Les achats dans tous leurs états...

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lundi 5 octobre 2009

Portrait : acheteur

A découvrir ce mois ci dans le magazine « l’entreprise », un portrait assez peu flatteur, mais pour le coup très réaliste des acheteurs (en page 68-69). « Les acheteurs deviennent des tyrans » et pourtant cette profession reste dans l’ombre médiatique malgré toute son influence sur l’économie. Par quel mystère ?
femme Malgré sa « professionnalisation » les acheteurs ont plutôt un profil d’homme de l’ombre, un peu comme le comptable ou le responsable qualité. Les dirigeants assument leurs stratégies, mais sont très rarement questionnés sur leurs achats, et sur l’éthique qui les commandent. Et même si les acheteurs ont rarement un intéressement sur l’économie réalisée, c’est bien la réduction des prix qui reste le cœur même de l’activité de l’acheteur.

Les exemples choisis dans l’article sont parlants. Les acheteurs imposent les contrats, et le vendeur négocie rarement ses conditions générales de vente (CGV), sauf s’il travaille dans une entreprise d’une taille équivalente à celle de l’acheteur. Je défends l’idée de Conditions Générales d’Achats (CGA) pour les entreprises de toutes tailles car les CGV sont souvent excessives, mais on voit désormais des CGA excessives à leur tour. On se trouve sur de nombreuses pages de jargon juridique compliqué qui renvoient souvent à des tribunaux américains ou anglais en cas de litige. Le jargon est d’ailleurs souvent en anglais d’ailleurs... Dans l’article, un entrepreneur avait pris la peine de le soumettre à son avocat qui avait émis des réserves sur une grande partie du document, mais en vain car le contrat était à prendre ou à laisser. C’est pourtant, d’après la loi, art. L.441-6 du code de commerce, les CGV qui prévalent sur les CGA en cas de non accord. Mais quel fournisseur poursuivra son client, même potentiel ?

L’article mentionne également les ruptures brutales de relations établies, avec ou sans contrat d’ailleurs. La loi protège les fournisseurs des caprices d’organisations achats. L’arrêt des relations commerciales s’accompagnent car elles peuvent avoir des répercutions dramatiques, et des poursuites sont envisageables, même si la encore la « raison business» l’emportera sur la loi. Il semblerait tout de même que les procès soient en hausses.

En résumé, l’image n’est pas flatteuse, et il serait bon que toutes les directions d’achats soient un peu plus exposées au grand public, et détaillent un peu plus leurs stratégies. Mais rassurons-nous, toutes les grandes entreprises s’engagent une à une dans RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise), nulle doute qu’elles se feront fort de ré-éduquer toutes leurs organisations achats.

mardi 25 août 2009

Intoxication au plomb en Chine

Nous avons appris la semaine dernière l’intoxication au plomb de plus de 2000 enfants en Chine (info du 25 aout ), bon c’est vrai, cela n’a pas vraiment fait la une des journaux... Il y a eu en France assez peu d’écho sauf pour indiquer, à juste titre, la nouveauté qu’a représentée la couverture médiatique chinoise (voir article de l’agence Chine Nouvelle ). Ce nouveau drame humain et environnemental, ouvre beaucoup de grilles de lecture, qui sont toutes très intéressantes à explorer :

1. Qui sont les sociétés mises en causes ? trouver leurs noms n’a pas été compliqué puisqu’elles étaient toutes deux mises en causes dans les différents articles de Chinadaily, Le Monde, The Times, etc… mais trouver des informations sur ces sociétés (taille, produits, clients) s’est avéré beaucoup plus compliqué. Au fil des articles (essentiellement sur des sites anglo-saxons), on parle de sociétés de taille moyenne, or un des groupes fait partie des 500 premières sociétés chinoises, donc loin d’une taille moyenne. En revanche, je n’ai pu trouver aucune information sur leurs clients. J’aurais aimé trouvé qui étaient les acheteurs de ces produits ayant intoxiqués des enfants, et leurs parents bien évidemment, mais acheter en Chine, même si c'est un évidence, reste un vrai tabou…

2. ROHS limite, voire interdit la présence de plomb dans de nombreux produits (peinture, soudure…) alors où est il encore utilisé ? Dans les batteries, bien sûr, et de façon générale dans les accumulateurs divers et variés. Et les capacités de production dans le monde n’ont cessé d’augmenter (+24% depuis 2004), les demandes ont augmenté aussi (+20% depuis 2004, voir les statistiques publiées par International Lead and Zinc Study Group). Car même si les batteries durent bien plus longtemps qu’avant, le marché automobile est toujours en développement, et encore plus dans les pays comme la Chine.

