Les achats dans tous leurs états...

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Pratiques douteuses...

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 3 mai 2010

Les enchères inversées toujours et encore

On les croyait disparues, mais, non, elles sont encore vivantes. Ariba a publié en début d’année, un papier « When did auction become a bad word ? » (Littéralement quand les enchères sont-elles devenues un gros mot ?) pour parler, assez bien d’ailleurs, de cette pratique. Mais à sa lecture, on se dit que les temps doivent être durs pour les vendeurs de ces soft informatiques.
Je n’ai, de mon coté, jamais ni compris, ni apprécié les enchères inversées, ou reverse auction. A leur apparition, dans le milieu des années 90, j’ai pu assister à des expérimentations ratées auprès de collègues qui s’étaient portés volontaires. J’ai le souvenir particulier d’une enchère lancée sur des dizaines de références de joints mousses, sur les base de plans et de spécifications alors habituelles. L’effervescence du groupe suivant les prix baissant en direct, et un fournisseur qui sort vainqueur, un « challenger » n’ayant aucune expérience avec notre entreprise. Bien sur, l’expérience a été un fiasco, et lorsque les audits et les mauvais débuts des relations techniques ont cassé l’accord passé, c’est sans gloire, que les fournisseurs historiques ont été recontactés.

Ariba voit 4 points qui expliquent la réticence des acheteurs et des sociétés envers cette pratique :

1. Parce qu’ils les ont vécu en tant que fournisseur

2. Le processus impersonnel gomme des années de relationnel

3. Ils n’ont jamais été capables d’implémenter l’ensemble des économies réelles ou potentielles de précédents projets similaires

4. Ils sont inquiets car si des économies se dégagent c’est leur action passée d’acheteur qui sera remise en cause par leur hiérarchie.

Plutôt bien vu, et je vous laisse méditer le passage suivant : «est ce que les enchères sont une course au meilleur prix ? bien sur ! Mais les enchères ne sont pas que cela, et les fournisseurs peuvent se distinguer eux même de leur compétition en offrant des biens de hautes qualité de service et de support ».

Ce n’est pas pour rien, si le législateur français à statué en 2005 (article 51 L. 442-10) sur ces pratiques en doublant le délai de rupture de relation commerciale, en imposant la transparence, pour résumer, en définissant des règles de bonnes conduites. Ces règles n’existent pas à l’échelle européenne ou mondiale, me semble t il, ce n’est donc qu’en France, que les fournisseurs peuvent être protégés de dérives.

C’est 6 pages dans La Lettre des Achats du mois de mai consacrées aux enchères, avec 10 recommandations, dont la dernière est la plus savoureuse « Encourager les perdants » pour "entretenir la relation".
Dans cette enquête, la seule utilisation intéressante qui est notée (selon moi...) : pour recréer une dynamique de concurrence là où un nombre réduit de fournisseurs avait conduit à des relations commerciales faussées.

On y apprend que c’est les « fournisseurs sont eux-mêmes à l’origine de dérives » (Lettre des Achats n°183 p 45) dont « baisse de la qualité et de la capacité d’innovation, hausse des coûts de contractualisation… ». Renversant !
Je n'ai trouvé aucune trace d'éthique, de relations durables, donc d'achats durables ou responsables, dans ces pages, ni dans toutes les pages internet consultées d'ailleurs. Sans surprise.

La seule information manquante a l'enquête de la Lettre concerne les coûts d’une enchère inversée, en effet, le recours à une enchère signifie d’une part le choix d’une suite de logicielle en SAAS (location de soft), mais aussi la formation, l’assistance. Quelques milliers d'euros ? dizaine de milliers ? Sont ils sélectionnés eux aussi par enchères inversés ? Sont ils prêts à le faire ? Comment gèrent ils alors le conflit d'intérêt de la procédure ? J’aurais aimé savoir ce que représentent les enchères inversées d’une part dans les structures de chiffres d’affaires de toutes les sociétés (gros coup de pub au passage…) et d’autre part le nombre de consultants dédiés.

Il ne faut pas se tromper, l’enchère est une technique violente, qui arrache à un prix élevé de douloureuses réductions de prix. Mais c’est aussi un business. Et ce volet là, n’est jamais traité.

lundi 19 janvier 2009

Une histoire "timbrée"

Une pub a attiré mon attention il y a quelques jours. La poste propose à tout un chacun d’imprimer les timbres de chez soic’est beau et tout simple. Mais tout de même, au delà du coté fun et sympa de l’affaire, c’est un peu limite coté achats… voyons un peu, vous fournissez l’imprimante (les cartouches…), les autocollants, et La poste vous propose un timbre au même prix que celui que vous achetez « en vrai », soit 0,55€. Même pas moins cher pour justifier le travail ou le matériel fourni.
L’intérêt pour les entreprises ou les particuliers est vraiment limité, éventuellement pour tous ceux qui ne se déplacent pas ou qui souhaitent des timbres vraiment sympa, mais pour le reste… Par contre, c’est une belle application des codes barres 2D dit « datamatrix » puisque le paramétrage des imprimantes (couleur notamment) n’a aucune importance sur le timbre en lui même, les infos sont contenues sur ce petit code installé à la droite du timbre. Ce type de code a envahi nos correspondances (téléphone, EDF, banque, etc..) et permet le stockage d’un nombre incroyable d’informations sur une petite surface, pour en savoir plus voyez la présentation sur le blog : code 2D
Code 2D Viasourcing

