Les achats dans tous leurs états...

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mercredi 28 décembre 2011

Produire en France, l’influence nécessaire des politiques achats des grands groupes et des marques



Il n’existe aucun chiffres publics sur l’influence des politiques d’achats des entreprises sur la création ou la délocalisation d’entreprise dans notre pays, ni d’ailleurs en Europe. Il n’existe d’ailleurs tout simplement aucun chiffre sur les politiques d’achats en France. Les seules informations qui concernent les achats sous leur forme la plus connue de consommateurs, vous et moi, mais rien sur les acheteurs d’entreprises, qui décident pourtant quotidiennement de l’attribution de marchés. La croissance est basée sur la consommation, donc sur les achats, et le drame est que les politiques d’achats ne comptent pas dans la croissance. Les achats sont pourtant désormais au cœur de la plupart des modèles économiques de notre pays.

Les acheteurs n’intéressent pas les médias, la fonction est mal traitée, subie pourrait on dire d’ailleurs, il n’y a qu’à s’intéresser un peu au monde des achats pour en constater l’autarcie. Il y a des fonctions comme celle là qui pourtant devrait mobiliser un plus grand intérêt de la part du grand public.

Quelques chiffres pourtant, les dépenses des entreprises représentent plus de 60 à70 % de leur chiffre d’affaires. On est loin, des 40 à 50 % qu’ils représentaient il y a encore 30 ans. Entre temps, un monde nouveau est apparu, le monde élargie, globalisé, et on s’est mis à acheter moins cher de plus en plus loin, sans aucune préoccupation des impacts de ces décisions sur le social ou l’environnemental. Et puis on s’est dit que finalement « faire faire » était moins cher que « faire », et l’externalisation a commencé.

Il n’y a pourtant aucune fatalité à cet état de fait, il suffirait de rendre public les politiques et stratégies d’achats des grands groupes dans les rapports annuels au même titre que, désormais, les stratégies environnementales. En rendant public ses informations, la prise de conscience des impacts seraient alors bien plus simple à comprendre et à consolider. Les aides à la relocalisation existent, mais c’est la relocalisation des dépenses des entreprises qui conduira à la relocalisation naturelle des entreprises en France et en Europe.

L’automobile a été, et reste un fort marqueur de l’entreprise en France, mais que sait on vraiment des politiques d’achats des fabricants, d’où viennent les véhicules ? les composants ?

La Chine et son influence sur le reste du monde n’est que le résultat de nos décisions, et notre acceptation.

Le commerce joue une carte importante aussi. Nous sommes un pays de tourisme, mais les dépenses profitent surtout aux grossistes qui achètent massivement, par exemple, des « souvenirs français » en Chine. J’ai été frappé à New York d’avoir pu acheter une statue de la liberté, un petit souvenir « made in USA », en revanche, à Paris, les souvenirs sont « made in China », quel intérêt d’acheter un objet a été produit aussi loin ? Est ce que l’on ne devrait accepter de payer un peu plus cher (peut être, ce n’est même pas sur…) pour produire localement et redonner un sens à la consommation justement.

Les opportunités de production sont pourtant tout autour de nous, dans le rayon des marques qui fonctionnent bien à l’étranger, « Pylônes », ces drôles d’objets très colorés et beaux, les boutiques ouvrent partout même très loin, et patatras, ils sont tous faits en Chine, quel dommage, et les prix n’ont rien à voir avec du bas de gamme… juste une opportunité de faire loin et pas cher, pour vendre à bon prix et sécuriser des profits confortables. L’ours offert par Mme Merkel lors de la naissance est une marque qui marche en Allemagne, mais aussi partout en Europe, il s’agit de Steiff, ah oui, c’est « made in Germany »…

Il semble que certains candidats à l’élection veulent punir les licenciements boursiers, je vois bien pour Fralib/Lipton, mais un peu plus difficilement pour les sous traitants obligés de suivre les donneurs d’ordres là où ils le souhaitent. Regardons de plus prés les achats des grands groupes et des marques, il y a là des gisements importants de relocalisation d’emplois!

lundi 29 août 2011

Achats de meubles, ce que personne ne voit derriére les prix bas

Prenez le temps de regarder ce site wewantfurniture , et n’hésitez pas à passer commande, c'est comme toujours avec WWF, les campagnes sont belles et fortes.

