Les achats dans tous leurs états...

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mercredi 28 décembre 2011

Produire en France, l’influence nécessaire des politiques achats des grands groupes et des marques



Il n’existe aucun chiffres publics sur l’influence des politiques d’achats des entreprises sur la création ou la délocalisation d’entreprise dans notre pays, ni d’ailleurs en Europe. Il n’existe d’ailleurs tout simplement aucun chiffre sur les politiques d’achats en France. Les seules informations qui concernent les achats sous leur forme la plus connue de consommateurs, vous et moi, mais rien sur les acheteurs d’entreprises, qui décident pourtant quotidiennement de l’attribution de marchés. La croissance est basée sur la consommation, donc sur les achats, et le drame est que les politiques d’achats ne comptent pas dans la croissance. Les achats sont pourtant désormais au cœur de la plupart des modèles économiques de notre pays.

Les acheteurs n’intéressent pas les médias, la fonction est mal traitée, subie pourrait on dire d’ailleurs, il n’y a qu’à s’intéresser un peu au monde des achats pour en constater l’autarcie. Il y a des fonctions comme celle là qui pourtant devrait mobiliser un plus grand intérêt de la part du grand public.

Quelques chiffres pourtant, les dépenses des entreprises représentent plus de 60 à70 % de leur chiffre d’affaires. On est loin, des 40 à 50 % qu’ils représentaient il y a encore 30 ans. Entre temps, un monde nouveau est apparu, le monde élargie, globalisé, et on s’est mis à acheter moins cher de plus en plus loin, sans aucune préoccupation des impacts de ces décisions sur le social ou l’environnemental. Et puis on s’est dit que finalement « faire faire » était moins cher que « faire », et l’externalisation a commencé.

Il n’y a pourtant aucune fatalité à cet état de fait, il suffirait de rendre public les politiques et stratégies d’achats des grands groupes dans les rapports annuels au même titre que, désormais, les stratégies environnementales. En rendant public ses informations, la prise de conscience des impacts seraient alors bien plus simple à comprendre et à consolider. Les aides à la relocalisation existent, mais c’est la relocalisation des dépenses des entreprises qui conduira à la relocalisation naturelle des entreprises en France et en Europe.

L’automobile a été, et reste un fort marqueur de l’entreprise en France, mais que sait on vraiment des politiques d’achats des fabricants, d’où viennent les véhicules ? les composants ?

La Chine et son influence sur le reste du monde n’est que le résultat de nos décisions, et notre acceptation.

Le commerce joue une carte importante aussi. Nous sommes un pays de tourisme, mais les dépenses profitent surtout aux grossistes qui achètent massivement, par exemple, des « souvenirs français » en Chine. J’ai été frappé à New York d’avoir pu acheter une statue de la liberté, un petit souvenir « made in USA », en revanche, à Paris, les souvenirs sont « made in China », quel intérêt d’acheter un objet a été produit aussi loin ? Est ce que l’on ne devrait accepter de payer un peu plus cher (peut être, ce n’est même pas sur…) pour produire localement et redonner un sens à la consommation justement.

Les opportunités de production sont pourtant tout autour de nous, dans le rayon des marques qui fonctionnent bien à l’étranger, « Pylônes », ces drôles d’objets très colorés et beaux, les boutiques ouvrent partout même très loin, et patatras, ils sont tous faits en Chine, quel dommage, et les prix n’ont rien à voir avec du bas de gamme… juste une opportunité de faire loin et pas cher, pour vendre à bon prix et sécuriser des profits confortables. L’ours offert par Mme Merkel lors de la naissance est une marque qui marche en Allemagne, mais aussi partout en Europe, il s’agit de Steiff, ah oui, c’est « made in Germany »…

Il semble que certains candidats à l’élection veulent punir les licenciements boursiers, je vois bien pour Fralib/Lipton, mais un peu plus difficilement pour les sous traitants obligés de suivre les donneurs d’ordres là où ils le souhaitent. Regardons de plus prés les achats des grands groupes et des marques, il y a là des gisements importants de relocalisation d’emplois!

mercredi 16 novembre 2011

Achats durables ou achats Responsables ?



De plus en plus de discussion autour de la définition des achats durables, et toujours aussi peu d’actions concrètes dans les entreprises. Le prix reste toujours le moteur de décision des acheteurs.