3. Alors le plomb est une consommation locale dans les pays « en développement » ? Oui et non, car si les marchés asiatiques se développent très fort, et les importations de batteries en provenance de Chine évoluent très fortement également. Les batteries plomb sont encore prédominantes sur le marché automobile, même si des substituts sont déjà très présent sur d’autres marchés (portables, piles, etc…). L'annonce de la fermeture de la très belle usine de fabrication de batterie à Sarreguemines le mois dernier, indique clairement que les batteries « made in France » ne doivent plus être bien nombreuses. Si le sujet vous intéresse, il existe des études de marché probablement très bien faites, mais aussi très couteuses (entre 2500 et 3000 €). Je n’en ai pas fait l’acquisition et vous laisserais sur votre faim coté chiffres..

4. Les tolérances de rejet sont elles les même dans tous les pays ? non, et c’est bien là tout le problème, car si les tolérances sont très faibles en Europe (qui est à l’initiative de la directive ROHS), elles différent dans tous les pays du monde, alors même que la toxicité du plomb est connue depuis toujours. Acheter en se contentant de respecter les législations locales ne suffit donc pas à garantir une politique d'achat "durable" et logique au sein d'une même société. Car comment dés lors, comparer les prix d'un même produit si les législations des pays producteurs sont plus ou moins tolérantes, donc les coûts de revient différents ?

Depuis les premiers articles paruts depuis environ le 15 aout, les usines chinoises ferment (provisoirement ?) pour que les installations soient modifiées ou que la pression médiatique se calme un peu. Mais encore une fois, les achats de produits bruts ou transformés ne se font pas sans risque, et derrière chaque prix bas se cache des coûts qui peuvent être dramatiquement élevés pour les populations locales et pour notre planète. Mais ces coûts ne se paient pas directement, ni par les acheteurs, ni pas les consommateurs, et c’est bien tout le problème…

mercredi 19 novembre 2008

Battements de cils et fabrication de papier

Dans de très nombreuses entreprises, la consommation de papier semble emblématique de l’engagement de ces dernières dans le développement durables. Nous avons tous maintenant compris que les copies recto verso réduisaient la conso, et que de manière générale, nous imprimons beaucoup trop.
Alors à tous ceux qui voudraient en savoir plus sur le papier voici quelques infos sur les fabricants de pâtes à papier. Eh oui, allons donc à la source. Et la source en France c’est 18,300 personnes employées dans l’industrie papetière, et 250,000 en Europe. Lisez, l’étude des faits et chiffres publiée par le CEPI (confederation of european paper industries), qui éclaire très précisement avec t à des chiffres précis . On y apprend que les usines de fabrication sont passées de 1555 à 1147 en Europe entre 1991 et 2007, alors que la production est passée de 73 mille tonnes à 110 mille tonnes de papier dans le même temps, avec seulement 5 mille tonnes importées !
Dans le papier, la part du recyclé a dépassé la part de fibre vierge, à 87 % pour les journaux, entre 40 et 90% pour le carton, mais à 10 % seulement pour le reste du papier. Info trés importante pour les acheteurs car les cours de papiers recyclés ont tendance à baisser fortement, une aide précieuse pour négocier...
Je vous renvoie aussi à une autre lecture tout aussi intéressante publiée par le NAPM pour défendre le papier, en décryptant 6 idées reçues sur le papier, l'étude s'appelle two sides,elle est très bien faite aussi. C'est trés utile pour se forger des convictions et ne pas se limiter qu'à des interprétations de grandes masses sur certaines idées reçues liées au papier. Il est certain que réduire sa consommation de papier est absolument nécessaire dans toutes les entreprises, mais travailler sur la façon dont est utilisée, inutilement, une partie importante du papier l’est tout autant, voire surement plus du point de vue environnemental.
Et si nous pouvons nous sentir rassuré sur la prise en main environnementale des fabricants de papier, le chantier reste assez immense du coté des imprimeurs et surtout des services marketing. Du coté des imprimeurs pour le développement de produits moins polluants (encre, vernis etc..), et du coté du marketing, pour les destinés des catalogues ou autres suremballage inutiles. Le principe du pollueur/payeur risque heureusement d’ailleurs de s’appliquer rapidement à tous ces produits….