Les prix les plus bas cachent toujours quelque chose, la déforestation est invisible ici, mais elle coute cher, très cher dans d'autres pays, comme la Malaisie, le Brésil, d'où proviennent le Teck, et autres bois précieux qui ont tellement envahis notre décoration intérieure. Une génération avant nous, et les meubles étaient encore en Chêne et en Merisier, qu'est ce qui nous a pris de nous mettre à aimer les bois exotiques, et comment a t on pu fermer les yeux si longtemps sur ce qui était en train d'arriver dans les forets les plus lointaines? et non, ce n'est pas du déjà vu, non, ce n'est pas du rabâché. Cette folie collective, nous n'en paierons jamais le prix, ce sont bien les populations locales, que nous ne rencontrerons jamais, et la faune et la flore dans laquelle nous ne vivons pas qui en paye le prix.
Comment faire à notre échelle ?

Se remettre à aimer les bois locaux, et arrêter d'acheter les bois exotiques. et si vraiment, les bois exotiques sont une nécessité vitale, choisissez les certifiés FSC. Nous pourrons les choisir PEFC dans quelques temps, lorsque PEFC aura mis en œuvre et prouvé que son système de certification pouvait vraiment rivaliser de transparence avec FSC. Pour tout ceux qui souhaitent en savoir plus sur PEFC, lisez ce document du WWF wwf pefc parce que tous les labels ne se valent pas.
Le teck n'est pas le seul bois à résister aux intempéries, le robinier (faux accacia) est l'équivalent du teck sauf que c'est local. C'est le seul bois classe 4 naturellement sans traitement, sans étuvage, sans rectification.

mercredi 26 janvier 2011

Acheteurs : les bons soldats des entreprises

"L’acheteur serait donc plus un « Cost-killer » qu’un trader. Il génère du bénéfice pour son entreprise mais en retire peu de bénéfices personnellement.(...) Achat, Fournisseurs et Responsabilité Sociale et Environnementale : Du vent ! Pour 2011, seuls 39 % des Services Achats ont des objectifs en terme de Responsabilité Sociale et Environnementale et seulement 10% (contre 8% en 2010) auront des primes liées à ces objectifs. Des chiffres en décalage avec l’engagement affiché par la généralité des entreprises. Dans les secteurs Automobile-Aéronautique, les objectifs sont encore beaucoup plus bas (16%). Le champion est le secteur de la Construction avec 91% de ses services Achats qui ont des objectifs sur le sujet." c'est un extrait de l'étude HEC Agile Buyer "Les Priorités des Services Achats en 2011 ou la manière dont seront gérés les sous-traitants en 2011" à lire ici

les acheteurs sont donc de bons soldats dans les entreprises, la protection des sous traitants, et des impacts sociaux liés : emplois, développement du territoire, sécurisation de l'avenir, ne font pas partie du périmètre de leurs actions, et seule compte la recherche des économies à court terme. Les français s'extasient souvent sur le modèle allemand qui fait qu'il n'est pas rare de rencontrer de grosses PME en rase campagne, mais les achats sont fait d'une autre manière, et les sous traitants sont clairement vus comme de véritables ressources pour l'entreprise, les délocalisations provoquées par les politiques achats sont moins fréquentes qu'en France.

En professionnalisant la fonction achats,avons nous assisté sans bouger à la création d'un monstre guidé par une logique insensée de réduction de coût que nous payons et paierons tous au prix fort ?

vendredi 21 janvier 2011

LES CONFLITS D’INTERETS DANS LES ACHATS

C’est une tarte à la crème, mais les intérêts croisés n’ont jamais favorisés la transparence, l’impartialité et la liberté d’actions dans les achats comme dans toute autre activité. Un conflit d’intérêt c’est quoi ? Voilà la définition de Transparency International : « Un conflit d'intérêts naît d'une situation dans laquelle une personne employée par un organisme public ou privé possède, à titre privé, des intérêts qui pourraient influer ou paraître influer sur la manière dont elle s'acquitte de ses fonctions et des responsabilités qui lui ont été confiées par cet organisme ». (Service central de prévention de la corruption, Rapport 2004).