Le progrès est partout autour de nous, encore faut il qu’il soit un véritable atout, et en l’occurrence, les timbres « faits maison » sont plus un gadget couteux qu’une véritable révolution.

lundi 4 février 2008

Fermeture de site, les sous traitants sont concernés

La fermeture du site de Gandrange aura des répercussions importantes chez les sous traitants nombreux à travailler très régulièrement sur ce site. De très nombreuses activités de maintenance, de chaudronnerie ont été externalisées au fil du temps auprès de fournisseurs de la région, qui ont pu s’équiper et embaucher. Les médias n’ont pas parlé de ces sociétés toutes petites et moyennes qui vont vivre des temps très difficiles dans les semaines et mois à venir. Pour être sous traitant et travailler dans ce type de grand groupe il faut pouvoir accepter, entre autre :
Les conditions de paiement pénalisantes (90 jours) alors que la plupart des PME n’ont pas les moyens d’imposer les mêmes conditions à leurs fournisseurs et règlent souvent leurs dépenses à 60 jours. On voit immédiatement les impacts sur le Besoin en Fonds de Roulement des sociétés.
Les certifications sécurités spécifiques qui selon que l’on travaille pour Arcelor ou PSA ne seront pas les mêmes et qui sont des coûts supplémentaires à charge des sous traitants.
Il faut souhaiter que les acheteurs de ce groupe se soient attachés à ne pas représenter plus de 20 % du chiffre d’affaires de leurs sous traitants, mais j’en doute. La tentation est toujours grande de donner plus d’affaires pour obtenir des économies d’échelles… Et pourtant, charger un fournisseur au delà de 20% du CA, c’est le mettre en danger, tout acheteur le sait. La loi Jacob/Dutreil 2006 tente de clarifier les relations acheteurs/vendeurs, et proscrit, entre autre, l’arrêt brusque de relations commerciales, mais rien ne peut contractualiser le cas de fermeture de site. Et le donneur d’ordre n’est pas obligé de compenser le manque à gagner dans ce cas.

mardi 21 août 2007

Les sous traitants en question ...

Nous avons tous suivi, cet été, les campagnes de rappels de jouets américain. Le fournisseur de ce fabricant qui a sous traité à un autre la réalisation d'opérations qui se sont avérées hors du cahier des charges, et potentiellement dangereuses...Et pourtant, le fabricant de jouet est certifié, et son fournisseur aussi, alors, que c'est il passé ? De même, ce manège qui tue, et dont la réalisation d'une pièce par un sous-traitant serait la cause. Dans ce cas là aussi, le cahier des charges n'aurait pas été respecté. On le voit, sous-traiter n'est pas simple, et sans contrôle, ou à contrôle minima, tout va bien ... jusqu'à l'incident, ou pire. Et à partir de là tout s'enchaîne. Les sous traitants ne sont pas les seuls en cause, les acheteurs le sont aussi. Et il est un peu facile de sombrer dans l'anti-"made in china"..

Trop souvent, les contrats de sous-traitance se limitent à définir les prix, les quantités à produire, la qualité des pièces ( mais pas forcément leur contrôle, ou seulement, un contrôle de départ..), les délais, etc...mais couvrent mal ou à peine les risques potentiels : les pertes d'exploitation, les retards de livraison, le financement des campagnes de rappel, la destruction des produits incriminés...

Tout ce joue pourtant dans la définition des risques et dans leur prévention. Et là encore, tout se négocie. Parler des coûts d'une campagne de rappel des produits avant de placer les commandes, incitera sûrement à la prudence de la part du sous traitant.. Il faut aussi aller régulièrement lui rendre visite, pour savoir si rien ne se dérègle. La sous-traitance, de même que l'externalisation, n'est pas simple et requiert de l'attention, des moyens humains et une bonne connaissance juridique. Acheter loin ou près de chez soi ne change rien aux enjeux. La différence est, peut-être, une méconnaissance de la langue et de la culture du pays choisi qui fera que nous ne ressentirons pas si notre interlocuteur a réellement compris notre demande... A lire, l'article du magazine Capital du mois d'août sur la fabrication chinoise.

mercredi 30 mai 2007

Acheter... un prix

Vus dans Le Monde et dans le Figaro de nouveaux scandales de produits en provenance de Chine. Stigamiser le fournisseur bien sûr... mais au fait, où sont les acheteurs de ces produits ? Où est leur cahier des charges ? Quand a eu lieu leur dernière visite sur place ??? La tentation d'acheter un prix, la course à la bonne affaire.. on imagine tous le prix au rabais de ce dentifrice tueur...

Lire la suite...