lundi 1 septembre 2008

La rentrée des acheteurs

Les vacances passées, voici le joli mois de septembre, et pour la rentrée pour les acheteurs aussi. Mais en fait, en quoi va consister la rentrée pour la plupart d'entre eux ? C'est l'intégration du service achats dans l'entreprise qui va déterminer cette période d'une intense activité : la préparation des budgets... déjà entamée avant l'été, les budgets 2009 vont devoir s'affuter et les acheteurs et leur direction prendre des risques.
Pour de nombreuses sociétés, les réductions des coûts restent d'actualité, mais pour l'acheteur la traduction est souvent la réduction de prix que les fournisseurs vont devoir consentir à nouveau pour garder leur marché. L'économie brute restant l'indicateur par excellence. C'est dans cette période que les achats déterminent la stratégie qui sera appliquée. Nous en avons quelques exemples dans la presse depuis quelques jours, et il semble bien que le chiffre du moment soit 70 % : Dassault Aviation avec 70 % de ses achats hors de la zone euro (lire l'article ), ou Valéo avec également 70 % en toute transparence sur leur site ou enfin Schneider Electric qui l'annonçait également au printemps dans le magazine La Lettre des Achats. Bref, donc, du travail pour les acheteurs qui au delà de tous les appels d'offres à venir, ainsi que les mouvements des outillages à gérer entre les pays, ont du prévoir ce que sera en 2009, leur portefeuille de produits en terme de prix d'achats.
Les prévisions de prix sont liées aux mouvements des matières premières à venir donc très difficile à garantir auprès d'une direction, on a vu des hausses spectaculaires succéder à des baisses inattendues, et plus prévisible quoique, aux montants des coûts de travail, le paramètre logistique devrait créer la surprise dans les mois à venir compte tenu des hausses des carburants et de la volatilité des cours du fret maritime (en baisse depuis le ralentissement de la demande en Chine pour les JO, après une très forte hausse jusqu'en Aout).
Beaucoup de travail donc en perspective, les acheteurs ne sont donc pas prêts de pouvoir se libérer pour aller étudier leurs fournisseurs de plus prés, et une étude parue cet été confirme que moins de 20 % des acheteurs interrogés connaissent la stratégie de leurs fournisseurs. C'est pourtant bien chez les fournisseurs que résident les réponses à de nombreuses questions, mais bien évidemment les échanges demandent de la patience et une véritable lisibilité à cours et à moyen terme de la part des acheteurs envers les fournisseurs. Et les successions d'annonce de plan de réduction de coûts majeurs ou de transfert d'achat vers des zones dollar ne vont pas créer un climat favorable pour les acheteurs. C'est maintenant que la motivation doit être au maximum pour les équipes achats, rien de tel qu'une formation, ou une session hors site pour garantir une bonne reprise. Bonne rentrée à tous !

mercredi 30 avril 2008

L’arrêt de la loi Galland.