Les conflits d’intérêt sont traqués par les entreprises, notamment anglo-saxonnes, qui font souvent signer des engagements écrits de déclaration de conflit d’intérêt : un époux travaillant chez un client ou un sous traitant par exemple. C’est une base importante de l’éthique dans la réalisation de son travail. Le scandale actuel des médicaments a illustré un mal français ( ?) de manque de transparence dans les relations entre laboratoires et médecins. La loi obligeant les médecins à déclarer leurs conflits date de 2002, le décret d’application date lui de 2007… Pour mieux comprendre les implications des conflits d’intérêts je vous invite à regarder une présentation des « Rencontres Prescrire » datant de 2008 sur cette loi justement lien ici

Le médecin est un prescripteur, combien de prescripteurs vous entourent dans votre entourage d’acheteur : chef d’atelier, ingénieur, utilisateurs des produits,….tout autant de sources à ne pas négliger lorsque son travail est en jeu. J’ai récemment échangé avec un fournisseur désarmé qui après avoir été retenu dans le cadre d’un appel d’offres, se trouvait rejeté par les utilisateurs du produit dans les ateliers. Il ne comprenait pas et, pourtant, tout avait été mis en œuvre par l’acheteur (tout aussi désarmé) au préalable : des essais notamment, qui avaient été concluant. Les conflits d’intérêts peuvent être à l’origine de ses problèmes, les petites habitudes, ou les cadeaux, les conflits d’intérêts sont très difficiles à mettre à jour, si la direction de l’entreprise n’impose pas une attitude claire. On peut toujours critiquer la naïveté qui se cache dans la signature d’une déclaration écrite, mais n’est il pas plus naïf encore que de compter sur l’éthique personnelle ?

Martin Hirsch a brisé un tabou en écrivant son ouvrage, et en mettant sur la place publique ce sujet si important des conflits d’intérêts dans la sphère politique. C’est bien la transparence qui transforme les démocraties en grande démocratie. Travailler le sujet des conflits d’intérêts dans les entreprises est rarement entrepris et pourtant, il donnerait toute sa place et son sens à l’importance de l’éthique dans son travail.

lundi 11 octobre 2010

« Sous traitance : sus aux abus. » Les pratiques achats sous la loupe.

Lu dans le magazine l’Entreprise d’Octobre 2010. « Appel d’offres avec des prix irréalisables, désengagement brutal du donneur d’ordre, contrat commerciaux léonins… Jean Claude Vollot, le médiateur de la sous traitance nommé en avril dernier a listé une quarantaine de mauvaises pratiques. La pratique des « stocks de consignation » par exemple : elle consiste à laisser la responsabilité financière du stock le plus longtemps possible chez le fournisseur et permet au client de contourner habilement la loi LME en matière de délais de paiement. « ces pratiques conduisent à un écrasement de la marge et conjuguées à la crise, elles ont entrainé la défaillance de nombreux PME », déplore Jean Claude Volot.
Aussi le rapport qu’il a remis au ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, préconise de mieux faire appliquer les textes en vigueur et de renforcer la protection des sous traitants.
Parmi les pistes suggérées : « l’établissement d’un contrat écrit équilibré ou, par défaut, l’application de clauses types communes à négocier par filière. » ».

Son action est plus détaillée dans l’article suivant " Etats généraux de l'Industrie - J-Cl. Volot" disponible ici

La seule limite de cette action est qu’elle est française, alors que les acheteurs sont internationaux, au mieux européens, alors dans ces conditions comment s’appliqueront les recommandations ?

lundi 5 octobre 2009

Portrait : acheteur

A découvrir ce mois ci dans le magazine « l’entreprise », un portrait assez peu flatteur, mais pour le coup très réaliste des acheteurs (en page 68-69). « Les acheteurs deviennent des tyrans » et pourtant cette profession reste dans l’ombre médiatique malgré toute son influence sur l’économie. Par quel mystère ?
femme Malgré sa « professionnalisation » les acheteurs ont plutôt un profil d’homme de l’ombre, un peu comme le comptable ou le responsable qualité. Les dirigeants assument leurs stratégies, mais sont très rarement questionnés sur leurs achats, et sur l’éthique qui les commandent. Et même si les acheteurs ont rarement un intéressement sur l’économie réalisée, c’est bien la réduction des prix qui reste le cœur même de l’activité de l’acheteur.

Les exemples choisis dans l’article sont parlants. Les acheteurs imposent les contrats, et le vendeur négocie rarement ses conditions générales de vente (CGV), sauf s’il travaille dans une entreprise d’une taille équivalente à celle de l’acheteur. Je défends l’idée de Conditions Générales d’Achats (CGA) pour les entreprises de toutes tailles car les CGV sont souvent excessives, mais on voit désormais des CGA excessives à leur tour. On se trouve sur de nombreuses pages de jargon juridique compliqué qui renvoient souvent à des tribunaux américains ou anglais en cas de litige. Le jargon est d’ailleurs souvent en anglais d’ailleurs... Dans l’article, un entrepreneur avait pris la peine de le soumettre à son avocat qui avait émis des réserves sur une grande partie du document, mais en vain car le contrat était à prendre ou à laisser. C’est pourtant, d’après la loi, art. L.441-6 du code de commerce, les CGV qui prévalent sur les CGA en cas de non accord. Mais quel fournisseur poursuivra son client, même potentiel ?

