Les achats dans tous leurs états...

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mardi 19 février 2008

Etre acheteur quand les prix s'emballent

Alors bien sur, ce n’est encore qu’un murmure, mais tout indique que cette année sera une année difficile, voire une année de récession aux Etats Unis, et surement dans le monde également, par contagion. La génération d’acheteurs qui a commencé à travailler dans les année 90 , début du grand boom de la fonction, n’ont connu qu’un marché de baisses de prix. Les effets de levier, la mondialisation, tout a fonctionné pour que les prix baissent d’années en années, jusqu’à associer l’image d’un bon acheteur aux seules économies qu’il produit. Mais voilà que les prix ont commencé à augmenter depuis 1 an ou 2, doucement, des tentatives, mais désormais c’est clair le marché se transforme. Bien sûr, le pétrole augmente, les matières se font rares depuis que la Chine en consomme beaucoup, mais aussi, les effets « d’aubaine » se multiplient pour augmenter les prix, et il est vraiment très compliqué de trier et de comprendre toutes les hausses actuelles. Alors comment faire son travail quand on est acheteur et que le marché change ?

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jeudi 3 janvier 2008

Ethique et nouvelle année

Bien que les cadeaux, calendriers, et autres agendas, commencent à se faire rares, ils sont toujours offerts aux entreprises, et pour l’acheteur, ils sont toujours un bon moyen de mesurer sa propre éthique et sa position dans l’entreprise.

Commençons par la position dans l’entreprise, si les fournisseurs commencent une tournée des grands ducs et inondent de cadeaux le magasinier, chef d’atelier, et autres collègues du BE, il n’y a pas beaucoup d’espoir, les vrais décideurs se trouvent ailleurs que dans son bureau. Et si peu, que l’acheteur n’ait pas son mot à dire dans le choix des fabricants ou des fournisseurs...
Mais est ce à dire qu’un acheteur qui décide est forcement celui à qui sera proposé des cadeaux de plus grande valeur ? C’est surement le plus grand fantasme des chefs d’entreprise qui les poussent souvent à ne faire signer qu’aux acheteurs les chartes de bonne conduite , car dans la réalité, les acheteurs qui démontrent au cours de l’année une vraie activité d’appel d’offres, de mise en concurrence de développement des fournisseurs, ne se verrons jamais rien offrir de bien grave. La vraie corruption se place ailleurs, et plus surement chez certains prescripteurs internes.
Le cadeau de fin d’année, ou le bon restaurant, est avant une façon pour les fournisseurs de remercier leur client de leur confiance, ils restent pour la plupart symboliques (un symbole reste souvent sous la barre des 30 euros..). Et soyons clairs, les gros cadeaux ne se verront jamais : voyages, équipements divers…et nous arrivons évidemment à l’éthique.
A partir de quand, que l’on soit acheteur ou nous, un cadeau s’accepte ou se refuse ? Il est avéré que lorsque l’on reçoit un cadeau on sera tenté de rendre 10 fois la valeur de ce dernier.
Quelques petits conseils pour bien entamer l’année :

  • Partagez vos cadeaux dans l’entreprise (rien n’est pire que de voir les collègues repartir les bras chargés tous les soirs),
  • Informez votre hiérarchie des cadeaux reçus dés lors qu’ils ont une certaine valeur (votre fournisseur ne vous « tiendra » pas par un secret),
  • et n’hésitez pas à renvoyer poliment les cadeaux ou refusez les invitations, s’ils vous semblent bien au delà du symbole.

Rien n’est jamais gratuit, et la liberté, comment l'indépendance se conquierent au prix d’une éthique irréprochable. Et pour vous en convaincre, demandez vous si vous pourrez vous séparer de ce fournisseur si généreux en cas de soucis sans qu’il ne puisse vous faire « chanter ». Les plus beaux cadeaux restent ceux qui nous sont offerts par ceux qui nous sont proches, un fournisseur, même un très bon, reste une relation d’affaires.
Bonne et heureuse année à tous !oeil.JPG