Le monde des acheteurs est divisé en 4 planètes : la planète entreprise, la planète publique, la planète grande distribution, et la planète des consommateurs. Ayant passé 17 ans sur la planète entreprise, j’ai du mal à saisir l’intérêt de la loi Galland, qui sous couvert de protection PME a conduit aux marges arrières et autres subtilités manquant totalement de transparence. Quand un acheteur privé négocie un contrat annuel de fournitures industrielles, des outillages à main par exemple, il négocie des remises. Même si SAM, FACOM ou KS Tools sont des PME (plus vraiment pour Facom), les remises négociées par les acheteurs d’entreprise vont de 20 à 35 % voire plus, alors que négocient les acheteurs grande distribution ? et ces 3 sociétés situées peuvent elles se comparer entre elles ? Voyons un peu plus en détail …

Que négocient les acheteurs des distributeurs ? la logistique, les remises de fin d’années, les conditionnements, les contributions financières aux catalogues, tête de condoles ou autres, etc… Quand on parle d’un prix net remise déduite dans l’entreprise, on parle du triple net dans la distribution. Car bien sûr, les contributions sont ramenées au prix pièces et les acheteurs ont la possibilité de mesurer leur efficacité.

Est ce que les PME se comparent toutes en elles ? bien sur que non, ces 3 marques citées plus haut (d’ailleurs peut être absente des référencements de la grande distribution) sont un bon exemple pour celui qui achète de l’outillage. Sam, société française de 200 personnes, fabricant, un chiffre d’affaires (CA) de 32,4 millions d’€ - Facom, société achetée par Stanley en 2005, fabricant, un CA de 4,5 milliards de - KS Tools, société française semble t il, négociant, un CA de 12,7 millions d’€. Les puissances de « feu » sont vraiment différentes et les budgets qui peuvent être dégagés sont à la mesure de leurs revenus.

Qu’est les MDD (Marque De Distributeur) ont changé au travail de l’acheteur ? un changement énorme, car pour leurs marques, les distributeurs ont toutes latitudes et le sourcing dans ce cas est libre, c’est pourquoi les MDD sont vendues moins chères en magasin. Les marges brutes sont plus importantes et c’est aussi pourquoi les distributeurs ont tout intérêt à les mettre en avant le plus possible. Quant au lien entre MDD et qualité, il est variable, comme il l’est dans les marques également.

Est ce que les acheteurs distributions vont renoncer aux marges arrières après l’abrogation de la loi Galland ? c’est bien là toute la question. Un prix remisé, c’est une facture allégée, mais de nouveaux budgets pour les distributeurs, vont ils ajouter ou augmenter des lignes de budgets ou plutôt conserver cette sorte d’acquis ? C’est sans doute sur ce point qui inquiète les PME.

Concernant les acheteurs que nous sommes tous, c’est plutôt une bonne nouvelle, les 30 % d’écart entre le panier de la ménagère allemande et française trouve une partie de leurs justifications dans cette loi. Propter, Unilever, Coca Cola, Kellogs, Suchard, etc… sont des marques vendues partout en Europe, mais pas au même prix… Juste un exemple pour qui craque pour le chocolat vendu dans un emballage rouge avec un éléphant dessus..., une barre vendue 0,65€ au Grand Duché de Luxembourg, est vendue en France 1,5 €… Allez comprendre..

mercredi 2 avril 2008

Le juste prix

Comment trouver le juste prix, et d'ailleurs existe t il ? la course au prix le plus bas a t elle une fin ? A ces questions une émission a tenté de trouver des réponses, c'était sur France Inter, et vous pouvez l'écouter grâce au Podcast sur leur Site web et comme pour leur venir en écho, l'émission Capital M6 menait une enquête sur les plats cuisinés à prix cassés. Avec pour cette dernière un vrai paradoxe, alors que les prix des matières sont à la hausse les prix des plats préparés n’ont jamais été aussi bas. Là encore, de nombreuses questions sur ce qui ce cache derrière les prix cassés. Il y a de nombreuses passerelles entre les acheteurs/consommateurs que nous sommes tous les jours et les acheteurs professionnels dans les entreprises. Et les 2 émissions étaient passionnantes à suivre de ce point de vue. Nous avons perdu nos repères, et il est vraiment difficile de s’y retrouver, le gratuit a désormais une valeur, et le prix cher n’est plus synonyme de qualité.
Le « low cost » existe aussi dans les assiettes, et nous avions l’exemple, dans l'émission d'M6, d’une fabrication de crêpes (d’ailleurs très peu d’entreprises assument le bas coût et beaucoup ont refusé la caméra…), avec d’un coté une crêpe fabriquée « comme à la maison » avec œuf, gruyère râpé, crème, jambon supérieur etc… et une crêpe « bas coût » avec des produits de moindre qualité (un jambon 40 ou 50 % moins cher que l’autre, moins de produit (la crème a disparue) et des dosages différents (une crêpe plus épaisse donc moins de produit à l’intérieur…). Le résultat une crêpe a 0,4 € pour la première contre 0,15 € pour la dernière. J’avais déjà abordé le sujet dans le papier "Acheter… un prix", et il vrai qu’apprendre à lire une étiquette serait déjà un grand pas.