L’article mentionne également les ruptures brutales de relations établies, avec ou sans contrat d’ailleurs. La loi protège les fournisseurs des caprices d’organisations achats. L’arrêt des relations commerciales s’accompagnent car elles peuvent avoir des répercutions dramatiques, et des poursuites sont envisageables, même si la encore la « raison business» l’emportera sur la loi. Il semblerait tout de même que les procès soient en hausses.

En résumé, l’image n’est pas flatteuse, et il serait bon que toutes les directions d’achats soient un peu plus exposées au grand public, et détaillent un peu plus leurs stratégies. Mais rassurons-nous, toutes les grandes entreprises s’engagent une à une dans RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise), nulle doute qu’elles se feront fort de ré-éduquer toutes leurs organisations achats.

mardi 25 août 2009

Intoxication au plomb en Chine

Nous avons appris la semaine dernière l’intoxication au plomb de plus de 2000 enfants en Chine (info du 25 aout ), bon c’est vrai, cela n’a pas vraiment fait la une des journaux... Il y a eu en France assez peu d’écho sauf pour indiquer, à juste titre, la nouveauté qu’a représentée la couverture médiatique chinoise (voir article de l’agence Chine Nouvelle ). Ce nouveau drame humain et environnemental, ouvre beaucoup de grilles de lecture, qui sont toutes très intéressantes à explorer :

1. Qui sont les sociétés mises en causes ? trouver leurs noms n’a pas été compliqué puisqu’elles étaient toutes deux mises en causes dans les différents articles de Chinadaily, Le Monde, The Times, etc… mais trouver des informations sur ces sociétés (taille, produits, clients) s’est avéré beaucoup plus compliqué. Au fil des articles (essentiellement sur des sites anglo-saxons), on parle de sociétés de taille moyenne, or un des groupes fait partie des 500 premières sociétés chinoises, donc loin d’une taille moyenne. En revanche, je n’ai pu trouver aucune information sur leurs clients. J’aurais aimé trouvé qui étaient les acheteurs de ces produits ayant intoxiqués des enfants, et leurs parents bien évidemment, mais acheter en Chine, même si c'est un évidence, reste un vrai tabou…

2. ROHS limite, voire interdit la présence de plomb dans de nombreux produits (peinture, soudure…) alors où est il encore utilisé ? Dans les batteries, bien sûr, et de façon générale dans les accumulateurs divers et variés. Et les capacités de production dans le monde n’ont cessé d’augmenter (+24% depuis 2004), les demandes ont augmenté aussi (+20% depuis 2004, voir les statistiques publiées par International Lead and Zinc Study Group). Car même si les batteries durent bien plus longtemps qu’avant, le marché automobile est toujours en développement, et encore plus dans les pays comme la Chine.

3. Alors le plomb est une consommation locale dans les pays « en développement » ? Oui et non, car si les marchés asiatiques se développent très fort, et les importations de batteries en provenance de Chine évoluent très fortement également. Les batteries plomb sont encore prédominantes sur le marché automobile, même si des substituts sont déjà très présent sur d’autres marchés (portables, piles, etc…). L'annonce de la fermeture de la très belle usine de fabrication de batterie à Sarreguemines le mois dernier, indique clairement que les batteries « made in France » ne doivent plus être bien nombreuses. Si le sujet vous intéresse, il existe des études de marché probablement très bien faites, mais aussi très couteuses (entre 2500 et 3000 €). Je n’en ai pas fait l’acquisition et vous laisserais sur votre faim coté chiffres..

4. Les tolérances de rejet sont elles les même dans tous les pays ? non, et c’est bien là tout le problème, car si les tolérances sont très faibles en Europe (qui est à l’initiative de la directive ROHS), elles différent dans tous les pays du monde, alors même que la toxicité du plomb est connue depuis toujours. Acheter en se contentant de respecter les législations locales ne suffit donc pas à garantir une politique d'achat "durable" et logique au sein d'une même société. Car comment dés lors, comparer les prix d'un même produit si les législations des pays producteurs sont plus ou moins tolérantes, donc les coûts de revient différents ?