Dans les communications sur la sémantique (tellement française!), il semble que le responsable l’emporterait sur le durable, mais l’achat solidaire est en embuscade, et l’éthique un peu en retrait. Le vrai risque de trop définir est de perdre l’essence même de l’approche, qui est purement un accès à la traçabilité de chaque produit acheté, en utilisant pour cela des outils qui aujourd’hui manquent ou restent inconnus des acheteurs dans les entreprises. Combien d’acheteur savent, en effet, décrypter les pictogrammes indiqués sur les emballages des feuilles A4 de la photocopieuse? Faites l’expérience, c’est édifiant. Bref, un peu à la française, la dialectique l’emportera sur le pratique. Dans le reste du monde, on parle de Sustainable Sourcing, c’est tout, c’est simple.
C’est bien, l’ensemble des achats qui doit être questionné, et profondément remis en cause. Responsable ? Alors donc le reste serait irresponsable, moins de 17 % des achats sont dits durables ou responsables lorsque les entreprises sont interrogées. Les acheteurs sont donc majoritairement irresponsables ? Difficile à croire, ils appliquent les politiques définies par leurs dirigeants, et donnent ce qu’il leur est demandé, alors ce sont les chefs d’entreprises qui sont irresponsables ? Non, vraiment je ne comprends pas cette notion moralisante. Les achats durables sont plus clairs dans leur lien avec l’homme et l’environnement. Et il y a du travail, nous ne sommes qu’au début de l’histoire, et il serait vraiment dommage de, déjà, transformer cette révolution en simple discussion marketing sur l’étiquetage durable ou responsable. Les directions d’achats restent à distance du changement à venir dans les achats car elles sont toujours dans la réduction des prix, faussement appelée réduction des couts, car si les comptes étaient bien faits dans les entreprises, la réduction des couts passeraient forcement par plus d’écologie.
Lu dans Le Monde il y a peu, «  les voyageurs encore frileux face aux éco-labels », et un article qui détaille les raisons économiques ayant poussé un hôtelier vers le durable : réduction des consommations de savons, déchets divisés par deux, réduction de la consommation d’eau, etc… et pourtant, la journaliste s’étonne de ne pas voir les prix augmenter, pourquoi les prix devraient augmenter ? non, les maintenir c’est bien, c’est même assez justifié vu les économies. L’investissement que constitue une certification est un investissement dans l’entreprise qui sera plus ou moins important selon la taille de l’entreprise et le type de certification choisie. Mais c’est un investissement, un projet d’entreprise qui sera porteur de développement, ce n’est pas un poids. Si les hôteliers réussissent à calculer des économies nettes, pourquoi pas dans les entreprises ? c’est un peu mystérieux, mais finalement pas tant que cela. Les achats sont organisés par catégorie, ou famille de produit. Celui qui achète l’électricité n’est pas celui qui est chargé d’en contrôler sa consommation. Autrement dit, l’acheteur est chargé de négocier les meilleurs conditions pour l’achat de l’électricité, et il le fera au mieux, mais dans le même temps, la production peut laisser des équipements en route en permanence pour gagner du temps de redémarrage le matin ou le lundi, et ceci sans ce demander combien cela coute en consommation. Les économies sont pourtant bien là, dans la consommation. La puissance des achats durables existe dés lors que les acheteurs deviennent comptables des actions menant à la recherche de réduction des consommations. Pourquoi chercher à acheter moins cher, quand il faut acheter mieux ?

vendredi 21 octobre 2011

METAUX, ACHATS ET VOCABULAIRE


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/// J’ai assisté la semaine passée à une journée de conférences de l’Usine Nouvelle sur les métaux. Les conférenciers étaient très inégaux mais la journée était intéressante pour qui souhaitait mieux comprendre les achats de métaux, et notamment les métaux rares comme les terres rares.

