Les achats dans tous leurs états...

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 23 juin 2008

Les nouveaux enjeux des achats

La lecture du rapport SD21000 et un dossier récent publié par le journal Les Echos ne laissent plus aucun doute sur l’importance de l’enjeux des achats dans les entreprises dans les mois et les années à venir. Les sociétés vont être conduite, par leur engagement propre ou par la volonté de leur client, à développer une véritable action de fonds dans leur manière d’acheter. Les dépenses des entreprises représentent une part très importante des chiffres d’affaires, 65 % en moyenne en Europe toute activité confondue.
Les motivations des chefs d’entreprises dans le lancement d’un projet d’achats responsables varient, et vont de la gestion du risque d’image à l’approche plus « verte » de leurs achats. Voir figure 1 ( extrait du supplément développement durable du journal Les Echos). Obectif 1
C’est lorsqu’il s’agit de prendre des décisions pratiques que la situation devient plus complexe car il n’est pas simple de transformer les acheteurs ou les prescripteurs en porte parole efficace, comme il n’est pas simple non plus d’encourager les fournisseurs a accompagner les projets sans bien comprendre tous les enjeux représentés par cet ambitieux projet.
Car les difficultés s’accumulent rapidement pour les acheteurs dans l’entreprise, comme le montre la figure 2 (Extrait du rapport canadien du Sustainable Purchasing Network de Décembre 2007).Objectifs-_figure_2.jpg
Les achats font figure de parent pauvre de la connaissance interne de l’entreprise, comme le montre le rapport de l’Afnor sur les résultats de l’expérimentation du guide SD 21000.
La prise de conscience est réelle et l’offre de formation concrète quoique toujours un peu trop confidentielle. J’anime un stage sur cette thématique, 5 personnes en 2007, déjà 12 personnes cette année, et deux cessions qui montrent déjà un bon taux de remplissage pour aout et octobre… les choses bougent !

mardi 27 mai 2008

La réduction des coûts, la formule 1 du moment !

la réduction des coûts est de toutes les communications, même là où personne n'irait la chercher (lire l'article de Libération ). Mystérieuse chez EADS la politique de réduction des coûts s'affiche, et est directement à l'origine de l'amélioration de la rentabilité de multiples entreprises en 2007, Schneider, Adidas, Air France, etc... par de multiples approches, pas toujours liées à des réductions d'effectifs d'ailleurs, mais aussi à des remises en cause des politiques d'achats dans les entreprises, pour le meilleur ou pour le pire..
Un indicateur intéressant : la cote des métiers en "or" (à lire dans cet article de Challenge ) où le métier de directeur des achats figure en bonne place. La réduction des coûts s'assume donc, décomplexée, en cessant de se cacher derrière cette formule agressive et parfois floue,de Cost Killing, bien au delà donc, de la simple sémantique.
C'est plutôt rassurant, car une société qui est rentable est une société qui saura investir dans la recherche, dans des moyens de production moderne, dans des formations de qualité. Un des clichés du monde des achats est de penser qu'un acheteur fuit les sociétés gagnant de l'argent, bien au contraire ! Une négociation sera forcement plus riche de sens, même si moins facile aussi, avec des sociétés soucieuses de leur rentabilité, qu'avec une société exsangue et prête à tout pour prendre une affaire. Une politique de réduction de coûts bien menée ne se fera pas au détriment ni des fournisseurs (un peu quand même...) ni de la qualité des produits, je vous renvoie pour cela à la lecture d'un article vraiment intéressant (voir ici). Encore un cliché à faire tomber : qu'on ne peut réduire les coûts qu'en pensant forcément "pauvre" produit, produit "low cost". Même si dans ce domaine de réduction des coûts, la gigantesque "panne" du trafic aérien le mois dernier aux Etats-Unis, qui a cloué au sol des centaines d'avions aprés que certaines compagnies aient tellement tiré sur la corde des économies que des fissures assez graves sur les avions ont été constatées (ces compagnies ont due payer de fortes amendes et remettre au norme tout leur parc en quelques semaines), conduisent à penser que comme dit plus haut, ces approches sont pour le pire quand elles sont vues à court terme, mais aussi pour le meilleurs quand elles sont réfléchies et construites à long terme, dans un vrai projet d'entreprise.

mardi 13 mai 2008

Les PME sont elles trop riches ?

