. Il faut aussi aller régulièrement lui rendre visite, pour savoir si rien ne se dérègle. La sous-traitance, de même que l'externalisation, n'est pas simple et requiert de l'attention, des moyens humains et une bonne connaissance juridique. Acheter loin ou près de chez soi ne change rien aux enjeux. La différence est, peut-être, une méconnaissance de la langue et de la culture du pays choisi qui fera que nous ne ressentirons pas si notre interlocuteur a réellement compris notre demande... A lire, l'article du magazine Capital du mois d'août sur la fabrication chinoise.
mercredi 30 mai 2007
Acheter... un prix
Par Sandrine Grumberg le mercredi 30 mai 2007, 21:14
Vus dans Le Monde et dans le Figaro de nouveaux scandales de produits en provenance de Chine. Stigamiser le fournisseur bien sûr... mais au fait, où sont les acheteurs de ces produits ? Où est leur cahier des charges ? Quand a eu lieu leur dernière visite sur place ??? La tentation d'acheter un prix, la course à la bonne affaire.. on imagine tous le prix au rabais de ce dentifrice tueur...