Quelques détails sur 3 approches : Offtake, Tolling et Hedging :

Le vocabulaire tout d’abord, toujours très anglais dés qu’il s’agit des achats, avec des notions très spécifiques comme les contrats « OffTake » mentionnés pour les terres rares. Un contrat OffTake, c’est un accord passé entre un producteur de ressource, et un acheteur de cette ressource, d’acheter et de vendre la future production du producteur. Normalement un contrat OffTake est négocié avant les constructions ou l’aménagement des sites d’extraction des matières. Comme dans l’exemple de cette annonce d’accord de la société Avanti pour l’extraction d’oxyde de molybdene (http://www.avantimining.com/s/NewsReleases.asp?ReportID=423863&_Title=Avanti-Mining-Announces-Off-Take-Agreement-Commitment-and-a-Partnership-Let... ). Cet accord décrit clairement une partie de l’accord, le financeur s’engage à acheter 10 à 20% des quantités produites et dans le même temps finance une partie de l’installation, les contrats offtake ont été mentionnés à plusieurs reprises dans durant les interventions, notamment pour les terres rares.

Une autre expression mentionnée : le tolling. Le tolling agreement, serait le traitement d’une matière par un tiers rémunéré pour ce service. La traduction serait le travail à façon, un exemple simple, fournir de l’or à un orfèvre pour faire réaliser un bijou…

Enfin, le Hedging, intéressant à considérer quand on vit des incertitudes des variations de prix des matières comme nous le vivons en ce moment. Il s’agit de neutraliser les risques lors d’une transaction, en transférant le risque à son client. Par exemple, un client confie une commande importante, dont un des composants clés est le cuivre. Sur ce cuivre, le client peut accepter une clause de révision de prix, ou de geler le prix de la matière au niveau exact que paiera le fournisseur le jour de l’accord. Le fournisseur, de fait, peut acheter le cuivre, sans prendre le moindre risque. C’est le hedging, dans les grandes lignes, et cela permet de sortir de spéculation risquée sur des matières sur lesquels nous n’avons pas de visibilité.Voir l'info ici
La journée a débutée sur un constat : seulement 8% des entreprises reporteraient aujourd’hui les hausses matières sur leurs clients. Les acheteurs feraient donc mieux leur travail dans les grandes entreprises en refusant l’évidence des hausses matières ? Quels sont les arguments à mettre en évidence pour transférer le poids de ces hausses ? Les refus de hausse, quelles implications pour les fournisseurs et sous traitant ? Est ce qu’il ne s’agit que de négligence de la part des vendeurs qui oublient de facturer les hausses ? Malheureusement, aucune de ces questions n’a été traitée, mais des points intéressants sont ressortis de cette journée. Tout d’abord, une présentation de François Loos, ancien ministre 2005-2007 et actuel député du Bas Rhin, qui détaille la fin de 3 utopies : la fin de la croissance sans fin, Le libre échange qui est limité par des oligopoles puissants, organisant des pénuries pour mieux augmenter ou préserver leurs marges et par l’accès aux matières premières qui a remis en scène la diplomatie des états pour les matières première, la troisième utopie effondrée est celle de l’intérêt général porté par les états allant libérer d’autres états mais qui souhaitent ensuite rafler tous les marchés…

Intéressante aussi sa lecture des réponses mises en place par les entreprises, j’en ai retenu deux : le bouc émissaire et l’exportation des contraintes, on pourrait même dire l’externalisation ou l’outsourcing des contraintes en langages d’acheteur…

Le bouc émissaire ? La Chine bien sur, monstre inventé par les mêmes entreprises qui n’hésitent pas, pour réduire les prix à le faire croitre, et à qui, par les transferts de technologies, brillamment imposés par le gouvernement chinois, de très nombreux savoir ont été donnés. La Chine a été dans toutes les présentations qui ont ponctuées la journée. Le cas le plus éloquent a été les terres rares évoquées par Rhodia. Les terres rares sont dans tous les produits électroniques, la production mondiale n’excède pas 250 tonnes par an, et les quantités utilisés dans un téléphone ou une télé sont infinitésimales. Mais c’est une guerre désormais qui est déclarée ; la Chine livre au monde 97 % de ses besoins en terre rare, et ce n’est pas parce que son sol est plus riche qu’ailleurs, non, c’est seulement le fruit de décision de sourcing qui se sont concentrées en Chine parce que les terres rares y étaient vendues moins chères… sauf que la Chine a mis en place des quotas, et qu’elle a divisé par deux sa volonté de vendre ces composés. La traduction immédiate, des hausses de prix atteignant 100 %... mais les quotas, n’ont pas simplement été mis pour plus de revenus, non, la moitié des terres rares provenaient de mines artisanales, ou illégales exploitées hors de toute volonté de protection environnementales, et oui, en Chine aussi, l’environnement peut être protégé. Comment tous ses acheteurs de terre rare pouvaient ils cautionner cette mise en danger ? Apparemment, c’était bien le cadet de leur soucis. Avec la hausse des prix, rassurons nous, il va devenir moins cher de les produire ailleurs…