Depuis les premiers articles paruts depuis environ le 15 aout, les usines chinoises ferment (provisoirement ?) pour que les installations soient modifiées ou que la pression médiatique se calme un peu. Mais encore une fois, les achats de produits bruts ou transformés ne se font pas sans risque, et derrière chaque prix bas se cache des coûts qui peuvent être dramatiquement élevés pour les populations locales et pour notre planète. Mais ces coûts ne se paient pas directement, ni par les acheteurs, ni pas les consommateurs, et c’est bien tout le problème…

mercredi 19 novembre 2008

Battements de cils et fabrication de papier

Dans de très nombreuses entreprises, la consommation de papier semble emblématique de l’engagement de ces dernières dans le développement durables. Nous avons tous maintenant compris que les copies recto verso réduisaient la conso, et que de manière générale, nous imprimons beaucoup trop.
Alors à tous ceux qui voudraient en savoir plus sur le papier voici quelques infos sur les fabricants de pâtes à papier. Eh oui, allons donc à la source. Et la source en France c’est 18,300 personnes employées dans l’industrie papetière, et 250,000 en Europe. Lisez, l’étude des faits et chiffres publiée par le CEPI (confederation of european paper industries), qui éclaire très précisement avec t à des chiffres précis . On y apprend que les usines de fabrication sont passées de 1555 à 1147 en Europe entre 1991 et 2007, alors que la production est passée de 73 mille tonnes à 110 mille tonnes de papier dans le même temps, avec seulement 5 mille tonnes importées !
Dans le papier, la part du recyclé a dépassé la part de fibre vierge, à 87 % pour les journaux, entre 40 et 90% pour le carton, mais à 10 % seulement pour le reste du papier. Info trés importante pour les acheteurs car les cours de papiers recyclés ont tendance à baisser fortement, une aide précieuse pour négocier...
Je vous renvoie aussi à une autre lecture tout aussi intéressante publiée par le NAPM pour défendre le papier, en décryptant 6 idées reçues sur le papier, l'étude s'appelle two sides,elle est très bien faite aussi. C'est trés utile pour se forger des convictions et ne pas se limiter qu'à des interprétations de grandes masses sur certaines idées reçues liées au papier. Il est certain que réduire sa consommation de papier est absolument nécessaire dans toutes les entreprises, mais travailler sur la façon dont est utilisée, inutilement, une partie importante du papier l’est tout autant, voire surement plus du point de vue environnemental.
Et si nous pouvons nous sentir rassuré sur la prise en main environnementale des fabricants de papier, le chantier reste assez immense du coté des imprimeurs et surtout des services marketing. Du coté des imprimeurs pour le développement de produits moins polluants (encre, vernis etc..), et du coté du marketing, pour les destinés des catalogues ou autres suremballage inutiles. Le principe du pollueur/payeur risque heureusement d’ailleurs de s’appliquer rapidement à tous ces produits….

lundi 1 septembre 2008

La rentrée des acheteurs

Les vacances passées, voici le joli mois de septembre, et pour la rentrée pour les acheteurs aussi. Mais en fait, en quoi va consister la rentrée pour la plupart d'entre eux ? C'est l'intégration du service achats dans l'entreprise qui va déterminer cette période d'une intense activité : la préparation des budgets... déjà entamée avant l'été, les budgets 2009 vont devoir s'affuter et les acheteurs et leur direction prendre des risques.
Pour de nombreuses sociétés, les réductions des coûts restent d'actualité, mais pour l'acheteur la traduction est souvent la réduction de prix que les fournisseurs vont devoir consentir à nouveau pour garder leur marché. L'économie brute restant l'indicateur par excellence. C'est dans cette période que les achats déterminent la stratégie qui sera appliquée. Nous en avons quelques exemples dans la presse depuis quelques jours, et il semble bien que le chiffre du moment soit 70 % : Dassault Aviation avec 70 % de ses achats hors de la zone euro (lire l'article ), ou Valéo avec également 70 % en toute transparence sur leur site ou enfin Schneider Electric qui l'annonçait également au printemps dans le magazine La Lettre des Achats. Bref, donc, du travail pour les acheteurs qui au delà de tous les appels d'offres à venir, ainsi que les mouvements des outillages à gérer entre les pays, ont du prévoir ce que sera en 2009, leur portefeuille de produits en terme de prix d'achats.
Les prévisions de prix sont liées aux mouvements des matières premières à venir donc très difficile à garantir auprès d'une direction, on a vu des hausses spectaculaires succéder à des baisses inattendues, et plus prévisible quoique, aux montants des coûts de travail, le paramètre logistique devrait créer la surprise dans les mois à venir compte tenu des hausses des carburants et de la volatilité des cours du fret maritime (en baisse depuis le ralentissement de la demande en Chine pour les JO, après une très forte hausse jusqu'en Aout).
Beaucoup de travail donc en perspective, les acheteurs ne sont donc pas prêts de pouvoir se libérer pour aller étudier leurs fournisseurs de plus prés, et une étude parue cet été confirme que moins de 20 % des acheteurs interrogés connaissent la stratégie de leurs fournisseurs. C'est pourtant bien chez les fournisseurs que résident les réponses à de nombreuses questions, mais bien évidemment les échanges demandent de la patience et une véritable lisibilité à cours et à moyen terme de la part des acheteurs envers les fournisseurs. Et les successions d'annonce de plan de réduction de coûts majeurs ou de transfert d'achat vers des zones dollar ne vont pas créer un climat favorable pour les acheteurs. C'est maintenant que la motivation doit être au maximum pour les équipes achats, rien de tel qu'une formation, ou une session hors site pour garantir une bonne reprise. Bonne rentrée à tous !