Alors que toutes les dépenses des grandes entreprises sont passées au crible des services achats, une grande partie des PME françaises peine à hisser les leurs au sommet de leurs préoccupations quotidiennes. Les achats stratégiques restent pour la plupart la chasse gardée du dirigeant et le reste s’éparpille auprès des nombreux acheteurs improvisés de l’entreprise et donc auprès des nombreux, voire souvent, trop nombreux fournisseurs. La course au développement du chiffre d’affaires reste très logiquement une préoccupation majeure, mais la rationalisation des dépenses est souvent ignorée. Sauf bien sur, quand il n’y a plus du tout de trésorerie et que les robinets se ferment totalement.

Et pourtant, la rationalisation des dépenses est la portée de toutes les PME et s’avère être un gisement important d’économies que ce soit des économies d’argent, de stock, ou de temps.

1ère piste : l’acheteur. Les acheteurs ne sont pas les grands amis des employés de l’entreprise, car toujours vus comme les empêcheurs de tourner en rond : Ils veulent des cahiers des charges ou des demandes d’achats bien rédigés et détaillant les besoins, alors que bien souvent cette étape préalable à une bonne intervention achats est vécue comme une perte de temps par le technicien, le chef d’atelier ou l’ingénieur… Comment assurer une bonne mise en concurrence si le besoin n’est pas défini correctement ? C’est souvent là que le bât blesse. Et pourtant, l’arrivée d’un acheteur dans une entreprise, c’est l’occasion de remettre un peu d’ordre dans des achats souvent dispersés et les économies sont au rendez vous…

2ème piste : le conseil. Un œil professionnel identifiera rapidement les potentiels et les points à modifier. Les personnels extérieurs sont efficaces car ils n’ont aucun « parasitage » de la vie quotidienne dans leurs actions, et les dirigeants peuvent accepter/écouter un diagnostic qu’ils n’auraient pas forcement écouté venant de leur personnel. Là encore, les économies sont au rendez vous d'une action bien ciblée.

Ce matin encore, Adidas annonce un bénéfice net en hausse de 32 % grâce à la politique de réduction de coûts menés avec les fournisseurs, pendant que Lafarge indique que son objectif de réduction de coût de 340 m€ a été dépassé et devrait atteindre 400 m€… Dans La Tribune ce matin un autre angle « le business vert : vendre plus et dépenser moins » : les achats sont partout alors les PME, trop riches pour l'ignorer ?

mercredi 30 avril 2008

L’arrêt de la loi Galland.

Le monde des acheteurs est divisé en 4 planètes : la planète entreprise, la planète publique, la planète grande distribution, et la planète des consommateurs. Ayant passé 17 ans sur la planète entreprise, j’ai du mal à saisir l’intérêt de la loi Galland, qui sous couvert de protection PME a conduit aux marges arrières et autres subtilités manquant totalement de transparence. Quand un acheteur privé négocie un contrat annuel de fournitures industrielles, des outillages à main par exemple, il négocie des remises. Même si SAM, FACOM ou KS Tools sont des PME (plus vraiment pour Facom), les remises négociées par les acheteurs d’entreprise vont de 20 à 35 % voire plus, alors que négocient les acheteurs grande distribution ? et ces 3 sociétés situées peuvent elles se comparer entre elles ? Voyons un peu plus en détail …

Que négocient les acheteurs des distributeurs ? la logistique, les remises de fin d’années, les conditionnements, les contributions financières aux catalogues, tête de condoles ou autres, etc… Quand on parle d’un prix net remise déduite dans l’entreprise, on parle du triple net dans la distribution. Car bien sûr, les contributions sont ramenées au prix pièces et les acheteurs ont la possibilité de mesurer leur efficacité.

Est ce que les PME se comparent toutes en elles ? bien sur que non, ces 3 marques citées plus haut (d’ailleurs peut être absente des référencements de la grande distribution) sont un bon exemple pour celui qui achète de l’outillage. Sam, société française de 200 personnes, fabricant, un chiffre d’affaires (CA) de 32,4 millions d’€ - Facom, société achetée par Stanley en 2005, fabricant, un CA de 4,5 milliards de - KS Tools, société française semble t il, négociant, un CA de 12,7 millions d’€. Les puissances de « feu » sont vraiment différentes et les budgets qui peuvent être dégagés sont à la mesure de leurs revenus.