L’exportation des contraintes ? Tout simple, le mur vert mis en place en Europe (Reach, ROHS, Taxe carbone, recyclage) ça coute plus cher que de ne pas le payer du tout, c’est pourtant exactement les stratégies suivies par de très nombreux acheteurs, sans en être forcément conscient ? peut être, mais évidemment, tous les investissements de mise au norme, de traitement des déchets, des effluents, etc… ne sont supportés que dans les pays qui les imposent, or quand une PME française est brutalement mise en concurrence avec son équivalent Chinois, la différence des prix a une raison qui n’est jamais chiffrée par les acheteurs, qui cautionnent donc les conditions de travail inacceptables pour nous, ou les pollutions que nous ne voulons plus chez nous. NIMBY, c’est l’acronyme qui devrait accrocher le plus notre attention : « pas dans mon jardin », ailleurs la pollution, ailleurs l’exploitation, ailleurs, mais surtout, toujours moins cher….

Eclairage intéressant sur les besoins actuels et à venir en Chine, le taux actuel d’urbanisation est d’environ 50 %, il devrait à terme atteindre 80 a 90 %. Les mètres carrés par habitant sont actuellement de 12 à 13 m2, ils passeront progressivement aux standards occidentaux de 35 m2, c’est donc en grande partie, l’urbanisation qui pèse sur les cours de l’acier, et pour longtemps. La plupart du minerai part en Chine (60 % du minerai de base Seaborne). A souligner également le manque d’ambition quant au recyclage des ferrailles, partant pour les plus gros volumes en Turquie, plus gros recycleur de matière ferreuse dans le monde !

lundi 29 août 2011

Achats de meubles, ce que personne ne voit derriére les prix bas

Prenez le temps de regarder ce site wewantfurniture , et n’hésitez pas à passer commande, c'est comme toujours avec WWF, les campagnes sont belles et fortes.

Les prix les plus bas cachent toujours quelque chose, la déforestation est invisible ici, mais elle coute cher, très cher dans d'autres pays, comme la Malaisie, le Brésil, d'où proviennent le Teck, et autres bois précieux qui ont tellement envahis notre décoration intérieure. Une génération avant nous, et les meubles étaient encore en Chêne et en Merisier, qu'est ce qui nous a pris de nous mettre à aimer les bois exotiques, et comment a t on pu fermer les yeux si longtemps sur ce qui était en train d'arriver dans les forets les plus lointaines? et non, ce n'est pas du déjà vu, non, ce n'est pas du rabâché. Cette folie collective, nous n'en paierons jamais le prix, ce sont bien les populations locales, que nous ne rencontrerons jamais, et la faune et la flore dans laquelle nous ne vivons pas qui en paye le prix.
Comment faire à notre échelle ?

Se remettre à aimer les bois locaux, et arrêter d'acheter les bois exotiques. et si vraiment, les bois exotiques sont une nécessité vitale, choisissez les certifiés FSC. Nous pourrons les choisir PEFC dans quelques temps, lorsque PEFC aura mis en œuvre et prouvé que son système de certification pouvait vraiment rivaliser de transparence avec FSC. Pour tout ceux qui souhaitent en savoir plus sur PEFC, lisez ce document du WWF wwf pefc parce que tous les labels ne se valent pas.
Le teck n'est pas le seul bois à résister aux intempéries, le robinier (faux accacia) est l'équivalent du teck sauf que c'est local. C'est le seul bois classe 4 naturellement sans traitement, sans étuvage, sans rectification.

jeudi 18 août 2011

Acheter du textile plus responsable

C’est la lecture d’un article de l'excellent magazine Terra Eco « 80 % des textiles polyester français sont recyclés… au Japon », qui m’a donné envie d’en savoir plus sur le recyclage des textiles. Et j’ai découvert un label vraiment intéressant : Altertex. Lancé il y a un an et demi, ce label est le fruit d’une réflexion pragmatique de son créateur Eric Boel: pourquoi les ventes de textiles éthiques ne décollent elles pas ? En effet, si 35 % des ménages souhaitent acheter des vêtements plus vertueux, ce créneau de marché ne représente que 1.5 % des ventes, autant dire rien ou presque. Les freins les plus importants : un design laissant à désirer, peu d’offres, et trop cher. C’est dur ce dernier freins qu’Altertex a démarré, pourquoi le bio, ou les produits recyclés devraient toujours couter cher ? les empilements de marges de tous les intermédiaires tuent le marché, et un des engagements pris par les signataires de la charte (actuellement autour de 50 entreprises) est d’indiquer les surcouts « durables » (coton Bio par exemple) sera isolé en pied de facture et ne sera pas margé.