mercredi 30 avril 2008

L’arrêt de la loi Galland.

Le monde des acheteurs est divisé en 4 planètes : la planète entreprise, la planète publique, la planète grande distribution, et la planète des consommateurs. Ayant passé 17 ans sur la planète entreprise, j’ai du mal à saisir l’intérêt de la loi Galland, qui sous couvert de protection PME a conduit aux marges arrières et autres subtilités manquant totalement de transparence. Quand un acheteur privé négocie un contrat annuel de fournitures industrielles, des outillages à main par exemple, il négocie des remises. Même si SAM, FACOM ou KS Tools sont des PME (plus vraiment pour Facom), les remises négociées par les acheteurs d’entreprise vont de 20 à 35 % voire plus, alors que négocient les acheteurs grande distribution ? et ces 3 sociétés situées peuvent elles se comparer entre elles ? Voyons un peu plus en détail …

Que négocient les acheteurs des distributeurs ? la logistique, les remises de fin d’années, les conditionnements, les contributions financières aux catalogues, tête de condoles ou autres, etc… Quand on parle d’un prix net remise déduite dans l’entreprise, on parle du triple net dans la distribution. Car bien sûr, les contributions sont ramenées au prix pièces et les acheteurs ont la possibilité de mesurer leur efficacité.

Est ce que les PME se comparent toutes en elles ? bien sur que non, ces 3 marques citées plus haut (d’ailleurs peut être absente des référencements de la grande distribution) sont un bon exemple pour celui qui achète de l’outillage. Sam, société française de 200 personnes, fabricant, un chiffre d’affaires (CA) de 32,4 millions d’€ - Facom, société achetée par Stanley en 2005, fabricant, un CA de 4,5 milliards de - KS Tools, société française semble t il, négociant, un CA de 12,7 millions d’€. Les puissances de « feu » sont vraiment différentes et les budgets qui peuvent être dégagés sont à la mesure de leurs revenus.

Qu’est les MDD (Marque De Distributeur) ont changé au travail de l’acheteur ? un changement énorme, car pour leurs marques, les distributeurs ont toutes latitudes et le sourcing dans ce cas est libre, c’est pourquoi les MDD sont vendues moins chères en magasin. Les marges brutes sont plus importantes et c’est aussi pourquoi les distributeurs ont tout intérêt à les mettre en avant le plus possible. Quant au lien entre MDD et qualité, il est variable, comme il l’est dans les marques également.

Est ce que les acheteurs distributions vont renoncer aux marges arrières après l’abrogation de la loi Galland ? c’est bien là toute la question. Un prix remisé, c’est une facture allégée, mais de nouveaux budgets pour les distributeurs, vont ils ajouter ou augmenter des lignes de budgets ou plutôt conserver cette sorte d’acquis ? C’est sans doute sur ce point qui inquiète les PME.

Concernant les acheteurs que nous sommes tous, c’est plutôt une bonne nouvelle, les 30 % d’écart entre le panier de la ménagère allemande et française trouve une partie de leurs justifications dans cette loi. Propter, Unilever, Coca Cola, Kellogs, Suchard, etc… sont des marques vendues partout en Europe, mais pas au même prix… Juste un exemple pour qui craque pour le chocolat vendu dans un emballage rouge avec un éléphant dessus..., une barre vendue 0,65€ au Grand Duché de Luxembourg, est vendue en France 1,5 €… Allez comprendre..

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