Qu’est les MDD (Marque De Distributeur) ont changé au travail de l’acheteur ? un changement énorme, car pour leurs marques, les distributeurs ont toutes latitudes et le sourcing dans ce cas est libre, c’est pourquoi les MDD sont vendues moins chères en magasin. Les marges brutes sont plus importantes et c’est aussi pourquoi les distributeurs ont tout intérêt à les mettre en avant le plus possible. Quant au lien entre MDD et qualité, il est variable, comme il l’est dans les marques également.

Est ce que les acheteurs distributions vont renoncer aux marges arrières après l’abrogation de la loi Galland ? c’est bien là toute la question. Un prix remisé, c’est une facture allégée, mais de nouveaux budgets pour les distributeurs, vont ils ajouter ou augmenter des lignes de budgets ou plutôt conserver cette sorte d’acquis ? C’est sans doute sur ce point qui inquiète les PME.

Concernant les acheteurs que nous sommes tous, c’est plutôt une bonne nouvelle, les 30 % d’écart entre le panier de la ménagère allemande et française trouve une partie de leurs justifications dans cette loi. Propter, Unilever, Coca Cola, Kellogs, Suchard, etc… sont des marques vendues partout en Europe, mais pas au même prix… Juste un exemple pour qui craque pour le chocolat vendu dans un emballage rouge avec un éléphant dessus..., une barre vendue 0,65€ au Grand Duché de Luxembourg, est vendue en France 1,5 €… Allez comprendre..

mardi 29 avril 2008

PME et développement durable ... La présentation Afnor

Comme promis, voici le fichier publié sur le site de l'afnor : SD21000, et l'adresse du site internet : http://www.afnor.org/portail.asp?ref=7791&actu=1&detailactu=1&lang=French

mardi 8 avril 2008

PME et Développement Durable

J’ai assisté à une conférence débat hier sur les "Retours d’expériences de la mise en œuvre du guide AFNOR SD 21000 par des PME de la Région Lorraine". La norme SD21000 est un guide qui vise à l’introduction du Développement Durable (DD) dans les entreprises.
Une expérience a été lancée en 2004 auprès de PME en France, et là premier choc, seulement 250 PME se sont portées volontaires (il y quand même plus de 70000 PME de plus de 20 salariés en France…), en Lorraine 30 candidats, et 15 sociétés retenues, dont 10 qui ont menées l’expérience à terme, et 8 qui ont acceptées de communiquer…

Les sociétés évaluaient, en débutant cette expérience, leur contre-performances par rapport au DD, dans tous les domaines de l’entreprises et déterminaient leurs priorités. Un des premiers points évoqués dans les contre-performances les plus importantes : les politiques achats, et juste après, les transports (quelle surprise…),la biodiversité, la communication et l’éco-conception. La progression des performances entre 2004 et 2008 dans tous les domaines était indiquée, sur une échelle de -1 à 4, les achats étaient en position 0,4 en 2004, et 0,8 en 2008, une progression bien modeste lorsque plus de 50 % des entreprises disaient avoir lancé des actions dans ce domaine...
J’ai demandé aux entreprises présentes, lors des questions réponses à la fin de la conférence, si leur regard sur les achats avait changé entre 2004 et 2008, et devant le silence des entreprises qui témoignaient, l’animateur m’a simplement demandé mon point de vue, et je lui ai indiqué que, sans surprise aucune, les achats dans les PME restaient un domaine maltraité car les potentiels de cette fonction reste mal connus, il n’est pas rare de voir des entreprises de plus de 100 personnes sans acheteur.. Les achats de PME sont rarement identifiés comme un levier de performance, les acheteurs, quand il y en a, sont souvent hors du Comité de Direction, et interviennent trop tard dans les processus de décision. Alors quant aux achats durables, cela reste un concept réservés aux grands uniquement pour le moment… Alors qu’il est à la portée de tous.
J'ai également demandé si cette expérience avait conduit à l'introduction du Cout Global d'Aquisition dans leurs achats, la réponse a été clairement non, même si certains d'entre eux ont bien compris l'intérêt pour le maintien de leur prix de vente face aux donneurs d'ordre.
Comme l'a déjà dit Jean Marie Pelt,s'il n'est pas trop tart, il est déjà très tard. Le DD dans les PME, ce n'est pas encore pour demain...La bonne nouvelle, c'est quand même le développement important de l'éco-conception, et une norme internationale "IS0 26000" qui devrait voir le jour en 2010.