Un travail est en cours au sein de cette structure pour organiser la garantie de traçabilité des engagements pris, car il s’agit aujourd’hui d’une autodéclaration non verifiée par un tiers indépendant. Le dirigeant est clair sur ce point, il a délibérément choisi d’agir en mettant ce label en action avant de sécuriser la vérification, car il n’y a pas de temps à perdre sur le sujet…

Le textile, c’est aussi la communication extérieure sur bâche, ou les stands parapluies, une société, Capoverdé a choisi d’adhérer à cette charte pour justement offrir à ses clients une communication plus responsable. Pour en savoir plus sur le label : http://www.altertex.fr/ De façon plus générale, on peut faire autrement qu’acheter les vêtements de travail en provenance de Chine (le made in China est maintenant remplacer par made in PRC : Popular Republic of China), il reste peu de fabricant en France et en Europe, mais il en reste. Ils permettent une approche plus proche des véritables besoins des entreprises, et permettent l’achat de vêtements plus résistant, plus confortables aussi. Aucune fatalité dans la baisse de qualité que nous constatons tous dans les vêtements, elle ne reflète que nos demandes de prix les moins chers et qu’une volonté d’accroissement des marges grâce à des couts toujours plus faibles. La tendance sur ce dernier point devrait pourtant s’inverser, car les pays à bas couts sont aussi en train de découvrir l’inflation et les hausses de salaires…

mardi 24 mai 2011

Nouvelle clause dans les CGA : la clause de médiation

Ayant encore à l’esprit le rapport très sombre du médiateur de la sous traitance, je suis allée à une table ronde sur la médiation à Metz, à laquelle participait le médiateur régional de la Direccte, le délégué général de la CDAF, le responsable des achats est du groupe Eiffage, et le médiateur de la CMIM (Centre de Médiation Interentreprises de la Moselle).
Le principe de la médiation est simple : éviter les tribunaux et trouver des solutions satisfaisantes pour les deux parties à moindre frais. Leurs approches confirment, tout d’abord, la tendance de recours de plus en plus fréquents de la part des sous traitants envers leurs donneurs d’ordre devant des situations tendues liées à des retards de paiement, des ruptures de contrats, des litiges liés aux transferts de propriété, clauses abusives, mais aussi refus de livraison…
Le médiateur de la Direccte, Jean Claude Robert, est en place depuis juin 2010, et à l’origine pour les conflits de sous traitance automobile. Il traite néanmoins des litiges dans tous les domaines de l’industrie, et des services… Les approches de médiation sont vraiment dépendante des hommes ou des femmes en place, ils doivent avoir été formé à la médiation, car la gestion des conflits ne s’improvisent pas, et d’une région à l’autre, le recours à la médiation est donc très divers. L’approche du médiateur de Lorraine est vraiment séduisante, car il revient à des fondamentaux qui font du bien : le contact téléphonique pour remettre du lien vivant dans les échanges, et le secret donnant confiance dans les relations. Au passage, le compte rendu qu’il écrit à l’issue de la procédure à valeur de contrat…sur 43 saisies depuis juin, 1 seul échec.
Il a dressé un constat assez amer sur les conditions générales d’achats, qui, à force d’avoir été lues, écrites, et réécrites par les juristes, sont devenues incompréhensibles pour le commun des employés. Sa recommandation, revenir à des choses simples dans l’écriture des CGA. L’ajout d’une clause de médiation est vraiment à recommander, d’une part car elle encourage une résolution intelligente et sans violence d’une différent commercial, et d'autre part, car elle place l’acheteur dans une position plutôt positive vis-à-vis des ses fournisseurs ou sous traitants. Je lui ai demandé si la centralisation des services achats posait un problème dans le traitement du litige, il m’a dit qu’effectivement, l’identification des acteurs, et leur disponibilité, au moins au téléphone, pouvait être un problème. Les médiations sont menées la plupart du temps avec le directeur des achats et le chef d’entreprise, il semble que les directions des achats, ou les chefs d’entreprise, découvrent à cette occasion les pratiques de leurs acheteurs. Ce dernier point est très intéressant, cela revient à dire que les directions ne soutiendront pas toujours leur acheteur en cas de conflit, et que donc, les initiatives personnelles pour atteindre les objectifs à tous prix sont peu recommandées. Cela veut également dire, que les directions sont souvent ignorantes des vraies pratiques dans leurs entreprises, plus proche d’une position d’autruche d’ailleurs, car imposer des objectifs durs nécessite le recours à des pratiques dures. Durant cette table ronde, j’ai d’ailleurs entendu que le « bras gauche ignorait parfois ce que faisant le bras droit » dés qu’il s’agit de grandes entreprises et donc de diffusion de pratiques. une relecture des CGA s’impose, et l’ajout d’une clause de médiation aussi…la formation des acheteurs n'est pas un luxe non plus.