Exiger un prix avant tout est risqué, et les plats cuisinés sont un bon exemple d’une externalisation (les repas) contrôlées par les prix au détriment de la qualité, même si d’un point de vue d’hygiène, tous ces produits sont irréprochables. J’ai du mal à comprendre la logique d’exigence de prix en baisse permanente, nous faisons en permanence des arbitrages dans nos dépenses, et il est clair que plus les produits achetés ont de la valeur ajoutée (un plat préparé par exemple) et plus ils seront chers, il faut l'accepter.

Le juste prix c’est surement la logique du commerce équitable, sortir de la logique d’un prix de marché pour entrer dans une logique permettant au producteur de pouvoir vivre de son travail, l’exemple du café est le plus connu, les producteurs dans les filières équitables vendent leurs produits plus cher que dans les filières classiques, et peuvent vivre de leur travail.

Le juste prix n’est pas le prix de marché, on l’a compris, le marché spécule. Le juste prix ne sera pas forcement déterminé lors d’un appel d’offres si l’on se contente de solliciter un prix, mais il sera déterminé lorsque les décompositions de prix seront construites et comprises par l’acheteur sur la base des connaissances acquises lors d’une étude détaillée des processus de conception des produits et de leur fabrication, lors des visites fournisseurs notamment.

Le juste prix c’est également accepter que le fournisseur puisse faire un profit,et le développement du gratuit ou des lowcost est vraiment inquiétant de ce point de vue, car pour pouvoir maintenir un profit le fabricant réduit et/ou délocalise. Savez vous que la Chine a commencé à délocaliser pour maintenir sa compétitivité ?Pour vous un téléphone a t il une valeur que vous êtes prêt à payer ou seulement le gratuit donné par un opérateur ?et pourtant, il a été fabriqué par des vrais gens, avec de vrais matériaux.

Pour comprendre la logique du juste prix il faut savoir ce que l’on attend de ses achats. L’éco-efficacité est une logique à développer, l’éco sera économique mais aussi écologique. Le coût total fait partie entièrement de la démarche. L’expertise dans vos achats clés sera à développer. Mettre vos fournisseurs en concurrence est un aiguillon qui permet de toujours garder un oeil sur le monde extérieur. Comme j’ai déjà pu le dire, acheter est à la portée de tous, mais bien acheter est un métier. L’acheteur n’est pas un coût pour l’entreprise mais une véritable valeur ajoutée.

jeudi 20 mars 2008

Les achats n'existent pas...

Enfin, les formations achats n'existent pas, étonnant et pourtant vrai. C'est en France, comme chaque année les organismes de formation doivent préparer leur bilan pédagogique et financier, et indiquer notamment combien d'heures de formation ont été prodiguées, combien de personnes ont été formées, etc... Puis vient le détail des spécialités de formation à renseigner, et là j'ai cherché les achats parmi toutes les spécialités de formation, et je n'ai trouvé qu'une ligne qui pourrait s'approcher de la compréhension globale des achats dans l'entreprise : "Transport, Manutention, Magasinage" dans les "spécialités plurivalentes des services" entre les commerces et vente et la comptabilité, gestion... Alors, je vous l'avais bien dit, pour la direction du travail et de la formation professionnelle : les formations achats n'existent pas Sourire...

lundi 21 janvier 2008

Acheter pour soi ou pour son entreprise

Nous sommes tous des acheteurs, et au fond, est ce si différent de remplir un caddy ou d’acheter des stylos, d'acheter un micro-onde ou un photocopieur. En quoi l’achat privé diffère t il de l’achat d’entreprise ? En regardant de près il ne devrait y avoir beaucoup de différences. C’est peut être pourquoi les acheteurs n’ont pas toujours un rôle de premier plan dans l’entreprise. Voyons deux points particuliers : les délocations, et la baisse de la qualité.