mercredi 2 avril 2008

Le juste prix

Comment trouver le juste prix, et d'ailleurs existe t il ? la course au prix le plus bas a t elle une fin ? A ces questions une émission a tenté de trouver des réponses, c'était sur France Inter, et vous pouvez l'écouter grâce au Podcast sur leur Site web et comme pour leur venir en écho, l'émission Capital M6 menait une enquête sur les plats cuisinés à prix cassés. Avec pour cette dernière un vrai paradoxe, alors que les prix des matières sont à la hausse les prix des plats préparés n’ont jamais été aussi bas. Là encore, de nombreuses questions sur ce qui ce cache derrière les prix cassés. Il y a de nombreuses passerelles entre les acheteurs/consommateurs que nous sommes tous les jours et les acheteurs professionnels dans les entreprises. Et les 2 émissions étaient passionnantes à suivre de ce point de vue. Nous avons perdu nos repères, et il est vraiment difficile de s’y retrouver, le gratuit a désormais une valeur, et le prix cher n’est plus synonyme de qualité.
Le « low cost » existe aussi dans les assiettes, et nous avions l’exemple, dans l'émission d'M6, d’une fabrication de crêpes (d’ailleurs très peu d’entreprises assument le bas coût et beaucoup ont refusé la caméra…), avec d’un coté une crêpe fabriquée « comme à la maison » avec œuf, gruyère râpé, crème, jambon supérieur etc… et une crêpe « bas coût » avec des produits de moindre qualité (un jambon 40 ou 50 % moins cher que l’autre, moins de produit (la crème a disparue) et des dosages différents (une crêpe plus épaisse donc moins de produit à l’intérieur…). Le résultat une crêpe a 0,4 € pour la première contre 0,15 € pour la dernière. J’avais déjà abordé le sujet dans le papier "Acheter… un prix", et il vrai qu’apprendre à lire une étiquette serait déjà un grand pas.

Exiger un prix avant tout est risqué, et les plats cuisinés sont un bon exemple d’une externalisation (les repas) contrôlées par les prix au détriment de la qualité, même si d’un point de vue d’hygiène, tous ces produits sont irréprochables. J’ai du mal à comprendre la logique d’exigence de prix en baisse permanente, nous faisons en permanence des arbitrages dans nos dépenses, et il est clair que plus les produits achetés ont de la valeur ajoutée (un plat préparé par exemple) et plus ils seront chers, il faut l'accepter.

Le juste prix c’est surement la logique du commerce équitable, sortir de la logique d’un prix de marché pour entrer dans une logique permettant au producteur de pouvoir vivre de son travail, l’exemple du café est le plus connu, les producteurs dans les filières équitables vendent leurs produits plus cher que dans les filières classiques, et peuvent vivre de leur travail.

Le juste prix n’est pas le prix de marché, on l’a compris, le marché spécule. Le juste prix ne sera pas forcement déterminé lors d’un appel d’offres si l’on se contente de solliciter un prix, mais il sera déterminé lorsque les décompositions de prix seront construites et comprises par l’acheteur sur la base des connaissances acquises lors d’une étude détaillée des processus de conception des produits et de leur fabrication, lors des visites fournisseurs notamment.

Le juste prix c’est également accepter que le fournisseur puisse faire un profit,et le développement du gratuit ou des lowcost est vraiment inquiétant de ce point de vue, car pour pouvoir maintenir un profit le fabricant réduit et/ou délocalise. Savez vous que la Chine a commencé à délocaliser pour maintenir sa compétitivité ?Pour vous un téléphone a t il une valeur que vous êtes prêt à payer ou seulement le gratuit donné par un opérateur ?et pourtant, il a été fabriqué par des vrais gens, avec de vrais matériaux.