mardi 5 avril 2011

Sortie : Les achats durables en 100 questions, chez Afnor Editions

Ils ne sont pas encore très nombreux les livres traitant des achats durables, et je suis assez heureuse d’avoir eu la possibilité de pouvoir publier sur ce sujet précisément.
L’idée initiale était de pouvoir donner une aide pratique à tous ceux qui souhaitaient mieux comprendre, ou mettre en œuvre des changements pratiques au sein de leurs organisations. Il faut réussir à briser les approches actuelles qui ont des répercussions importantes dans l’économie réelle, dans la création ou la destruction d’emplois, dans les investissements. Il n’y a rien d’inéluctable en matière d’achats, il suffit seulement de vouloir assumer la responsabilité de ses décisions d’achats sans fermer les yeux sur des aspects qui dérangent, et de mettre en place des outils permettant aux acheteurs de travailler sans contraintes. Les études montrent que les objectifs contradictoires entre les économies court terme et les achats durables sont une difficulté réelle pour les acheteurs.

Les 100 questions traitent toutes de points pratiques sur les questions à se poser, mais aussi sur les liens à découvrir entre un engagement « pacte mondial » et la politique d’achats, ou encore les impacts des réglementations européennes comme REACH par exemple.
Bref, une approche pratique « boite à outils » pour tous ceux qui souhaitent pouvoir mettre en œuvre une politique d’achats durables efficace… Plus d’infos sur le site pour passer commande : Viasourcing.

Afnor.jpg

jeudi 24 mars 2011

QUICK SAVING ET AUTOFACTURATION, LES ACHATS SE FONT LACHER PAR LA PRESSE


Les achats font peu parler d’eux dans la presse de façon générale, illustration du manque de connaissance pratique de l’opinion publique, et des journalistes, sur l’importance qu’ont pris les acheteurs dans les entreprises. L’Usine Nouvelle a publié 5 pages à leur propos dans son numéro 3231 du 17 au 21 mars dernier. 5 pages, assez peu réjouissantes, à dire vrai sur les pratiques les plus sombres de cette fonction clé de l’entreprise. Deux "nouveautés" sont particulièrement pointées du doigt, le quick saving et l’autofacturation.
Rappelons juste que 65 % du chiffres d'affaires des entreprises passent dans les mains des acheteurs, pour 1 millions de chiffres d'affaires, 650,000 € sont dépensés... ce chiffre est une moyenne bien sur, mais très proche de la réalité des entreprises. Comment est dépensé cet argent ? c'est la toute la question...La lecture du rapport Volot liste 35 mauvaises pratiques, 35 !

Le quick saving, c’est le ticket d’entrée, ce n’est pas une nouveauté, ça ce pratique depuis très longtemps, l’autre nom dans l’automobile : « blood money » autrement dit, une sorte de rançon à payer par les fournisseurs pour gagner ou garder du business avec leurs clients. Les pratiques étaient souvent de faire une remise sur les affaires en cours pour garder toutes les chances de gagner de nouveaux contrats. Rappelez-vous le scandale de corruption massive des acheteurs de VW, Audi, et BMW en 2006 qui ont conduit au départ du PDG de Faurécia. Jusqu’où aller pour « sécuriser » son entreprise….Nous sommes au cœur du sujet, si Faurecia a pu se permettre de payer pour son « développement commercial », est ce le cas de l’ensemble des sous traitants déjà soumis à rude épreuve aujourd’hui ?
Du cost killing qui ne dit pas son nom, et c'est tellement plus joli en anglais...