  • Les délocalisations . Les acheteurs sont souvent critiqués pour achèter dans les pays à bas coûts. L’impact le plus frappant évidemment a été la disparition de plans entiers de l’industrie : Environ 90 % des jouets viennent de Chine. Rappelons nous qu’avant d’être vendu, un produit est acheté. Les produits sont achetés par des acheteurs industriels ou de la grande distribution. Dis comme cela, c’est un peu simple, mais quand les quotas textiles sont tombés, il y a eu des acheteurs pour s’engouffrer dans cette brèche….. Et dans le même temps des consommateurs pour acheter des T-shirt à 3 euros … L’intérêt particulier, le porte monnaie en l’occurrence, prime sur l’intérêt collectif, la préservation des emplois. Le prix de vente n’est pas un bon indicateur pour savoir d'où viennent les produits. Le textile est un bon exemple , Kenzo a semble t il délocalisé l’an dernier la production de ses costumes en Asie, et pourtant nous ne sommes pas dans les bas prix…Une marque américaine : Apparel, a fait, elle, le pari d’une fabrication américaine, à Los Angeles, avec du coton américain, les prix ? 15 $ le T-shirt. Cette société a su communiquer, et le pari est réussi, c’est un succès, et les T-Shirt s’exportent dans le monde entier. Une partie de la population est en demande de plus d'éthique et de transparence. Alors, que faire ? En vouloir aux acheteurs d'acheter toujours moins cher ? non, ils font leur travail, mais si l'on veut autre chose il faut se renseigner, et Internet est une source d’information formidable. Si j’achète un produit, comme des vis, des stylos.. Comment savoir où sont fabriqué les produits ? les services consommateurs sont monnaie courante désormais chez toutes les marques, alors interrogeons les !
  • La baisse de la qualité. L’impression est tenace, de plus en plus de produits sont des prix avant d’être un produit. N’avez vous jamais râlé devant les boitiers de CD qui se cassaient à peine ouverts ? des feutres qui n’écrivaient plus après avoir tirés 2 traits ? La faute à quoi ? Et bien tout simplement, à notre façon d’acheter. Un acheteur dans l’entreprise aura le choix : écrire une spécification, ou demander des fiches techniques, ou fermer les yeux et acheter un prix. Un acheteur / consommateur aura le choix : lire l’étiquette ou l’ignorer…Un livre ("Savoir Manger") propose un décryptage d'étiquettes, par exemple, certaines tranches de jambon vendu sous une marque de 1er prix, sont composées d’eau, de sucre, et quand même..., un peu de viande, un peu cher pour le contenu, mais un prix bas… Quand on achète un sac copié sur un marché en Italie, on est tous bien d’accord, c’est avant tout un prix, du plastique et non du cuir par exemple. Ce marché parallèle de la copie détruit l’industrie. Une partie des sacs Hermès, par exemple, sont fabriqués dans les Ardennes, bouffée d’oxygène dans un département malmené. La contrefaçon au mieux empêche, au pire détruit l’emploi, comment ? une saison de fabrication sera raccourcie (donc des quantités réduites…) car les consommateurs pouvant s’offrir les vrais sacs n’achèterons tout simplement plus les produits semblables aux contrefaits…Et les fabrications tournent plus rapidement, sans besoin de plus de personnel…

Alors qu’un acheteur soit professionnel ou tout simplement un consommateur, la façon d’acheter ne dépendra que de ses motivations, ses attentes, ses objectifs … Mais rien ne l’empêchera d’agir, ou de tenter d'agir, de façon responsable, et en cela le mouvement mondial de la RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise) est très intéressant. A suivre donc...