mercredi 21 novembre 2007

Une fois n'est pas coutume

Quand les idées portées rencontrent un écho, c'est plutôt encourageant. Et pour la société que je porte depuis maintenant plus d'un an, être lauréate des différents concours TalentsTalents.jpg, 3I Lorraine et ce soir, l'AFFDU, montre que le message porté fait du sens : acheter mieux...J'ai animé hier soir une conférence organisée par la CCI de Moselle sur le thème de la réduction des coûts, et là de même, le message a fait mouche. Oui, il est possible de mieux acheter, sans rester sur des idées de casse de fournisseur ou d'achats dans les LCC ( sur le papier, les acronymes rassurent toujours un peu; LCC - Low Cost Country... Pays à bas coûts). J'ai d'ailleurs eu une interview sur France Bleu il y a quelques semaines dans laquelle j'ai pu exposer ma façon de voir les achats...La connaissance du monde des achats dans les PME est faible, et les gisements d'économies, et de réduction de la consommation sont importants dans la plupart d'entre elles. L'amélioration continue dans les achats est encore un concept embryonnaire, puisque pour la plupart des organisations, l'amélioration reste lié à la baisse des prix. J'ai vu récemment des gants de manutention consommés comme des mouchoirs en papier,ces gants en cuirs, vendus moins de 1,8€, sont fabriqués dans des chutes de croute de cuirs d'ameublement en Chine, une fois jaune, une fois rouge..., distribués en France sur la base d'auto certification CE et qui ne valent pas surement la moitié du prix vendu. Le gisement pour les utilisateurs de ces gants ? revenir à l'essentiel, et se poser de bonnes questions : pourquoi porter ces gants, existe t il autre chose, peut on les laver plutôt que les jeter, les mains sont elles en sécurité, quelque durée de vie, pourquoi les jeter aussi souvent, quelle consommation cette année et pour quelque dépense totale etc... et sur la base de ces questions, rencontrer les fabricants et se faire conseiller. La solution sera peut être un gant un peu plus cher, mais qui, consommé en moins grande quantité, apportera une économie directe à l'entreprise, sans compter l'annulation d'un risque d'accident qui couterait bien plus que les 20 centimes économisés sur les paires achetées....

mardi 30 octobre 2007

Chouchoutez vos acheteurs...

Investissez dans vos achats : "Les directions achats les plus performantes réalisent des économies équivalant à 10 fois leur coûts de fonctionnement alors que les économies générées par les directions achats moins performantes ne couvrent que 4 fois ce coût.", ce n'est pas moi qui le dit mais une étude qui vient d'être publiée.
Dans les grandes sociétés, les achats sont une évidence, un levier de performance avéré, mais dans les PME, c'est tout une toute autre histoire. Les achats sont souvent tout, sauf stratégiques, quand il y a un acheteur il se débat souvent avec le quotidien : passer des commandes, assurer les appros, jongler avec les systèmes de commandes - souvent indépendants d'un système de comptabilité qui aura été prescrit par l'expert comptable - et la vérification des factures. Alors, visiter les fournisseurs, ou les salons reste un souhait pour la plupart des acheteurs en place, quant à la mise en place d'une stratégie achat, cela relève souvent d'un objectif à très long terme.
C'est souvent le manque de connaissance de ce métier et de tous ses potentiels qui fait qu'on ne met pas en place l'organisation achats que l'on mérite. Les formations ne manquent pas, on peut juste leur reprocher de toujours couvrir les mêmes sujets, sans vraiment s'attaquer au fond des choses.. J'ai pu réaliser des missions d'évaluation d'organisation achats dans de nombreuses sociétés, et le constat est toujours le même, cette fonction n'est pas comprise. Le chef d'entreprise ne sait d'ailleurs pas franchement formaliser ses propres attentes d'un acheteur, et tout commence pourtant par là. Qu'est ce qui déclenche l'embauche d'un acheteur ? Comment définir le poste ? Qu'attend on de cette fonction ? Quels objectifs ? Quels moyens ? Répondre à toutes ces questions c'est déjà, croyez moi, un vrai début.

vendredi 19 octobre 2007

PME vertes

Précipitez vous sur la lecture de l'article de Newzy sur les PME qui se lancent dans un monde plus vert. Réconcilier la sphère privée et la sphère professionnelle. Comme une belle mise en image de mon billet publié hier... Et dans vos entreprises, ça ce passe comment ? N'hésitez pas à partager vos témoignages

mardi 18 septembre 2007

La gestion des contrats

La gestion des contrats, le "contract management" (Les contrats fournisseurs ou les contrats clients...) est généralement perfectible dans toutes les entreprises, grandes ou petites : Gérer les dates d'échéance, suivre les performances, rompre ou modifier un contrat, vérifier l'indice de prix ... le plus difficile à suivre étant les contrats ayant une clause de renouvellement automatique.