Pour comprendre la logique du juste prix il faut savoir ce que l’on attend de ses achats. L’éco-efficacité est une logique à développer, l’éco sera économique mais aussi écologique. Le coût total fait partie entièrement de la démarche. L’expertise dans vos achats clés sera à développer. Mettre vos fournisseurs en concurrence est un aiguillon qui permet de toujours garder un oeil sur le monde extérieur. Comme j’ai déjà pu le dire, acheter est à la portée de tous, mais bien acheter est un métier. L’acheteur n’est pas un coût pour l’entreprise mais une véritable valeur ajoutée.

jeudi 20 mars 2008

Les achats n'existent pas...

Enfin, les formations achats n'existent pas, étonnant et pourtant vrai. C'est en France, comme chaque année les organismes de formation doivent préparer leur bilan pédagogique et financier, et indiquer notamment combien d'heures de formation ont été prodiguées, combien de personnes ont été formées, etc... Puis vient le détail des spécialités de formation à renseigner, et là j'ai cherché les achats parmi toutes les spécialités de formation, et je n'ai trouvé qu'une ligne qui pourrait s'approcher de la compréhension globale des achats dans l'entreprise : "Transport, Manutention, Magasinage" dans les "spécialités plurivalentes des services" entre les commerces et vente et la comptabilité, gestion... Alors, je vous l'avais bien dit, pour la direction du travail et de la formation professionnelle : les formations achats n'existent pas Sourire...

mardi 19 février 2008

Etre acheteur quand les prix s'emballent

Alors bien sur, ce n’est encore qu’un murmure, mais tout indique que cette année sera une année difficile, voire une année de récession aux Etats Unis, et surement dans le monde également, par contagion. La génération d’acheteurs qui a commencé à travailler dans les année 90 , début du grand boom de la fonction, n’ont connu qu’un marché de baisses de prix. Les effets de levier, la mondialisation, tout a fonctionné pour que les prix baissent d’années en années, jusqu’à associer l’image d’un bon acheteur aux seules économies qu’il produit. Mais voilà que les prix ont commencé à augmenter depuis 1 an ou 2, doucement, des tentatives, mais désormais c’est clair le marché se transforme. Bien sûr, le pétrole augmente, les matières se font rares depuis que la Chine en consomme beaucoup, mais aussi, les effets « d’aubaine » se multiplient pour augmenter les prix, et il est vraiment très compliqué de trier et de comprendre toutes les hausses actuelles. Alors comment faire son travail quand on est acheteur et que le marché change ?

Lire la suite...

lundi 4 février 2008

Fermeture de site, les sous traitants sont concernés

La fermeture du site de Gandrange aura des répercussions importantes chez les sous traitants nombreux à travailler très régulièrement sur ce site. De très nombreuses activités de maintenance, de chaudronnerie ont été externalisées au fil du temps auprès de fournisseurs de la région, qui ont pu s’équiper et embaucher. Les médias n’ont pas parlé de ces sociétés toutes petites et moyennes qui vont vivre des temps très difficiles dans les semaines et mois à venir. Pour être sous traitant et travailler dans ce type de grand groupe il faut pouvoir accepter, entre autre :
Les conditions de paiement pénalisantes (90 jours) alors que la plupart des PME n’ont pas les moyens d’imposer les mêmes conditions à leurs fournisseurs et règlent souvent leurs dépenses à 60 jours. On voit immédiatement les impacts sur le Besoin en Fonds de Roulement des sociétés.
Les certifications sécurités spécifiques qui selon que l’on travaille pour Arcelor ou PSA ne seront pas les mêmes et qui sont des coûts supplémentaires à charge des sous traitants.
Il faut souhaiter que les acheteurs de ce groupe se soient attachés à ne pas représenter plus de 20 % du chiffre d’affaires de leurs sous traitants, mais j’en doute. La tentation est toujours grande de donner plus d’affaires pour obtenir des économies d’échelles… Et pourtant, charger un fournisseur au delà de 20% du CA, c’est le mettre en danger, tout acheteur le sait. La loi Jacob/Dutreil 2006 tente de clarifier les relations acheteurs/vendeurs, et proscrit, entre autre, l’arrêt brusque de relations commerciales, mais rien ne peut contractualiser le cas de fermeture de site. Et le donneur d’ordre n’est pas obligé de compenser le manque à gagner dans ce cas.

- page 1 de 4