lundi 10 décembre 2007

Acheter à l'étranger en se posant les bonnes questions

Airbus a demandé mi novembre, à tous ses sous traitants une baisse de 20% de leurs prix, en les engageant , notamment, à développer leurs achats dans les pays à bas coûts, et depuis quelques jours, on décode.. Et désormais, la stratégie est affichée : vendre en dollar, et acheter en dollar plutôt qu’en euros, et de préférence dans les pays à bas coûts ...Alors pour réduire les coûts, de nombreuses stratégies peuvent être étudiées en interne, y compris l’achat dans les pays à bas coûts. Mais pour celui qui se lance pour la première fois dans l'achat international, les frais financiers seront loin d’être à négliger, et le choix de la monnaie d’échange sera essentielle, sans compter les déplacements sur place et les risques à savoir anticiper Un produit acheté 100 $ en janvier de cette année valait 193 €, il vaut désormais 220 €.

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jeudi 6 septembre 2007

A qui profitent les hausses des prix des matières ?

Bien curieuse question posée par France 2 pendant un reportage qui concernait les producteurs de viande de porc. Le problème posé était l'impossibilité apparente pour les producteurs de répercuter les hausses du blé. Et toujours cette question, à qui profite les hausses ? Nous sommes pourtant dans une économie de marché depuis quelques temps maintenant, et pourtant, vendre du blé avec un prix à la hausse quand l'offre est à la baisse sur le marché semblait représenter un mystère. Ah oui, évidement, ce reportage sur la viande de porc, aurait pu conduire à une rencontre avec un producteur de blé, mais non, trop simple. C'est un producteur de lait (oui...) qui expliquait, que le lait était à la hausse, mais qu'il n'en bénéficiait pas vraiment , car il fallait acheter des céréales pour nourrir les animaux et que les matières étant à la hausse... Bref, je ne vois pas vraiment la malice à générer un profit supplémentaire si les prix sont annexés à un cours officiel. Trop simple, sûrement. Pour ajouter à la complexité, selon les producteurs interrogés par France 2, l'alimentation entre pour 70 % dans le prix de la viande,.......seulement pour 7% selon l'Association des producteurs de bé, qui a décomposé l'impact des céréales dans le prix du pain et du porc. Allez comprendre...

Maintenant, rien n'explique les raisons qui conduisent un acheteur à accepter une hausse de prix. Alors, voilà quelques pistes. Tout d'abord, le contrat d'achats, la commande. Si l'acheteur a indiqué des prix "fermes et non révisables", rien ne peut le contraindre à réviser sa copie. Il ne reste que pour l'acheteur a attendre le renouvellement de sa commande. Sauf s'il a une clause de protection dans ses conditions générales de vente, qui aura été acceptée, ou n'aura pas été contredite par les conditions générales d'achats de l'acheteur (le juridique est très subtil..). Et , au passage, tant pis pour l'acheteur qui aura acheté de l'inox depuis le début de l'année en prix ferme. Les cours se sont effondrés passant de 2000 €/T à moins de 800 €. Je ne suis pas très sûre d'ailleurs de la répercussion de ces baisses pour le consommateur moyen d'un produit final à base d'inox...c'est un autre débat.

Viennent ensuite les indices de prix. Là encore, c'est dans la commande que l'on trouvera la réponse, et dans l'analyse de la décomposition des prix. La part matière est clairement identifiée et liée à un indice clairement référencé. L'acheteur pourra toujours se protéger en se réservant le droit de pouvoir rompre son engagement sous certaines conditions de hausse de prix. Mais là encore, c'est lors de la négociation, avant que la commande ne soit acceptée que la variation du prix va se dessiner.

Le risque de hausse des matières est, évidement, à prendre en compte, et à être anticipé lors d'un achat. L'anticipation consistera en des réflexions stratégiques sur la substitution par d'autres matières, la réduction des quantités utilisées ou des déchets produits, une réflexion de fond sur l'impact de la hausse et sa répercussion possible sur le prix final ou sur sa façon d'acheter.

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