Il est rare en effet, d'avoir dans sa société une gestion centralisée des contrats qui assure le suivi de tous les contrats. Le photocopieur, la société de nettoyage, le nettoyage des vêtements, les assurances, les contrats de maintenance, les contrats de service etc... Aucune difficulté particulière, seulement une grande exigence d'organisation, et un minimum de connaissance juridique, voilà les secrets d'une gestion efficace. Des logiciels spécifiques, plus ou moins perfectionnés, commencent à apparaître en France, mais la tendance est à l'externalisation. C'est une réalité pour la plupart des pays anglo-saxons, et bientôt sans doute aussi ici.

Avant d'externaliser, voici quelques conseils de base pour gérer au mieux les contrats :

Fuyez les clauses de renouvellement automatiques,

Créez un fichier excel avec les informations de base, (dates clés, indices des prix ),

Lisez dans le détail toutes les clauses des contrats en présence du fournisseurs sans rien laisser dans l'ombre, en lisant particulièrement les clauses d'annulation de contrat, ou de modification de contrat,

Centralisez leur classement auprès d'une personne, en vous assurant de lui faire acquérir un minimum de connaissances juridiques,

Faites vous bien expliquer les indices de révision de prix, et assurez vous d'avoir accès aux indices vous même,

et signalez toutes les dérives de services à vos fournisseurs dés qu'elles apparaissent.

Et rappelez vous : un bon contrat ne sert à rien, s'il dort dans un classeur et que son contenu reste ignoré par ses utilisateurs ...

lundi 10 septembre 2007

Affichage ou réalité ?

Le géant américain Coca Cola se lance dans un ambitieux programme de recyclage de tous ses contenants, plastiques et aluminium, au États Unis (voir l'article de CSRwire ), une annonce plutôt sympa, mais qui laisse un peu sceptique. Ils envisagent de créer une filiale dédiée au recyclage, et même l'installation de la plus grande usine de recyclage de bouteilles au monde et qui sera située aux États Unis...La filiale sera centre de profit à n'en pas douter, et les matières recyclées entreront dans la composition de l'emballage neuf. Le coût de production ,de leurs emballages devra donc baisser (le prix de vente aussi ??...). Très bien. Alors où est le problème ? Sûrement dans l'envahissement des bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET), en remplacement du verre. Les politiques commerciales de tous les fabricants se rejoignent d'ailleurs là dessus, avec même des arguments écologiques : plus léger, entièrement recyclable.... Ma recherche d'un bilan écologique indépendant du verre par rapport au PET n'a pas vraiment aboutit. Une étude de l'Ademe, laisse un léger désavantage au PET. Une étude américaine ancienne (1996 ), mais très détaillée, laisse à penser, comme le WWF le recommande d'ailleurs, que le verre est préférable au plastique. La plupart des bouteilles sont mises aujourd'hui en déchets ménager par manque de filières de tri, et aussi parce que la fabrication de la matière plastique met en oeuvre de nombreux produits chimiques. Donc après l'envahissement, le grand ménage.

Le très bon coté de l'histoire est que dans l'annonce, cette société reconnaît que le recyclage fait parfaitement du sens quant à leurs affaires, et que c'est la bonne chose à faire. Ce n'est donc ni par philanthropie ni par opportunisme écologique, mais bien parce que cela leur sera profitable, au sens premier du mot profit. C'est donc finalement une plutôt bonne nouvelle, car si les sociétés commencent à comprendre tout l'intérêt financier de se lancer dans la récupération et la valorisation de leurs déchets, le développement durable va prendre racine très durablement dans les stratégies de ces mêmes entreprises, et qu'au passage, les achats durables vont devenir aussi une réalité car les fournisseurs devront récupérer eux aussi. Oui, vraiment, plutôt intéressante comme nouvelle.

lundi 30 juillet 2007

Comment bien acheter quand tout est à la hausse ?

Le supplice de l'acheteur : la hausse de tarif... qu'elle est compliquée à faire passer lorsque pour votre direction Acheteur = économie... Et il est bien là le problème, les acheteurs sont sortis de leur anonymat par la porte des économies, et dés que tout va de travers sur le marché, ils sont les premiers à ne plus dormir ! Il faut dire que le babyboom des acheteurs a commencé à la fin des années 80, et les hausses sont arrivées "pour de vrai" depuis 4 ou 5 ans à peine.. Alors dans ce contexte, on oublie le développement des fournisseurs, les accords gagnants-gagnants. A la trappe, les accords long-termes, ou les contrats de progrès.