L’autofacturation a été une découverte pour moi, j’ignorai cette pratique qui me semble totalement à l’opposé de tout ce qui semble raisonnable pour une entreprise, en quelques mots, un client facture au nom de son fournisseur. En gros, je travaille pour un client, qui va établir à ma place la facture pour ma prestation, avec tous les risques que cela représente, et avec en plus une facturation de ce « service ».

Ce qui choque le plus, c’est l’hypocrisie des directions des entreprises citées dans l’article : Faurecia, Johnson Control, PSA.

La lecture de leur code d’éthique est intéressante, les cadeaux reviennent toujours et sont toujours interdit, mais en l’occurrence, le quick saving n’est il pas un cadeau ? bien sur pas à l’acheteur (quoique…), mais à l’entreprise. Pourquoi tolérer au collectif ce qui est interdit à l’individu ? Rappelons que tous les fournisseurs cités sont signataire du pacte mondial. Le pacte mondial interdit toute pratique liée de prés ou de loin à la corruption.

Les directions doivent aller regarder de plus prés à quel prix, souvent très élevés pour leur sous traitants sont obtenues les économies qu’elles imposent à leur service achats. Nous sommes encore très loin des achats durables, il ne s’agit pas de mettre un code éthique en place pour résoudre le problème de fond de la gouvernance des achats, et de la mesure de la performance des acheteurs. Il faut ouvrir les yeux d'urgence sur les dépenses des entreprises !

mardi 8 février 2011

Les clés de l'engagement environnemental

La protection de l’environnement est une inconnue dans l’entreprise, et pourtant elle est au cœur des stratégies européennes de dépenses publiques, ainsi que dans toutes les stratégies des plus grandes entreprises.
C’est pour apprivoiser ce sujet, et pour comprendre pourquoi un chef d’entreprise décide de s’y engager un jour, que je vous propose de venir me retrouver en conférence le 17 février prochain à Luxembourg,
Sur le temps de midi, de 12h15 à 14h00 dans les locaux de BGL BNP Paribas (27 avenue Monterey, L-2163 Luxembourg).
Cet événement est gratuit, organisé par IMS (Institut pour le Mouvement Sociétal de Luxembourg), il suffit simplement de s’inscrire : ici J’espère vous y retrouver !

mercredi 26 janvier 2011

Acheteurs : les bons soldats des entreprises

"L’acheteur serait donc plus un « Cost-killer » qu’un trader. Il génère du bénéfice pour son entreprise mais en retire peu de bénéfices personnellement.(...) Achat, Fournisseurs et Responsabilité Sociale et Environnementale : Du vent ! Pour 2011, seuls 39 % des Services Achats ont des objectifs en terme de Responsabilité Sociale et Environnementale et seulement 10% (contre 8% en 2010) auront des primes liées à ces objectifs. Des chiffres en décalage avec l’engagement affiché par la généralité des entreprises. Dans les secteurs Automobile-Aéronautique, les objectifs sont encore beaucoup plus bas (16%). Le champion est le secteur de la Construction avec 91% de ses services Achats qui ont des objectifs sur le sujet." c'est un extrait de l'étude HEC Agile Buyer "Les Priorités des Services Achats en 2011 ou la manière dont seront gérés les sous-traitants en 2011" à lire ici

les acheteurs sont donc de bons soldats dans les entreprises, la protection des sous traitants, et des impacts sociaux liés : emplois, développement du territoire, sécurisation de l'avenir, ne font pas partie du périmètre de leurs actions, et seule compte la recherche des économies à court terme. Les français s'extasient souvent sur le modèle allemand qui fait qu'il n'est pas rare de rencontrer de grosses PME en rase campagne, mais les achats sont fait d'une autre manière, et les sous traitants sont clairement vus comme de véritables ressources pour l'entreprise, les délocalisations provoquées par les politiques achats sont moins fréquentes qu'en France.

En professionnalisant la fonction achats,avons nous assisté sans bouger à la création d'un monstre guidé par une logique insensée de réduction de coût que nous payons et paierons tous au prix fort ?

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