Les principales mesures de performances d'un service achats restent, pour la plupart, limitées aux économies réalisées par rapport aux budgets et aux améliorations des conditions de paiement...

Alors comment faire quand les prix des matières s'envolent ? La fuite en avant vers du moins cher, sans trop se poser de question sur le produit, ou son origine... ou alors des réflexions plus ambitieuses, par exemple revisiter les contenus techniques des produits ou de la chaîne logistique associée. Compliqué ? non, pas forcement, mais surtout l'occasion de réfléchir sur ce qui fait le prix du produit  : des sur-emballages inutiles, ou de petits "luxes" évitables sur les pièces souvent conçues par des ingénieurs qui n'avaient pas forcement un soucis d'économie, une mauvaise planification des besoins qui imposent des envois express ou des stocks...

Une réflexion commune avec les fournisseurs s'avèrera toujours payante, car les idées de réduction de coûts existent peut être déjà, il suffit de provoquer les discussions, les réflexions, l'envie..

Et l'envie sera d'autant plus facile à susciter chez vos fournisseurs que vous aurez montré au cours de vos relations de l'éthique, du respect, de l'exigence, et de la constance ! sans pour autant, les avoir usé depuis 10 ans d'ateliers dédiés aux réductions de coûts..

"Après 30 ans d'amélioration de la productivité, personne au Japon ne demande « Est-ce fini ? ». Ce n'est jamais fini."" ( John Francis Jr Welch, General Electric)

lundi 18 juin 2007

Gestion des risques

La gestion des risques, "risk management", est un peu trop souvent identifiée au secteur financier, et peu associée à la vie quotidienne de l'entreprise. Les choses évoluent fort heureusement et une étude TNS décrit assez complètement ce nouveau type de management, sauf sur un point : les achats... Et pourtant, la gestion des risques dans les achats est essentielle, et renvoie à la propre connaissance que l'on a de nos achats... Les risques sont multiples dans les achats : pénuries, faillites, non conformités, accident, etc...

Il y a quelques années, les fabricants de DVD ont connu une grande crise liée au polycarbonate, les prix ont doublé en quelques semaines. Il a suffit d'un incendie, plus précisement, qu'une des usines d'un des plus gros fabricant de matière connaisse un incendie important, pour passer d'un marché d'offre à un marché de demande. La comptabilité de tous les industriels a été totalement bouleversée car personne n'avait prévu cette hausse. Tous les utilisateurs de matière, qui n'avaient jamais pris la peine de valider un second, voire un troisième fournisseur, ont subit de plein fouet l'effet mécanique de cette pénurie, en payant la matière au prix fort sur ce qu'il restait de disponible chez ce fabricant..En développant, en même temps, évidemment, les tests et l'introduction de nouvelles sources d'approvisionnement, mais les mois perdus ont couté très chers. Une bonne, et simple, gestion des risques aurait permis d'identifer immédiatement, qu'un seul fournisseur implique un risque fort de pénurie, avec une probabilité d'occurence faible, mais nécessitant tout de même un plan d'action.

La prise en compte des risques est une approche très anglo saxonne, car nous pensons, malheureusement, et encore trop souvent que parler de risques les attirent. Il suffit souvent pourtant de bon sens et d'organisation pour apprendre à mieux les gerer.

lundi 28 mai 2007

Rien n'est gratuit ... dans les affaires

J'ai participé il y peu à une réunion réseau, et j'ai eu la surprise de constater la présence d'un commercial représentant une marque de café-dosette bien connue..Il avait installé une belle machine. Je vous livre mon point de vue d'acheteur rabas joie. La proposition est alléchante : Une machine à disposition gratuitement, un bon café, un gentil garçon, seule demande de sa part : pouvoir distribuer ses plaquettes de pub.. où est le mal ? Surement parce qu'il n'y a eu aucune approche raisonnée du marché quant au besoin (offrir un café aux participants des réunions) et au coût réel ( les machines représentent grossièrement un budget de 2 à 3 fois plus élevé qu'une machine à café standard...). Sa gentillesse conduira surement les organisateurs à refaire appel à lui la prochaine fois, et il sera là, et après quelques réunions,

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